Equipe Sociale

POURQUOI DES ÉQUIPES SOCIALES ?

C’était à la fin d’une rencontre de l’équipe d’Entraide et Fraternité de la région de Tournai. On terminait l’évaluation de la campagne qui venait d’avoir lieu. On allait se quitter quand quelqu’un laissa tomber…  « Donc on ne se réunit plus avant novembre pour préparer la campagne de Vivre Ensemble ? Pourquoi ne pas nous réunir plus souvent ? N’y a-t-il pas dans la région et dans le monde du travail social à réfléchir et à soutenir tout au long de l’année ? » On se regarda et chacun de dire « Pourquoi pas ». Les équipes sociales étaient lancées.

La dynamique des Équipes Sociales

Quelques équipes naquirent à partir de cette réflexion. Elles tâtonnèrent quelques temps abordant des sujets concrets. Mais bientôt les membres se rendirent compte qu’il fallait se donner une bonne formation. Trop souvent quand on se réunit on se pose comme première question :  » Que va-t-on faire ?  »  Il est plus nécessaire de se demander :   » Quelle est la situation de la localité, de la région et surtout d’analyser les structures de la société dans laquelle on vit.  » Des groupes se mirent à étudier un petit livre :  » le monde notre chantier  » et une publication du diocèse de Tournai  » Avec les pauvres contre la pauvreté « . Certains groupes poussèrent jusqu’à l’étude de la brochure  » la mondialisation »

Parallèlement à ces études, chaque fois des problèmes concrets furent abordés et des actions menées.

Chaque année, au plan diocésain, une journée de ressourcement est organisée. Une autre journée de formation est organisée sur des problèmes actuels. Par ex., une recherche sur la dette du Tiers Monde ou sur la situation des pauvretés aujourd’hui. A chaque étude, on joint des témoignages en rapport avec les sujets étudiés.

Des actions concrètes

Celles-ci dépendent des localités dans lesquelles ces équipes sont implantées. Par ex., s’il n’existe pas de Petit Déjeuner Oxfam, certaines équipes l’organisent et par là font connaître le commerce équitable. A un autre endroit, une équipe prit l’initiative de réunir la trentaine d’associations locales dans le but que tous se connaissent mieux et collaborent régulièrement. Une équipe prit contact avec le centre culturel communal et organisa différentes manifestations avec lui.

Le mazout coûte cher. Les démunis ne peuvent se le procurer qu’en petite quantité et à un prix élevé. L’entraide paroissiale, à l’initiative de l’équipe sociale, achète le mazout en quantité ; ce qui permet de le revendre à des démunis à un prix moins élevé.

Au plan paroissial, une action de sensibilisation aux problèmes est menée. Les équipes essayent de donner le plus d’ampleur possible aux campagnes de Vivre Ensemble et d’Entraide et Fraternité. Certaines paroisses organisent des conférences grand public avec des orateurs de renom.

Des exemplaires de  » La Lucarne  » sont distribués par certaines équipes, même parfois à la sortie des églises.

On ne peut relever ici les multiples actions menées, toutes s’efforcent d’entraîner le public à une large ouverture au monde. Ce qui n’empêche pas de répondre aux problèmes locaux.

La grande préoccupation des Équipes Sociales est certainement le problème des pauvretés. Sera-t-il résolu sans une grande sensibilisation de l’opinion et la formation de gens qui veulent apporter leur contribution aux solutions de ce problème ?L’union de différentes initiatives dans ce domaine est également importante. Certes cette union n’est pas facile. Serait-elle impossible ? Les équipes ne le pensent pas même s’il faut y mettre du temps.

A leur place, elles veulent collaborer à l’instauration d’un mouvement social très large indispensable à la solution des problèmes sociaux d’aujourd’hui.

Des équipes locales, une dynamique….

  • Pour mieux comprendre et analyser la société d’aujourd’hui,
  • Pour dénoncer et résister ensemble aux puissances de domination,
  • Pour encourager et soutenir les alternatives altermondialistes,…

Concrètement, les équipes sociales sont :

* des lieux de réflexion pour mieux aborder et comprendre les mécanismes de notre société (économie, finance, pauvreté, enjeux sociopolitiques….) et ainsi mieux résister à l’idéologie de la mondialisation néolibérale.

* des lieux de sensibilisation pour que chacun, là où il est et avec les moyens qu’il a (documents, campagnes de conscientisation, contacts, expériences du terrain…) rejoigne et renforce la résistance en marche.

* des organes d’interpellation et de vigilance tant vers le monde pour qu’il se dirige résolument vers plus de citoyenneté et de solidarité…. que vers les communautés chrétiennes pour qu’elles portent l’actualité dans leurs rencontres et leur vie (liturgie et catéchèse) en fidélité à leur conviction d’un Dieu fait homme en Jésus Christ.

* des encouragements et des lieux sources pour ceux qui, sur le terrain (services, mouvements, associations) cherchent une caisse de résonance pour mieux se faire connaître et continuer avec d’autres leur combat.

* des lieux d’échange, de rencontres, d’entraide, de passerelles et de « reliance » entre acteurs sociaux, instances de réflexion, d’actions solidaires, personnes engagées sur les chemins de la justice.