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Aujourd’hui, quel sens pouvons-nous donner à l’adoration eucharistique ?

 Reconnaissons que l’attitude d’adoration est fondamentale pour un croyant : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu ». Et parce que nous avons un corps, cette adoration s’exprime non seulement à travers la pensée, mais également à travers des gestes.                 
   L’acte d’adoration par excellence est la messe elle même, la célébration eucharistique dans son ensemble : elle nous permet de nous unir à l’action de grâce du Christ qui s’offre à son Père pour le salut du monde, et de nous offrir avec Lui avec la force de l’Esprit Saint.                                                                
Ainsi, l’adoration eucharistique, qu’elle soit solennelle ou silencieuse, collective ou individuelle, est relative et n’a de sens que si elle renvoie à la messe : elle vise à prolonger en nous la démarche eucharistique.
L’hostie nous invite à un double mouvement : à la fois rejoindre et adorer le Christ Ressuscité, glorieux près du Père, mais aussi rejoindre l’ensemble de l’humanité pour laquelle le Christ s’est offert.
L’adoration eucharistique, même dans la solitude d’une chapelle, ne peut pas se limiter à un acte individuel : par le pain eucharistique, je rejoins le corps tout entier de mes frères humains, pour lequel le Christ est mort.

L’adoration eucharistique ne doit pas nous faire oublier les autres formes de présence du Christ : à travers sa Parole « celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le » ; dans la vie quotidienne « quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » ; au cœur de chaque être humain
« ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites ». Mais comme nous le rappelle le concile Vatican II, l’Eucharistie est « source et sommet de toute vie chrétienne ».

P. Jacques Midy,
Prêtre à l’Île-Saint-Denis

L’adoration eucharistique hebdomadaire fait partie des temps de prière proposés aux paroissiens de de Saint-Étienne depuis six ans. La pandémie survenue en mars de cette année ne nous a plus permis de la maintenir dans notre église fermée…

Nous souhaitons vivement réintégrer cette halte de prière à la fois personnelle et ouverte à nos frères humains dans le sens du texte ci-dessus.

Afin de bien préparer sa reprise et d’offrir ce moment de rencontre avec le Christ aux paroissiens qui ont découvert ou approfondi une dimension priante de leur vie durant le confinement, nous proposons un temps de réflexion et de partage le vendredi 3 juillet à 15h00 à la Closière : y prendre part ne nous engage pas nécessairement à nous (ré)inscrire, mais à amorcer une réflexion sur cette dimension importante de notre vie de croyant.

Alain de Maere, sœur Renée et les fidèles priants du mercredi.

Petit écho sur le confinement 

 Dernièrement, Charlotte et moi avons été interrogé sur RCF (Radio Chrétienne Francophone) sur la façon dont notre paroisse a vécu le confinement.
Pour ceux qui souhaiteraient écouter l’émission, voici le lien.

Bon dimanche à tous !
Alain, votre curé.

Temps de prière de la fête du Saint-Sacrement

Bien chers paroissiens et amis de la paroisse,

Comme vous le savez, depuis lundi dernier, les célébrations religieuses dans notre pays sont à nouveau possibles moyennant certaines dispositions.

Un très chaleureux MERCI à toute l’équipe qui a fait en sorte que nous restions reliés au Seigneur et les uns aux autres pendant la période du confinement.

En ce premier dimanche de « reprise », c’est la fête du Corps et du Sang du Christ que nous célébrons. C’est très une très belle coïncidence car, comme le dit Saint Paul, notre communion au même pain, au même corps du Christ fait de nous un seul corps : le Corps du Christ. Voilà pourquoi nous pouvons dire : Nous sommes le Corps du Christ.

Cette conviction me fait penser à certaines représentations du Christ, comme celle que nous pouvons voir ci-dessus. Elle a quelque chose de très particulier. Nous remarquons en effet que le Christ est représenté sans bras. Cela n’est pas dû ici à une dégradation ni à un acte de vandalisme mais c’est volontairement que l’artiste a représenté le Christ sans bras.

Mais pourquoi représenter Jésus sans bras ?

L’artiste l’a fait volontairement pour nous dire, à nous chrétiens qui regardons Jésus, que Jésus attend de nous que nous soyons ses bras, que Jésus vers lequel nous nous tournons à chacune de nos messes et lorsque nous prions, n’attend qu’une chose de nous : que nous soyons ses bras dans le monde dans lequel nous vivons.

C’est exactement ce que Saint Paul nous dit lorsqu’il affirme que nous sommes le corps du Christ. Notre communion au corps du Christ fait de nous les bras, les mains, les pieds, l’esprit et le cœur du Christ au service de toute personne marginalisée, abandonnée, sans foi, sans espérance et sans amour.

Quant à Jésus, il nous dit lui-même dans l’évangile que le pain qu’il nous donne n’est pas un don extérieur à lui mais que dans le don qu’il nous fait du pain de vie c’est le don de sa propre personne qu’il nous fait et que ce don est fait pour la vie du monde. Nous avons bien entendu pour la vie…du monde.

C’est dire que ce don que Jésus me fait de lui-même, de son amour, de sa vie n’est pas un don uniquement destiné pour ma propre vie. C’est un don qui m’est fait pour la vie du monde. Autrement dit c’est un don qui m’est fait au bénéfice de tous.

Bonne fête du Corps et du Sang du Christ à tous !

Alain de Maere, votre curé.

Homélie

Lors d’une rencontre avec un couple qui se prépare au mariage, au cours de laquelle nous avions partagé sur des extraits de la Parole de Dieu, le futur époux, Kevin, me dit ceci :

La Parole de Dieu me montre ce que je vis au quotidien.

En écoutant la Parole de Dieu de ce dimanche, je me suis dit que Kevin a 1000 fois raison. En effet, lorsque dans la première lecture, Moïse nous dit : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite… », je pense à cette longue marche du confinement qui, comme le peuple de Dieu dans sa marche au désert, nous a éprouvé, à des degrés divers, nous a amené à savoir ce que nous avons dans le cœur, nous a interrogé sur la manière dont nous allions vivre notre fidélité au Seigneur et à ceux qui nous sont confiés : « Allais-tu garder ses commandements, oui ou non ? »

Comme le peuple dans sa traversée du désert, nous sommes passés par une pauvreté, nous avons, et certains beaucoup plus que d’autres, ressenti la faim. La faim, pour beaucoup, de nourriture. Beaucoup sont venus pour cela sonner à la cure mais aussi la faim de contacts humains, la faim de liens familiaux, de liens amicaux, de liens sociaux.

Cette traversée a permis à beaucoup de s’ouvrir davantage aux dons de Dieu que ce soit le don de la création, le don d’une conversation avec une personne jusque là inconnue ou d’une conversation approfondie avec une personne de notre entourage, le don de la prière et de la Parole de Dieu. « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur »

Aujourd’hui, grâce au baptême d’Aklesso, nous comprenons mieux la signification de cette parole que Moïse nous adresse aujourd’hui, toujours dans la première lecture :

« C’est le Seigneur ton Dieu qui, pour toi, a fait jaillir l’eau de la roche la plus dure »

Cette eau que le Seigneur notre Dieu fait jaillir pour nous et aujourd’hui plus particulièrement pour Aklesso se trouve au milieu de nous. Cette eau que tu recevras Aklesso comme signe de l’Amour de Dieu pour toi est appelée à jaillir, à déborder de toi car cette Parole que Dieu t’adresse « Tu es mon fils bien-aimé en toi j’ai mis tout mon amour » n’est pas seulement pour toi, n’est pas seulement pour nous chrétien mais pour tout le monde. A toi, d’être signe de cet Amour débordant de Dieu pour tous !

Dans la deuxième lecture, Saint Paul attire notre attention sur le fait que notre communion au même pain, au même corps du Christ fait de nous un seul corps. Comme le dit si bien Saint Augustin, en communiant, nous sommes appelés à devenir ce que nous recevons le Corps du Christ. Nous sommes le Corps du Christ.

Cette conviction de Saint Paul reprise par Saint Augustin me fait penser à certaines représentations du Christ, comme celle que nous voyons en ce moment. Elle a quelque chose de très particulier. Nous remarquons que le Christ est représenté sans bras. Cela n’est pas dû ici à une dégradation ni à un acte de vandalisme mais c’est volontairement que l’artiste a représenté le Christ sans bras.

Une telle représentation de Jésus sans bras n’est pas rare. Il y a beaucoup de représentation de Jésus où l’artiste, volontairement, n’a pas mis de bras au Christ.

Mais pourquoi représenter Jésus sans bras ?

L’artiste l’a fait volontairement pour nous dire, à nous chrétiens qui regardons Jésus, que Jésus attend de nous que nous soyons ses bras, que Jésus vers lequel nous nous tournons à chacune de nos messes et lorsque nous prions, n’attend qu’une chose de nous : que nous soyons ses bras dans le monde dans lequel nous vivons.

C’est exactement ce que Saint Paul nous dit lorsqu’il affirme que nous sommes le corps du Christ. Il veut dire que notre communion au corps du Christ fait de nous les bras, les mains, les pieds, l’esprit et le cœur du Christ au service de toute personne marginalisée, abandonnée, sans foi, sans espérance et sans amour.

Quant à Jésus, il nous dit lui-même dans l’évangile que le pain qu’il nous donne n’est pas un don extérieur à lui mais que dans le don qu’il nous fait du pain de vie c’est le don de sa propre personne qu’il nous fait et que ce don est fait pour la vie du monde. Nous avons bien entendu pour la vie…du monde. C’est dire que ce don que Jésus me fait de lui-même, de son amour, de sa vie n’est pas un non uniquement destiné pour ma propre vie. C’est un don qui m’est fait pour la vie du monde. Autrement dit c’est un don qui m’est fait au bénéfice de tous.

Je conclus par ce magnifique extrait du sermon, comme on disait à l’époque, que prononça le bienheureux Christian de Chergé lorsqu’il célébra sa première messe à Saint-Philippe du Roule, la paroisse familiale.

Demandons au Seigneur, d’être plus dociles, plus limpides, pour que ce Pain dont le monde a faim ne soit pas sollicité en vain ; que dans le fracas, la dispersion et l’isolement de ce siècle, nous sachions, prêtres et laïcs, entendre, chacun à notre place, l’appel de ceux que nous côtoyons.

Au moment où nous sommes peut-être tentés de désespérer, il se trouvera quelqu’un pour saisir en notre vie un reflet de cet Amour divin dont Dieu nous aime et pour chercher à en vivre avec nous.

Temps de prière du Dimanche de la sainte Trinité

Bien chers paroissiens et amis de la paroisse Saint-Etienne,

Quelle joie de pouvoir à nouveau nous retrouver pour la célébration de l’Eucharistie à partir de ce lundi 8 juin !

Le Jour où nait l’Espérance
La source de toutes les messes c’est le dimanche de Pâques, le jour où le Christ Ressuscité s’est manifesté à ses disciples qui étaient confinés dans leur maison. Parce qu’il est jour de la Résurrection, le dimanche nous convie à l’espérance.  Il nous met debout pour croire que la mort dans nos vies et dans le monde n’aura jamais le dernier mot, que les voies sans issues finiront par en trouver une. Le dimanche revient de semaine en semaine pour nous soutenir et nous renouveler sans cesse sur ce chemin d’espérance.

Exprimer ses sentiments
Comme les disciples de Jésus qui ont pu exprimer leurs sentiments à Jésus, la première fois qu’ils l’ont vu après sa mort et sa résurrection, il est bon que, nous aussi, dans la première eucharistie que nous allons célébrer après le début du confinement, nous puissions exprimer, si nous le souhaitons, ce que nous avons sur le cœur, ce que nous aurions envie de dire…
Comment pouvons-nous le faire ?
En m’envoyant un mail (alaindemaere@gmail.com) ou un message dans une enveloppe déposée à la cure dans lequel, en une phrase, vous exprimez ce que vous voulez dire au Seigneur et/ou à l’assemblée.
Tous les messages seront repris dans un power point et ainsi partagés sur écran lors des messes dominicales des 13 et 14 juin.

Un horaire de messes harmonisé pour l’Unité Pastorale
A propos des célébrations eucharistiques, avant de les reprendre, j’ai pensé qu’il est important d’harmoniser leur horaire au sein de l’Unité Pastorale de Braine-l’Alleud. C’est ainsi qu’une affiche reprenant l’horaire des messes dominicales dans toutes les paroisses de Braine-l’Alleud (Vous la trouvez ci-dessous) sera placée dans chaque église de Braine-l’Alleud.
Vous pouvez aussi consulter ci-dessous toutes les dispositions qui sont à prendre lors des célébrations eucharistiques pour le bien être de chacun.
Dans l’attente de la grande joie de nous retrouver pour nous nourrir de la Parole et du Pain de Vie de notre Seigneur Jésus, je remercie toutes celles et ceux qui nous ont aidé à rester en communion avec le Seigneur et les uns avec les autres grâce aux temps de prière qui nous ont été envoyés pendant la période de confinement.

Bon dimanche à tous et belle fête de la Trinité !
Alain, votre curé.

Pour accéder au temps de Prière cliquez ici

Dieu a envoyé son Fils, pour que, par lui, le monde soit sauvé. Jn3, 16-18

Texte de l’homélie

Le dimanche de la Trinité ne nous invite pas à fêter un dogme mais à fêter notre Dieu qui est Trinité.

Croire que Dieu est Trinité c’est croire que l’Amour se vit en Dieu. Cet Amour qui se vit en Dieu est fait d’accueil, de don et de communion.

Le Père donne tout son amour au Fils comme Il le dit lors de son baptême : Tu es mon fils bien-aimé en qui j’ai mis tout mon amour.

Le Fils reçoit l’amour du Père : plusieurs fois, Jésus nous parle de ce qu’il reçoit du Père : Jésus reçoit du Père ses disciples, à propos desquels il dit mon Père qui me les a donnés. Jésus reçoit du Père la Parole ce qui lui fait dire la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père qui m’a envoyé.

Et ce qui permet au Père de non seulement donner son amour au Fils mais aussi recevoir l’amour de son Fils et ce qui permet au Fils non seulement de recevoir l’amour du Père mais aussi de donner son amour au Père c’est l’Esprit Saint qui les met en communion.

Cet amour qui se vit en Dieu n’est pas clos sur lui-même. En envoyant, Jésus dans le monde c’est son Amour que Dieu envoie dans le monde et si Dieu nous fait non seulement le don de son Fils Jésus mais aussi le don du Saint-Esprit c’est pour que nous puissions être, nous aussi, en communion avec Lui et les uns avec les autres.

En ces temps où le vivre ensemble est mis à mal par le racisme et par l’isolement que peut provoquer la maladie, la pauvreté, le grand âge, l’Amour qui se vit au sein de la Trinité et qui nous est offert attire notre attention sur 3 points :

1. Il n’y a pas d’amour vrai dans la solitude d’une personne, d’une nation, d’une Eglise qui se referme sur elle-même, qui est narcissique et qui n’aime que soi !

2. L’amour vrai et fécond n’est pas non plus dans la relation fusionnelle qui risque l’enfermement réciproque et qui se transforme souvent un étouffement. Le danger d’une relation fusionnelle qui enferme et étouffe ne concerne pas que les couples mais ce danger peut aussi guetter une famille, une communauté religieuse, l’Eglise.

3.L’amour véritable est celui qui s’ouvre à un autre que soi, à un autre qu’un couple, qu’une famille, que l’Eglise.  C’est en s’ouvrant à un autre que soi que l’amour devient vraiment humain et divin. Il est vraiment à l’image et à la ressemblance de Dieu : il est créateur et devient fécond.

La Trinité nous révèle ainsi l’importance et la beauté d’une relation dans laquelle chacunpeut recevoir et donner, une relation qui s’entretient par le temps que l’on prend pour être ensemble.

Nombreux sont ceux qui pendant la crise sanitaire ont davantage souffert de solitude, n’ayant pas d’interlocuteur à qui se confier. L’isolement a été considérablement renforcé car de nombreux intervenants habituels à domicile ne sont plus intervenus. En établissement, c’est bien sûr d’abord la suppression des visites des proches qui a aggravé la solitude. On sait que l’absence de lien social peut conduire à des troubles dépressifs. Un médecin gériatre me disait à ce propos que, le remède est avant tout dans la relation : « La solution est humaine, elle n’est pas seulement médicamenteuse. La bonne pilule antidépressive, c’est le lien social ! ». Un coup de chapeau ici à toutes les personnes qui ont fait preuve de créativité, d’imagination, de générosité pour maintenir tant que faire se peut le lien social !

A cette question qui lui fut posée : Quelle serait pour vous la maison de repos idéale ? voici ce que répondit Hedwige, résidente dans une maison de repos :

« Pour moi, une maison de repos c’est être avec. C’est le plus important. Si la maison de repos me permet d’être avec les autres, je me dis ok, c’est le bon endroit. Je suis une résidente, je ne suis pas en dehors, je « suis avec ». Je pense que si l’on peut être avec les autres et pas dans l’isolement, c’est le plus important »

Aimer c’est être avec. C’est précisément pour être avec nous, que Dieu a envoyé son Fils dans le monde : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».

Les 4 évangiles racontent la façon dont Jésus a été « Dieu avec nous », à nous de lire dans le 5Ième évangile, celui de notre vie, comment Dieu nous percevons depuis notre naissance jusqu’à ce jour que Dieu avec nous et comment nous pouvons être pour les autres « Dieu avec nous »

Temps de prière du dimanche de Pentecôte

Quelle joie de retrouver l’entrée principale notre église paroissiale dégagée des barrières qui en empêchaient l’accès et la sortie par les grandes portes !

Un beau signe de Pentecôte nous est ainsi donné que l’Esprit Saint retire les barrières qui séparent les êtres humains permettant ainsi à Dieu de réaliser son projet : réunir ses enfants en une seule famille où tous puissent goûter et vivre de son Amour.

Merci de tout cœur à notre Fabrique d’église et au Service Travaux de notre commune pour la réalisation des travaux permettant l’ouverture des grandes portes pour la fête de la Pentecôte !

Une église aux portes principales sans barrières est une invitation à l’ouverture d’Esprit !

L’ouverture d’Esprit, raison d’être du Concile Vatican II

Savez-vous que l’idée de convoquer le concile Vatican II, attira au pape Jean XXIII une pluie de critiques, y compris venant d’éminents cardinaux de la curie romaine ? Beaucoup objectèrent son âge avancé, d’autres son audace à se risquer dans un concile de cette envergure et complexité.

Jean XXIII tenta de les raisonner sans pour autant les convaincre. Puis, un jour, entouré de ceux-ci et lassé de tant d’argumentations inutiles, voilà que d’une main décidée, il ouvre grand la fenêtre de son bureau, s’exclamant :

« Voici ma réponse au pourquoi du concile : De l’air frais ! de l’air frais pour l’Église ! Je veux ouvrir largement les portes de l’Église afin que nous puissions voir ce qui se passe à l’extérieur et que le monde puisse voir ce qui se passe à l’intérieur de l’Église. »

L’Église voulue par le concile n’est pas une Église repliée sur elle-même, sur ses problèmes, son organisation, ses intérêts, ses règles mais l’Église qui dialogue avec le monde, avec la société et avec la culture de notre temps.

Elle doit être, avant tout, la communauté d’êtres humains qui se sentent vraiment solidaires des joies et des tristesses de tous, en particulier de ceux qui ont une vie de difficile.

Jean XXIII a eu l’audace de laisser l’Esprit le guider. Il a entrepris une tâche qu’il savait ne pas pouvoir terminer. Il s’en est remis à celui qui l’avait toujours guidé. Il passe, de ce monde à la Maison du Père, le lundi de Pentecôte 1963.

L’ouverture d’Esprit suite à la situation que nous traversons

La situation liée à la pandémie du Corona virus a enlevé « des barrières mentales » en nous poussant à parler à des personnes avec lesquelles nous n’avions ou n’aurions jamais parlé ou en parlant davantage à ceux qui nous entourent, en nous faisant plus proche des personnes dans des situations de précarité, de fragilité, de solitude.  

Grâce à ces barrières « enlevées », des chemins se sont ouverts dans biens des cœurs.       Dans la reprise progressive de la vie paroissiale qui, grâce à Dieu et à vous, a pu continuer malgré tout, il nous faudra être attentif à ne pas remettre les barrières qui ont été enlevées. Nous aurons tous à tenir compte de ce tout qui s’est vécu, de tout ce qui a, comme dans les mystères du rosaire, été douloureux, lumineux, glorieux, joyeux.

L’Esprit Saint fait voler en éclat les barrières. C’est un monde nouveau, qui commence !

Esprit de Pentecôte, Souffle de Dieu, emporte-nous dans ton élan

Belle fête de Pentecôte !

Alain de Maere, votre curé.

Temps de prière ici

Homélie

Si Jésus nous parle de l’action de l’Esprit Saint c’est pour nous aider à le reconnaître dans la vie de tous les jours et nous encourager aussi à accueillir ce don.

L’Esprit Saint c’est du concret ! C’est dans cette conviction de foi que l’Esprit tout comme l’arbre se reconnaît à ses fruits que je vais vous partager à quels fruits j’ai reconnu l’action de l’Esprit Saint dans les différentes paroisses dans lesquelles j’ai été envoyé.

Commençons par la première des trois : la paroisse Saint-Joseph à Waterloo où j’ai découvert que l’Esprit-Saint nous pousse à aller vers les autres pour donner une parole valorisante, une parole de bénédiction.

Cette action de l’Esprit Sait m’a été révélée par le témoignage du curé de l’époque l’abbé Roger Dereymaeker dont j’étais à l’époque le vicaire. Il me raconta qu’il s’était rendu au chevet d’un homme qui allait bientôt mourir pour lui donner le sacrement des malades. Après cela, l’épouse de cet homme dit ceci au curé :

L’Esprit Saint nous pousse à aller vers les autres pour donner des paroles valorisantes, des paroles de bénédictions.

A la paroisse Saint-Nicolas de La Hulpe, j’ai reçu un témoignage que l’Esprit Saint souffle où il veut c’est-à-dire pas uniquement dans le cœur des croyants mais aussi dans le cœur de toute personne de bonne volonté. Un jour un des facteurs de la commune qui n’est pas croyant vint me trouver pour me dire ceci : Lors de ma tournée, je donne le courrier à une personne âgée qui est fort croyante

Enfin ici même à Braine-l’Alleud, j’ai perçu à quel point l’Esprit pousse à accueillir la Parole de Dieu comme étant adressée à chacun, à se laisser pardonner par Dieu et à témoigner des merveilles que Dieu fait pour nous.

Un peu avant la messe dominicale de 10H30, un homme vint me dire que ces quatre enfants (L’ainée à 23 ans et le plus jeune à 8 ans) souhaitent être baptisé. Je m’en suis réjoui et lui ai proposé de venir chez lui pour en parler avec ses enfants.

C’est lors de ma visite que ce père de famille me raconta qu’il travaille près de la cathédrale Saint-Michel à Bruxelles. En se promenant un jour durant la pause de midi, il vit que les portes de la cathédrale étaient ouvertes et il se senti poussé à entrer. Une fois entré, il vit qu’une messe était célébrée. En écoutant l’évangile et l’homélie, il se dit que ces paroles s’adressaient spécialement à lui. Après la messe, il demanda au prêtre de recevoir le sacrement du pardon et commença à lui dire : « je suis arrivé ici par hasard ». Le prêtre lui répondit aussitôt je ne pense pas que ce soit un hasard. L’homme me dit qu’il quitta la cathédrale le cœur comblé. Le soir, lorsqu’il rentra dans sa famille, cet homme raconta à sa femme et à ses enfants ce qui lui était arrivé pendant la journée. Après avoir donné son témoignage, sa fille aînée lui dit : Papa, je voudrais être baptisée et ses trois frères et sœurs exprimèrent également à leur père leur désir d’être baptisé.

Le témoignage de cet homme nous montre que l’Esprit Saint est celui qui nous pousse à accueillir la Parole de Dieu comme étant adressée à chacun, à se laisser pardonner par Dieu et à témoigner des merveilles que Dieu fait pour nous.

C’est à ces témoignages et à tant d’autres que je perçois l’action de l’Esprit Saint.

C’est ce même Esprit Saint qui nous est donné et que Jésus nous invite à recevoir.

Belle et sainte fête de Pentecôte !

Temps de prière du 7ème dimanche de Pâques

Bien chers paroissiens et amis de la paroisse Saint-Etienne,

Et si, en ce temps entre l’Ascension et la Pentecôte au cours duquel nous sommes invités à demander au Seigneur de nous ouvrir au don de l’Esprit-Saint, nous nous laissions « inspirer » par le parrain de notre paroisse.

Mais qui est le parrain de notre paroisse ?

C’est Saint-Etienne. Lorsqu’un nom de sainte ou de saint est donné à paroisse c’est une marraine ou un parrain qui lui est offerte pour l’accompagner dans sa vie chrétienne.

Le livre des Actes des Apôtres décrit notre parrain, Etienne, comme étant rempli de l’Esprit-Saint.   En lisant ce qu’il est dit d’Etienne dans le livre des Actes des Apôtres au chapitre 7, versets 55 à 60, nous découvrons à quoi nous pouvons reconnaître qu’il est rempli de l’Esprit-Saint :

On voit qu’Etienne est rempli de l’Esprit-Saint lorsqu’il fixe le ciel du regard autrement dit lorsqu’il prie. L’Esprit-Saint est celui qui nous pousse à prier et qui nous permet, comme Etienne, de voir la gloire de Dieu.

On voit aussi qu’Etienne est rempli de l’Esprit-Saint dans sa façon d’endurer la persécution.   Il endure la persécution comme Jésus c’est-à-dire en gardant son cœur ouvert à Dieu par la prière (Seigneur Jésus, reçois mon esprit) en gardant aussi son cœur ouvert aux autres en implorant pour eux le pardon de Dieu (Seigneur, ne leur compte pas ce péché) L’Esprit-Saint est celui qui nous rend semblable au Christ dans notre manière d’être, l’Esprit-Saint est celui qui imprime la ressemblance du Christ en nous.

Grâce à Saint-Etienne, nous pouvons non seulement voir à quels indices reconnaître l’action de l’Esprit-Saint mais nous découvrons aussi de quoi l’Esprit-Saint nous rend capable.

Avec la force de l’Esprit-Saint, nous pouvons, comme Saint-Etienne, prier, voir dans notre vie et celle des autres la présence de Dieu, pardonner même à ceux qui nous jettent des pierres, nous remettre avec confiance entre les mains du Père.

Merci Etienne, d’être le parrain de notre paroisse, aide-nous à nous laisser comme toi remplir de l’Esprit-Saint.

Bon dimanche à tous !

Alain, votre curé.

Pour accéder au fichier audio, cliquer ici

C’est pour eux que je prie. Jn 17, 9

Texte de l’homélie

Un professeur de théologie posa à ses étudiants une question d’examen apparemment simple et, en même temps, bien mystérieuse. « Pourquoi si tard ? ».  Les étudiants s’arrachaient les cheveux pour saisir le sens de la question. Quelques-uns quittèrent la salle d’examen. D’autres écrivirent toutes sortes de considérations, espérant que leurs efforts d’écriture leur vaudraient quelques points. Enfin, certains se rappelèrent de la thématique de « l’heure » chez l’évangéliste saint Jean. Seul le Père, dans sa sagesse divine, décide de « l’heure », l’heure étant celle de la glorification par la passion et la résurrection : victoire sur la mort et œuvre de recréation de l’humanité blessée, pour ne pas dire de création nouvelle touchant jusqu’au cosmos tout entier.

Dans l’Évangile de ce jour, le Seigneur Jésus s’adresse à son Père en ces termes : « Père, l’heure est venue ». Il se tourne vers son Père en l’appelant de manière très affectueuse, c’est-à-dire par le terme « abba », littéralement papa, ou même papa chéri, traduit dans l’extrait que nous venons d’entendre par le mot « Père ». Jésus dévoile ainsi la grande intimité qu’il a avec le Père du Ciel, et ce de toute éternité. Il le « connaît » au sens biblique du terme.

Or, la vie éternelle, nous dit Jésus, « c’est qu’ils te connaissent », toi le Père. Autrement dit, que nous ayons une connaissance, non pas intellectuelle toujours plus développée du mystère de Dieu au gré de l’éternité, mais que nous soyons des intimes du Père. Il s’agit d’une connaissance qui est intimité avec Dieu, qui est vie avec Dieu, au cœur de la Trinité, qui est participation à la vie divine. Nous sommes promis à connaître Dieu pour autant que nous accueillions le don de Dieu qui respecte infiniment notre liberté.

Et la vie éternelle est déjà commencée. Celle-ci se manifeste dans une vie de relation avec Dieu. Je fais ainsi le lien avec la première lecture : « Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères », c’est-à-dire, dans la culture juive du temps de Jésus, ses cousin(e)s. Cette vie éternelle, cette vie divine rayonne sur les visages de ceux qui sont intimes de Dieu, qui mènent une vie de relation avec Dieu. La prière est relation. J’ai toujours été touché par la beauté des visages. L’amour rend beau. La proximité, la relation avec Dieu, qui est amour, rend beau.

L’heure du Seigneur, l’heure de sa glorification dans le mystère de Pâques, rend beau le monde ridé par le péché. La vie d’intimité avec Dieu qui nous est offerte a le pouvoir de nous rajeunir, quel que soit notre âge, en faisant pétiller dans nos yeux la beauté de Dieu qui est signe de cœurs qui aiment comme le Seigneur nous invite à aimer. Regardez le visage de quelqu’un qui aime, regardez le visage d’une mère Térésa, celui d’un Charles de Foucauld ou encore d’un Vincent de Paul sur une de ses représentations picturales : vous verrez le rayonnement d’une présence en eux qui est amour, qui est vie, qui est vie éternelle.

Frères et sœurs, laissons-nous aimer par Dieu, transfigurer par Lui dans la prière et l’amour du prochain qui est son prolongement naturel.