Une belle rentrée !

Chers paroissiens de Saint-Etienne et amis de la paroisse,

A l’occasion de la rentrée pastorale de septembre, il me tient à cœur de m’adresser à chacun de vous.

Voilà que commence une nouvelle année pastorale…

Comment allons-nous l’aborder ?

Cette année pastorale qui commence, je nous encourage à l’aborder dans la foi, l’espérance et l’amour. Dans la foi que Jésus est toujours avec nous et qu’il nous accompagne sur le chemin de la vie, dans l’espérance qu’au cours de cette année pastorale de beaux moments nous seront donnés à vivre et dans l’Amour reçu de Dieu et que nous sommes appelés à partager.

Des signes de foi, d’espérance et d’amour

Si je nous invite à aborder ainsi notre nouvelle année pastorale, c’est parce que j’ai été touché par des signes de foi, d’espérance et d’amour pendant ces mois d’été. Ces signes nous montrent que, même en des temps plus compliqués, il y a des beaux fruits à cueillir et que ceux-ci peuvent nourrir et fortifier notre foi, notre espérance et notre amour.  Je voudrais vous en partager deux, car ils peuvent nous encourager et nous stimuler en ce début d’année pastorale.

Des noces d’or célébrées chaleureusement

Samedi dernier, j’ai reçu un message d’Eveline et Pierre. Ils se recommandaient à notre prière à l’occasion de leurs 50 ans de mariage. Étant donné les mesures imposées, ils étaient tristes de ne pouvoir fêter cet anniversaire avec leurs enfants et petits-enfants. Je leur ai dès lors proposé de fêter leur anniversaire de mariage lors de la messe dominicale et de pouvoir ainsi rendre grâce à Dieu pour leurs noces d’or. A l’issue de cette prière pour Eveline et Pierre, j’ai été très touché par les longs applaudissements spontanés et nourris qui s’en sont suivis. Et je me suis dit comme cela fait du bien de pouvoir partager une joie et de pouvoir l’exprimer ainsi. Comme quoi, le protocole sanitaire n’empêche pas la sympathie de s’exprimer de façon chaleureuse !

Il suffit de si peu de choses…

Mardi dernier, Colette m’a remis une image souvenir d’une défunte dans laquelle se trouve cette belle prière de Charles Delhez qui invite à dire merci, Seigneur. Je vous la partage :

Il suffit de si peu de choses, des mains, des fleurs et leur parfum, et l’envie me prend de te dire merci, Seigneur.

Il suffit de si peu de choses, une lettre le matin, une visite et l’envie me prend de te dire merci, Seigneur.
Il suffit de si peu de choses, un paysage que la neige habille, le soleil qui reparaît, et l’envie me prend de te dire merci, Seigneur.

Il suffit de si peu de choses, une main chaleureuse, un regard de tendresse, et l’envie me prend de te dire merci, Seigneur.

Il suffit de peu de choses…

Un mur des mercis

Nous connaissons le mur des lamentations à Jérusalem, il y a aussi désormais dans notre église Saint-Etienne le mur des mercis. C’est un panneau disposé à l’entrée de notre église sur lequel chacun peut venir apposer un merci pour ces petites choses qui suscitent en nous le désir de dire merci, Seigneur !

Il y a beaucoup de belles choses qui ne sont pas perceptibles à première vue mais prendre le temps de les voir et de dire merci, Seigneur pour celles-ci, nourrit notre foi, notre espérance et notre amour.

Pour conclure ce mot de rentrée, je vous redis toute ma disponibilité ainsi que de celles des confrères prêtres, diacre et animatrice pastorale pour une rencontre, une écoute, une demande, un sacrement.

Pour rappel notre église est ouverte tous les mercredis jusqu’à 18h00 pour la prière personnelle devant le Saint Sacrement. Vous trouvez l’horaire des célébrations et l’agenda des activités dans notre paroisse sur le Site Internet : www.paroissesaintetienne.be

Belle année pastorale à tous !

Alain, votre curé.

Un Te Deum en hommage aux victimes et aux soignants de la crise sanitaire

La célébration du Te Deum s’est déroulé ce 21 juillet en notre église paroissiale.
Elle a commencé par 3 minutes de recueillement, comme dans tout le pays pour rendre hommage aux victimes du coronavirus et à toutes les personnes dont le métier a contribué et contribue encore à lutter contre l’épidémie. Les cloches de toutes les églises de Belgique ont ensuite résonné simultanément.

Au début de la célébration les deux monuments rappelant que notre église servit d’hôpital après la bataille de Waterloo furent fleuris en hommage aux victimes et aux soignants pendant la crise sanitaire. L’évangile qui fut proclamé pendant la célébration fut celui de la visitation (Lc 1, 39-56) suivi de l’homélie prononcée par notre doyen Alain de Maere (ici)

Une belle et chaleureuse fête pour Cyprien, notre nouveau compatriote !

Ce jour de fête nationale était également le jour tout indiqué pour fêter Cyprien qui vient de recevoir la nationalité belge.

Après un mot qui lui fut adressé par notre curé Alain (ici), voici le mot que Cyprien adressa à toute notre paroisse et à ses invités (ici)

Merci à toutes celles et ceux qui se sont manifesté d’une manière ou d’une autre et à toi, Cyprien pour le cadeau qu’est ta présence !

Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

Vis le jour d’aujourd’hui
Auteur : Sœur Odette Prévost

Vis le jour d’aujourd’hui,
Dieu te le donne, il est à toi.
Vis le en Lui.

Le jour de demain est à Dieu
Il ne t’appartient pas.
Ne porte pas sur demain
le souci d’aujourd’hui.
Demain est à Dieu,
remets le lui.

Le moment présent est une frêle passerelle.
Si tu le charges des regrets d’hier,
de l’inquiétude de demain,
la passerelle cède
et tu perds pied.

Le passé ? Dieu le pardonne.
L’avenir ? Dieu le donne.
Vis le jour d’aujourd’hui
en communion avec Lui.

Et s’il y a lieu de t’inquiéter pour un être aimé,
regarde-le dans la lumière du Christ ressuscité.

Soeur Odette Prévost
petite soeur de Charles de Foucault
assassinée en Algérie le 10 novembre 1995

Samedi 18 juillet : la Croix

Pour écouter le chant et l’enseignement cliquer ici

Quel que soit leur pays d’origine, les saints ont un langage qui leur est commun c’est le langage de la Croix.
Quel est ce langage ?

C’est le langage du pardon : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font »

C’est le langage de l’accueil et du salut : « Amen, je te le dis, aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis »

C’est le langage du cri de la souffrance : « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? »

C’est le langage de la remise confiante de soi entre les mains de Dieu : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit »

C’est le langage qui nous remet entre les mains de Marie et qui remet Marie entre nos mains.

Les réponses à ce langage sont variées :

Il y en a qui ne répondent pas mais qui observent comme le peuple qui restait là à observer.

Il y en a qui se moquent de ce langage comme les soldats

Il y en a qui répondent à ce langage par l’injure comme un des larrons

Il y en a qui réponde à ce langage par une prière de supplication comme l’autre larron : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume »

Il y en a d’autres qui répondent par une présence confiante, soutenante et silencieuse comme Marie et le disciple bien-aimé.

Il y a aussi la réponse du centurion qui glorifie Dieu en reconnaissant en Jésus un homme juste.

Il y a aussi ceux qui, en réponse, observent ce qui se passe et prennent le chemin de la conversion, de la contrition comme toute la foule de gens qui s’en retournent en se frappant la poitrine.

Ce langage nous a également été donné par immersion depuis le jour où nous sommes baptisés au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ce langage, nous sommes invités à le pratiquer, nous sommes appelés à en vivre pour ne pas le perdre.

Et pour apprendre à parler le langage de la croix, nous avons d’excellents enseignants. Parmi les enseignants du langage de la croix, il y a les bienheureux martyrs d’Algérie. Dans leur manière d’être, dans leur façon de vivre jour après jour que nous découvrons la beauté et la valeur inestimable du langage de la croix.

Pour l’un d’entre eux, Pierre Claverie, parler le langage de la croix c’est se placer, comme Jésus, sur la croix, sur les lignes de fracture de notre société, les bras étendus, pour rassembler les enfants de Dieu dispersés par le péché c’est-à-dire par tout ce qui les sépare, les isole et les dresse les uns contre les autres et contre Dieu lui-même. Jésus s’est en effet placé sur les lignes de fractures de l’humanité là où il y a rejet, intolérance, cassure que ce soient les lignes de rupture à l’intérieur des personnes malades, désespérées, solitaires, rejetées, que ce soient les fractures entre les groupes humains ; le pharisien et le publicain, le juif et le non-juif, le croyant et le non-croyant et donc Jésus s’est placé là et il n’a pas fait autre chose que de se placer là et c’est la dernière image que donne Jésus dans sa vie d’un homme écartelé ; une main à l’intérieur, une main avec l’exclu et il place ses disciples sur ces mêmes lignes de fracture avec la même mission de guérison et de réconciliation. L’Eglise accomplit sa vocation et sa mission, elle parle le langage de la croix quand elle est présente aux ruptures qui crucifient l’humanité dans sa chair et dans son unité.

La croix, c’est, nous enseigne Pierre Claverie, la place de l’Eglise, c’est notre place parce que c’est la place de Jésus… La croix c’est l’écartèlement de celui qui ne choisit pas un côté ou un autre, parce que si Jésus est entré en humanité, ce n’est pas pour rejeter une partie de l’humanité. 

Alors, il est là et il va vers les malades, vers les publicains, vers les pécheurs, vers les prostituées, vers les fous…Il va vers tout le monde. Il se met là et il essaie de tenir les deux bouts.

La réconciliation ne peut se faire que de manière coûteuse, elle ne peut se faire simplement.

Parler le langage de la croix, nous enseigne encore Pierre Claverie, conduit à lutter, comme Jésus, contre les puissances de la mort avec les armes de la vie que sont l’amour, la justice, la paix, la liberté, la vérité, la confiance, la compassion.

Parler le langage de la croix c’est « donner sa vie pour que d’autres vivent », c’est avec Jésus et comme lui, exposer sa vie sans craindre ceux qui tuent le corps mais ne peuvent tuer l’esprit…Ce qui fait dire à Pierre Claverie : « la vie est une résurrection indéfinie où la mort signe, chaque jour, le sérieux de notre discours et de nos engagements. Jésus nous permet de transformer la mort subie en don actif de nous-mêmes où la vie se renouvelle et s’intensifie…   En faisant tout cela, nous donnerons notre vie, sans peur de l’exposer, avec Jésus, dans l’espérance de la résurrection et pour que vienne le Règne des vivants. »

Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie-Madeleine.

Parler le langage de la croix c’est aussi, comme l’ont fait les martyrs d’Algérie, rester auprès de ceux qui souffrent, malgré l’insécurité, pour témoigner de ce que sont la fraternité, le partage, l’amitié, et parce que leur départ aurait été vécu comme un abandon.

Ce langage de la croix, inspiré, enseigné par Marie et Jean se tenant près de la croix de Jésus, consiste, comme le dit Pierre Claverie, à se tenir, à rester auprès de ceux qui souffrent, à être là comme au chevet d’un ami, d’un frère malade, en silence, en lui serrant la main, en lui épongeant le front, c’est être présent dans les lieux de souffrance et de déréliction.

Chacun des 19 martyrs mais aussi tous les permanents de l’Eglise d’Algérie de l’époque ont eu un moment donné ou un autre, pendant la décennie où la violence faisait rage, la possibilité de quitter le pays et d’aller se mettre en sécurité ailleurs et tous ont fait profondément le choix de rester, d’approfondir le sens de leur présence dans une société qui était traversée par la violence et ils ont discerné que le don d’eux-mêmes qu’ils avaient déjà fait, devait se poursuivre et que le fait de rester dans le pays leur permettait de donner tout son sens aux liens de fraternité, de proximité au moment où leurs frères et sœurs en humanité se trouvent dans l’épreuve.

« Père, pardonne-leur ils ne savent pas ce qu’ils font »

Le langage de la croix c’est aussi le langage du pardon. C’est dans ce langage, que s’exprime le frère Christian de Chergé, prieur des moines de Tibhirine dans son testament spirituel lorsqu’il écrit : « J’aimerais, le moment venu, avoir ce laps de lucidité qui me permettrait de solliciter le pardon de Dieu et celui de mes frères en humanité, en même temps que de pardonner de tout cœur à qui m’aurait atteint ».

« Père, je remets mon esprit entre tes mains »

Parler le langage de la croix c’est aussi se remettre, comme Jésus, dans la confiance, entre les mains de Dieu comme nous l’enseigne sœur Marie-Angèle, elle aussi martyr d’Algérie, lorsqu’elle dit « Je demande à Dieu d’être un peu plus ouverte à son Amour pour qu’ainsi, ce soit lui qui soit révélé à travers nos vies »

Depuis notre baptême, nous sommes marqués du signe de la croix. Et si, ce jour-là, nous avons été plongés dans l’eau du baptême c’est pour apprendre, par immersion, le langage de la croix.

Ce langage de la croix, nous le parlons chaque fois que, dans un engagement concret, nous nous plaçons sur les lignes de fractures c’est-à-dire sur les murs qui divisent notre société entre riches et pauvres, malades et bien portants, nationaux et immigrés, jeunes et âgées afin de remplacer ces murs par des ponts.

Nous parlons le langage de la croix chaque fois que nous luttons avec les armes de la vie contre toutes les formes de mort. Nous le parlons aussi chaque fois que nous restons auprès de ceux qui souffrent, chaque fois que nous pardonnons, chaque fois que nous nous remettons entre les mains du Seigneur pour qu’il fasse de nous un pain de vie.

Comme l’écrivit un jour frère Luc : « La sainteté est pour tous comme le pain est pour tous. La sainteté pour les chrétiens, c’est tout simplement laisser vivre Jésus-Christ en nous-même. »

C’est Saint Bernard de Clairvaux qui dit :

« L’homme est cruciforme c’est-à-dire il a été créé en forme de croix.  Qu’il étende les mains et cela devient plus évident ».

Ce sont les bras ouverts de son papa ou de sa maman qui donnent au jeune enfant, dont les premiers pas sont encore hésitants, l’audace de s’y précipiter et d’y trouver refuge.

C’est aussi pour manifester la joie des retrouvailles ou pour exprimer de la compassion que des personnes se prennent dans les bras l’un de l’autre.        

Dans la célébration de l’eucharistie, le prêtre a également les bras étendus aux dimensions de la multitude et les chrétiens ouvrent les mains pour dire la prière des enfants de Dieu.

Rien de tels que les bras ouverts pour être à l’image et à la ressemblance du Père !

En créant l’homme en forme de croix, Dieu inscrit en notre corps sa vocation d’être un corps ouvert aux dimensions de l’univers et de l’accueil de l’autre.

Mais tôt ou tard, nous en faisant tous l’expérience, nous avons vite fait de nous replier. Par peur de perdre son bonheur, l’homme court le risque de refermer les bras, oubliant ce que chante le poète Aragon : « Ses bras sont l’ombre d’une croix mais quand il veut serrer son bonheur, il le broie… »

Les bras se resserrent sur le conjoint par peur de le perdre ou sur les enfants que l’on ne peut se résoudre à voir partir ou sur des objets qui procurent une illusoire sécurité…

En contemplant la passion de Jésus, regardons ses bras qui, malgré la souffrance qui lui est infligée, restent constamment ouverts pour rassembler les enfants de Dieu dispersés par tout ce qui les sépare, les isole et les dresse les uns contre les autres et contre Dieu lui-même.

En méditant aujourd’hui la passion de Jésus, nous pourrions demander au Seigneur la grâce de réapprendre de lui à ouvrir nos bras là où nous aurions de justes raisons de les refermer définitivement.

Les 19 bienheureux martyrs d’Algérie qui ont précisément appris de Jésus à garder les bras ouverts même lorsque la violence et la haine se déchaînent. Leurs bras sont restés ouverts, comme ceux du Christ en croix.

Ecoutons une homélie que prononça le Bienheureux Pierre Claverie, un an avant sa mort :

Depuis le drame algérien, on m’a souvent demandé : « Que faites-vous là-bas ? Pourquoi est-ce que vous restez ? Secouez donc la poussière de vos sandales ! Rentrez chez vous ! » « Chez vous… » Où sommes-nous chez nous ? Nous sommes là-bas à cause de ce Messie crucifié. A cause de rien d’autre et de personne d’autre ! Nous n’avons aucun intérêt à sauver, aucune influence à maintenir. Nous ne sommes pas poussés par je ne sais quelle perversion masochiste ou suicidaire. Nous n’avons aucun pouvoir, mais nous sommes là comme au chevet d’un ami, d’un frère malade, en silence, en lui serrant la main, en lui épongeant le front. A cause de Jésus, parce que c’est lui qui souffre là, dans cette violence qui n’épargne personne, crucifié à nouveau dans la chair de milliers d’innocents. Comme Marie, comme St Jean, nous sommes là, au pied de la Croix où Jésus meurt, abandonné des siens, raillé par la foule. Est-ce que ce n’est pas essentiel pour un chrétien d’être là, dans les lieux de souffrances, dans les lieux de déréliction, d’abandon ?

Où serait l’Eglise de Jésus-Christ, elle-même Corps du Christ, si elle n’était pas là d’abord ? Je crois qu’elle meurt de n’être pas assez proche de la Croix de Jésus. Si paradoxal que cela puisse vous paraître, et St Paul le montre bien, la force, la vitalité, l’espérance, la fécondité chrétienne, la fécondité de l’Eglise viennent de là. Pas d’ailleurs ni autrement. Tout, tout le reste n’est que poudre aux yeux, illusion mondaine. Elle se trompe, l’Eglise, et elle trompe le monde lorsqu’elle se situe comme une puissance parmi d’autres, comme une organisation, même humanitaire ou comme un mouvement évangélique à grand spectacle. Elle peut briller, elle ne brûle pas du feu de l’amour de Dieu, « fort comme la mort » dit le Cantique des Cantiques. Car il s’agit bien d’amour ici, d’amour d’abord, d’amour seul. Une passion dont Jésus nous a donné le goût et tracé le chemin : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » Donner sa vie. Cela n’est pas réservé aux martyrs ou du moins, nous sommes peut-être appelés à devenir des martyrs témoins du don gratuit de l’amour, du don gratuit de sa vie. Ce don nous vient de la grâce de Dieu donnée en Jésus-Christ. Et comment traduire ce don, cette grâce ? Nous l’avons appris et venons de le chanter, dans la prière scoute. Ecoutez ! Et prenez au sérieux les mots que vous avez chantés : 

Seigneur Jésus,

apprenez-nous à être généreux,

à vous aimer comme vous le méritez,

à donner sans compter,

à combattre sans souci des blessures,

à travailler sans chercher le repos,

à nous dépenser sans attendre d’autre récompense

(gratuitement !) que celle de savoir que nous faisons votre Sainte Volonté.

Rien de plus, rien de moins. Donner sa vie c’est cela et rien d’autre ! Dans chaque décision, dans chaque acte, donner concrètement quelque chose de soi-même : son temps, son sourire, son amitié, son savoir-faire, sa présence, même silencieuse, même impuissante, son attention, son soutien matériel, moral et spirituel, sa main tendue… sans calcul, sans réserve, sans peur de se perdre… Le témoignage de nos sept trappistes était tellement simple et tellement grand ! Ils n’avaient pas besoin de beaucoup de paroles – comme les Dominicains ! Ora et Labora. Prie et travaille, travaille la terre, travaille au champ de Dieu, travaille à la réconciliation et à la fraternité avec tous. Ils accueillaient et (vous les avez connus, beaucoup d’entre vous…), ils soignaient aussi les pauvres de la montagne. Leur présence, humble et cachée, parle aujourd’hui plus fort que tous nos discours laborieux pour essayer d’expliquer ce que nous faisons en Algérie même. Ecoutez ce témoignage reçu d’un musulman parmi des centaines d’autres :

« Nous faisons le choix de rester » disait le frère Christian (Christian de Chergé, le prieur des trappistes) et encore : « Que devient ce don chez celui qui laisse son ami quand le danger est là ? » C’est Christian qui disait cela. Et le musulman continue : « Adieu frère Christian ! tu as choisi de rester tout en étant conscient des risques que tu encourais, toi et tes frères. Il fallait être fou pour rester dans ce monastère, juché en plein maquis des assassins. As-tu jamais eu peur ? Je ne puis le penser ! Tu étais courageux, mon frère ! Comment as-tu regardé tes assassins ? Avec le regard et la pensée de celui qui sait pourquoi il meurt. Que faisais-tu là-haut dans ces montagnes ?… Vieux brigand de Dieu, tu chassais les pauvres, tu les kidnappais pour leur donner à manger, pour écouter leurs plaintes, ô mon frère le Brigand ! Partagé entre ta cellule et les travaux domestiques, tu mangeais du pain dur qui rend le cœur doux, ô vieux Brigand qui avais choisi la robe de bure et le martyre. Quoi te dire de plus, ô mon frère ? Rien, je n’ai pas les mots dignes de toi et des autres frères. Voilà ce que je répète : 

Tous les pauvres étaient sa famille,

Tous les hommes étaient ses frères,

Il a donné à manger à ceux qui avaient faim, 

Il a habillé ceux qui étaient sans vêtement     

Il a soigné les malades,

Il a défendu ceux qui étaient injustement traités

Il a accueilli ceux qui n’avaient pas de maison,

Tous les pauvres étaient sa famille,

Tous les hommes étaient ses frères,

Dieu soit miséricordieux avec lui.

(C’est ce que disait un jeune berbère à l’enterrement du P. Peyriguère, au Maroc.)

Je te les répète ces paroles, continue notre musulman, à toi frère Christian, aux sœurs de Bab el Oued et aux frères de Tizi-Ouzou, à tous ceux et à toutes celles, frères et sœurs des pauvres, qui restent avec nous pour partager notre misère. Demain, in cha Allah ! ils partageront avec nous la joie ! et il cite le psaume : « ceux qui sèment dans les larmes récoltent dans l’allégresse. »

La vie et la mort de nos frères trappistes crient l’Evangile.

Comme Jésus a raison de nous dire aujourd’hui : « Ne craignez pas les hommes, tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sans ce monastère humble et silencieux de la montagne de Medea sera dévoilé. Tout ce qui est caché sera connu à la face du monde ! Ne craignez pas ceux qui tuent le corps mais ne peuvent tuer l’âme » (Mt 10,27). Car tout se passe là : dans l’âme, dans ce plus profond de nous-mêmes où se cherchent nos raisons de vivre et de mourir, d’espérer et d’aimer, parce que Dieu est là. Mais encore faut-il l’accueillir, Dieu, là !

Et cela nous ramène à Dominique, à sa prière continuelle, à sa prédication par la parole et par l’exemple. L’exemple précisément, d’une vie donnée pour sauver l’humanité du péché, du non-sens et de la mal-vie, de la mort. Le petit homme roux a fait de grandes choses mais on a retenu de lui ses longues veilles en prière, sa belle voix qui donnait à l’Evangile sa force et sa saveur, sa détermination obstinée quand il s’agissait du royaume de dieu et de l’œuvre de Dieu, son courage et son humilité devant les autres, hostiles ou méprisants, son sourire rayonnant. Jourdain de Saxe résume tout en une phrase sublime : « il accueillait tout le monde au cœur de son amitié, et comme il aimait tout le monde, tout le monde l’aimait. » Comment ne pas voir là ce qui unit tous les disciples du Christ, Dominique et François d’Assise, nos frères trappistes, tous, toutes ? Alors j’ai envie de dire à ma chère vieille Eglise catholique romaine et apostolique, embarrassée dans ses appareils, dans ses querelles internes, crispée parfois sur son héritage, enfermée dans le cercle étroit  de ses débats sans fin sur les rites et les lois, ce qu’il faut faire, ce qu’il ne faut pas faire… : « Parce que je t’aime, parce que tu as su donner naissance à des gens comme Dominique, François d’Assise, mais aussi à Bruno, à Célestin, à Christian, à Christophe, à Luc, Michel, Paul et tant d’autres, fais-nous renaître aujourd’hui, chacun et chacune, dans la lumière de ces promesses scoutes, dans l’élan de nos immenses générosités, dans le don de nos vies pour que vienne le Règne de Dieu. Amen

Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

Vis le jour d’aujourd’hui
Auteur : Sœur Odette Prévost
Vis le jour d’aujourd’hui,
Dieu te le donne, il est à toi.
Vis le en Lui.

Le jour de demain est à Dieu
Il ne t’appartient pas.
Ne porte pas sur demain
le souci d’aujourd’hui.
Demain est à Dieu,
remets le lui.

Le moment présent est une frêle passerelle.
Si tu le charges des regrets d’hier,
de l’inquiétude de demain,
la passerelle cède
et tu perds pied.

Le passé ? Dieu le pardonne.
L’avenir ? Dieu le donne.
Vis le jour d’aujourd’hui
en communion avec Lui.

Et s’il y a lieu de t’inquiéter pour un être aimé,
regarde-le dans la lumière du Christ ressuscité.

Soeur Odette Prévost
petite soeur de Charles de Foucault
assassinée en Algérie le 10 novembre 1995

Pour écouter le chant et l’enseignement cliquez ici

Vendredi 17 juillet : L’Eucharistie

L’histoire du pain eucharistique est appelée à devenir la nôtre

Comme le souligne Saint Augustin, d’ordinaire, la nourriture que nous mangeons devient notre force, notre chair et notre sang. Ce que je mange devient « moi ». Au contraire quand je mange Jésus, « le pain vivant descendu du ciel », je deviens « Lui » Vous connaissez peut-être ce chant magnifique « Devenez ce que vous recevez », dont les paroles viennent de saint Augustin. En recevant le Corps du Christ, nous devenons chacun et tous ensemble, le Corps du Christ et les membres de son Corps. Nous devenons « ce que nous recevons ».

J’aime bien cette réflexion d’un évêque qui dit que ce n’est pas une bonne habitude d’utiliser le mot « pratiquant » pour désigner ceux qui participent régulièrement à l’eucharistie. Ce mot convient bien pour le football ou le vélo, mais il doit être corrigé pour évoquer la prière, les sacrements et toutes les pratiques chrétiennes. Il faut que ce participe présent devienne un participe passé. En réalité, nous ne sommes pas pratiquants mais pratiqués. Dans l’Eucharistie, c’est Dieu qui nous « pratique », nous transforme et nous transfigure !

Par sa Parole, Jésus est comme un boulanger qui pétrit sa pâte. C’est Jésus qui nous « pratique », nous malaxe et nous transforme par sa parole et par ce « pain vivant descendu du ciel » (Jn 6, 51) Nous nous remettons entre ses mains, pour le laisser faire de nous aussi « un bon pain » Mais par l’eucharistie Jésus va encore plus loin : Il nous fait devenir ce qu’il est. L’histoire du pain est donc notre histoire.

Voyons de plus près l’histoire du pain de l’eucharistie puisque son histoire est appelée à être la nôtre :

Être pain déposé

Dans la célébration de l’eucharistie, le pain est déposé sur une patène.    La patène (du latin patena, plat, dérivant lui-même du grec patani, écuelle), est une petite assiette sur laquelle repose le pain qui va être consacré lors de la messe.

Dans une de ses lettres pastorales, Mgr Paul Desfarges, archevêque d’Alger faisant référence à Marie qui à Noël déposa Jésus dans une mangeoire, dit que notre Eglise est dans la mangeoire. Nous sommes l’Eglise de la mangeoire (Là où je suis, vous y serez aussi).  L’Esprit et Marie nous déposent et nous disposent, faisant de nos vies des vies livrées par amour. La mangeoire évoque déjà la patène.

L’Eglise comme son Seigneur est totalement à la disposition de ceux auxquels elle est envoyée, donnée. Dès la crèche, Jésus est abandonné, offert. L’abandon n’est en rien une passivité inerte. L’abandon est un « oui » actif et dynamique. Nos « Oui » permettent à Dieu s’agir en nous, par nous et avec nous.

Au moment où le pain déposé sur la patène est présenté à Dieu pour lui être offert, nous pouvons nous offrir par ce pain, avec ce pain et en ce pain comme l’exprime la prière de Sainte Thérèse Couderc : « Mon Dieu, je veux être toute à vous, daignez accepter mon offrande ».

Être pain sanctifié

Lors de l’eucharistie c’est sur ce pain présenté à Dieu pour lui être offert qu’est invoqué l’Esprit Saint pour qu’il devienne le pain de la vie non pas temporairement mais éternellement. Sur nous aussi, l’Esprit Saint est invoqué pour que nous devenions une éternelle offrande : Que l’Esprit Saint fasse de nous une éternelle offrande à ta gloire.

Être pain rompu pour être offert à tous

C’est ce pain devenu corps du Christ qui est rompu pour être donné. L’Eucharistie fait ainsi de notre Eglise, de chacune et chacun de nous un signe de la présence livrée du Christ pour signifier le don de l’Amour de Dieu qui veut rejoindre tous les hommes.

L’Eucharistie fait de nous un « Pain rompu », elle fait du peuple de Dieu un peuple pour les autres de trois manières :

1. L’Eucharistie fait de nous un peuple de témoins : témoins de l’amour de Dieu qu’ils ont reçu et qu’ils communiquent autour d’eux là où ils vivent. Annoncer la Bonne Nouvelle c’est rendre palpable pour tous cette puissance de l’amour qui libère et fait grandir par une attention humble et chaleureuse à chacun, par une présence discrète et confiante qui fait exister ceux qu’elle accueille.

L’Eglise est appelée à rendre contagieuse cette manière d’exister qu’elle a découverte dans le Christ avec un grand respect des consciences et des libertés car rien au monde ne peut faire naître l’amour que l’amour, ni la persuasion, ni l’autorité, ni les obligations imposées, rien ne peut forcer l’homme à aimer que la reconnaissance d’un autre amour humble et respectueux.

2. L’Eucharistie fait de nous un peuple de veilleurs qui apportent une espérance en distinguant les lumières de l’avenir et en les désignant aux découragés pour qu’ils reprennent espoir et aux puissants pour qu’ils les soutiennent.

3. L’Eucharistie fait de nous des frères universels car elle nous rend solidaire de toute l’humanité. Nous sommes appelés à concrétiser autour de nous ce que nous recevons dans le sacrement. « Le pain partagé nous convertit en homme de partage » Et c’est ainsi que nous pouvons devenir force de transformation du monde. Nourris de ce pain, nous ne pouvons être rassasiés aussi longtemps que des hommes sont affamés : affamés de pain et affamés de dignité, de justice, d’amour, de tout ce qui l’homme humain. L’Eucharistie nous engage à rompre le pain avec tout homme dans le besoin.

N’oublions pas que l’Eucharistie est le repas pascal le repas de la libération de l’Exode, de la libération de l’esclavage, et Jésus nous libère, par sa Pâque, de l’esclavage du péché et de la mort. L’Eucharistie nous engage dans la libération de nos frères, une libération extérieure et une libération intérieure. Enfin la réconciliation et l’amour qui nous sont proposés sont à communiquer aux hommes dans un engagement quotidien et concret pour que le Règne de Dieu devienne la réalité.

Pour nous encourager à faire fraternité, nous avons un autre bienheureux comme modèle, le bienheureux Charles de Foucauld que l’on a appelé le frère universel. Il désirait vivre de telle façon que toute personne puisse le considérer comme son frère. Voilà un beau programme pour chacun. Pendant la décennie noire, les moines de Tibhirine commençaient à faire fraternité dans leur cœur et leur prière. Les gens des groupes armés, ils les appelaient « nos frères de la montagne », ceux des forces militaires, de police ou de sécurité, ils les appelaient « nos frères de la plaine ». Et nous comment nommons-nous, dans nos prières, dans nos échanges ceux qui nous ont fait du mal ?

Pour nous stimuler à faire fraternité, il est bon de nous rappeler que nous sommes tous « de Dieu ». Nous sommes tous fils et filles bien aimés du même Père. Saint Paul dit que « le Christ est l’aîné d’une multitude de frères » (Rm 8, 29). Par son incarnation, il entre en communion avec tout homme.

Le bienheureux Christian de Chergé a eu cette heureuse formule : « Et le Verbe s’est fait frère ».

La fraternité universelle nous est donnée par Dieu en Jésus-Christ. Elle est aussi à accomplir et pour cela, le Christ a besoin de nous. Comme dans une famille, je reçois mes frères et sœurs et il me reste à faire fraternité avec eux.

Être pain donné pour la multitude

La communion au Corps du Christ ne s’arrête pas à l’Assemblée que nous formons. Si nous formons vraiment le Corps du Christ, si nous sommes personnellement unis au Christ ressuscité, nous sommes engagés à donner notre vie pour la multitude. L’Eucharistie fait de nous un pain donné pour le monde.

Dans l’homélie qu’il fit le jeudi Saint 1994, Christian de Chergé a eu ces paroles très fortes :

Nous vivons un temps où la foi n’exclut pas le doute, le questionnement. Il y a aussi assez souvent dans des actes quelque chose qui nous déroute et nous heurte aujourd’hui : la dureté des témoins de la foi vis-à-vis de leurs juges, leur conscience d’être « purs », cette certitude exprimée que leur persécuteur ira droit en enfer. Intégrisme déjà, ou du moins on serait tenté de le croire.
Ici, à l’heure venue de son passage vers dans la foi vers le Père, Jésus « purifie », en effet…mais par l’amour. A qui n’est pas « pur » il dit encore « Ami ! »

Il aura fallu attendre le XXième siècle finissant pour voir l’Eglise reconnaître le titre de martyre à un témoignage moins de foi que de charité suprême : Maximilien Kolbe, martyr de la charité…Pourtant c’est écrit, et nous venons de l’entendre à nouveau : Ayant aimé les siens, il les aima tous, jusqu’à la fin, jusqu’à l’extrême…., l’extrême de lui-même, l’extrême de l’autre, l’extrême de l’homme, de tout homme même de cet homme-là qui, tout à l’heure, va sortir dans la nuit après avoir reçu la bouchée de pain, les pieds encore tout frais d’avoir été lavés. Quelques versets après notre récit, Jean rappelle le psaume 40 : L’ami sur qui je comptais, et qui partageait mon pain, a levé le talon contre moi ! ce talon qui vient tout juste d’être lavé, le voici donc qui se lève. L’amour a baigné les pieds des futurs missionnaires, et aussi, d’un même cœur, ces pieds qui maintenant vont faire le chemin à rebours, celui de la trahison, de la complicité dans le meurtre. Le témoignage de Jésus jusqu’à la mort, son « martyre » est martyre d’amour, de l’amour pour l’homme, pour tous ls hommes, même pour les voleurs, même pour les assassins et les bourreaux, ceux qui agissent dans les ténèbres, prêts à vous traiter en animal de boucherie ou à vous torture à mort parce que l’un des vôtres est devenu l’un des « leurs ». Pourtant il avait prévenu : Si vous n’aimez que vos amis, que faites-vous là d’extraordinaire ? Même les païens en font autant ! Pour lui, amis et ennemis se reçoivent d’un même Père : Vous êtes tous frères ! Ce que le martyre d’amour inclut le pardon. C’est là le don parfait, celui que Dieu fait sans réserve. Si bien que laver les pieds, partager le pain, donner sa mort et pardonner, c’est tout un et c’est pour tous : Pour vous et pour la multitude, en rémission des péchés. Et c’est le lieu de la plus grande liberté parce que c’est là que le choix du Fils coïncide complètement avec le choix d’amour du Père. Alors oui, il peut le dire : Ma vie nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne ! Elle est donnée une fois pour toutes, à Judas comme à Pierre, aux deux larrons à ses côtés comme à Marie-Madeleine et Jean au pied de la croix, comme à sa propre mère. C’est son dernier mot, sa suprême consigne, faire de l’amour de l’homme le test, le critère, la pierre de touche de l’amour de Dieu.

Donner sa vie par amour de Dieu, à l’avance, sans condition, c’est ce que nous avons fait…ou du moins ce que nous avons cru faire. Nous n’avions pas demandé alors ni pourquoi ni comment. Nous nous en remettons à Dieu de l’emploi de ce don, de sa destination jour après jour jusqu’à l’ultime. Hélas, nous avons assez vécu pour savoir qu’il nous est impossible de tout faire par amour, donc de prétendre que notre vie soit un témoignage d’amour, un « martyre » de l’amour. « Le génie c’est d’aimer écrit Jean d’Ormesson, et le christianisme est génial », mais moi je ne le suis pas !

D’expérience, nous savons que les petits gestes coûtent souvent beaucoup, surtout quand il faut les répéter chaque jour. Laver les pieds de ses frères le jeudi saint, passe, mais s’il fallait le faire quotidiennement ? et au tout venant ? Nous avons donné notre cœur en gros à Dieu et cela nous coûte fort qu’Il nous le prenne au détail. Prendre un tablier comme Jésus, cela peut être aussi grave et solennel que le don le la vie…et vice versa, donner sa vie peut être aussi simple que de prendre un tablier. Nous le redire quand les gestes ou les déplacements du quotidien d’amour deviennent lourds de cette menace qu’il faut aussi partager avec tous.

D’expérience, nous savons qu’il est plus facile de donner à celui-ci qu’à celui-là, d’aimer tel frère, telle sœur, plutôt que tel autre, même en communauté. Pourtant la conscience professionnelle du médecin, le serment qu’il a prêté, le conduisent à soigner tous les malades, « même le diable », ajouterait frère Luc. Et notre serment professionnel, à nous, religieux, (notre baptême déjà !), ne nous lie-t-il pas à les aimer tous, « même le diable », si Dieu nous le demandait ? Qu’en faisons-nous ? C’est ce que nous avons voulu dire en refusant de prendre parti ; non pour nous réfugier dans la neutralité qui lave les mains -elle est impossible- , mais pour rester libres de les aimer tous, parce que c’est là notre choix, au nom de Jésus et avec sa grâce. Si j’ai donné ma vie, à tous les Algériens, je l’ai donné aussi à « l’émir » Il ne me la prendra pas, même s’il décide de m’infliger le même traitement qu’à nos amis croates. Pourtant je souhaite vivement qu’il la respecte, au nom de l’amour que Dieu a aussi inscrit dans sa vocation d’homme. Jésus ne pouvait souhaiter la trahison de Judas. L’appelant encore « ami », il s’adresse à l’amour enfoui. Il cherche son Père dans cet homme. Je crois même qu’il la rejoint.

D’expérience, nous savons que ce martyre de la charité n’est pas l’exclusivité des chrétiens. Ce témoignage, nous pouvons le recevoir de n’importe qui, comme un don de l’Esprit. Derrière toutes les victimes que le drame algérien a déjà accumulées, qui peut savoir combien de « martyrs » authentiques d’un amour simple et gratuit ? On pense à cet homme qui l’autre jour a sauvé la vie d’un policier blessé, près de Notre Dame d’Afrique. Peu de jours après, il devait payer ce geste de sa propre vie. Plus haut dans le temps, je ne peux oublier Mohamed qui un jour a protégé ma vie, en exposant la sienne…et qui et mort assassiné par ses frères parce qu’il se refusait à leur livrer ses amis. Il ne voulait pas faire le choix entre les uns et les autres. Ubi caritas…Deus ibi est !

Nous voici ramenés au témoignage de Jésus, à son martyre pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes tous mes amis ! Ce témoignage nous l’accueillons avec la conscience que l’esprit est prompt, mais la chair est faible. C’est bien pourquoi il nous laisse sa chair à manger, à assimiler, comme le Pain de notre témoignage.

Homélie du frère Christian de Chergé du jeudi Saint 1994

Nous vivons un temps où la foi n’exclut pas le doute, le questionnement. Il y a aussi assez souvent dans des actes quelque chose qui nous déroute et nous heurte aujourd’hui : la dureté des témoins de la foi vis-à-vis de leurs juges, leur conscience d’être « purs », cette certitude exprimée que leur persécuteur ira droit en enfer. Intégrisme déjà, ou du moins on serait tenté de le croire.
Ici, à l’heure venue de son passage dans la foi vers le Père, Jésus « purifie », en effet…mais par l’amour. A qui n’est pas « pur » il dit encore « Ami ! »

Il aura fallu attendre le XXième siècle finissant pour voir l’Eglise reconnaître le titre de martyre à un témoignage moins de foi que de charité suprême : Maximilien Kolbe, martyr de la charité…Pourtant c’est écrit, et nous venons de l’entendre à nouveau : Ayant aimé les siens, il les aima tous, jusqu’à la fin, jusqu’à l’extrême…., l’extrême de lui-même, l’extrême de l’autre, l’extrême de l’homme, de tout homme, même de cet homme-là qui, tout à l’heure, va sortir dans la nuit après avoir reçu la bouchée de pain, les pieds encore tout frais d’avoir été lavés. Quelques versets après notre récit, Jean rappelle le psaume 40 : L’ami sur qui je comptais, et qui partageait mon pain, a levé le talon contre moi !, ce talon qui vient tout juste d’être lavé, le voici donc qui se lève. L’amour a baigné les pieds des futurs missionnaires, et aussi, d’un même cœur, ces pieds qui maintenant vont faire le chemin à rebours, celui de la trahison, de la complicité dans le meurtre. Le témoignage de Jésus jusqu’à la mort, son « martyre » est martyre d’amour, de l’amour pour l’homme, pour tous les hommes, même pour les voleurs, même pour les assassins et les bourreaux, ceux qui agissent dans les ténèbres, prêts à vous traiter en animal de boucherie ou à vous torture à mort parce que l’un des vôtres est devenu l’un des « leurs ».

Pourtant il avait prévenu : Si vous n’aimez que vos amis, que faites-vous là d’extraordinaire ? Même les païens en font autant ! Pour lui, amis et ennemis se reçoivent d’un même Père : Vous êtes tous frères ! C’est que le martyre d’amour inclut le pardon. C’est là le don parfait, celui que Dieu fait sans réserve. Si bien que laver les pieds, partager le pain, donner sa mort et pardonner, c’est tout un et c’est pour tous : Pour vous et pour la multitude, en rémission des péchés. Et c’est le lieu de la plus grande liberté parce que c’est là que le choix du Fils coïncide complètement avec le choix d’amour du Père. Alors oui, il peut le dire : Ma vie nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne ! Elle est donnée une fois pour toutes, à Judas comme à Pierre, aux deux larrons à ses côtés comme à Marie-Madeleine et Jean au pied de la croix, comme à sa propre mère. C’est son dernier mot, sa suprême consigne, faire de l’amour de l’homme le test, le critère, la pierre de touche de l’amour de Dieu.

Donner sa vie par amour de Dieu, à l’avance, sans condition, c’est ce que nous avons fait…ou du moins ce que nous avons cru faire. Nous n’avions pas demandé alors ni pourquoi ni comment. Nous nous en remettons à Dieu de l’emploi de ce don, de sa destination jour après jour jusqu’à l’ultime. Hélas, nous avons assez vécu pour savoir qu’il nous est impossible de tout faire par amour, donc de prétendre que notre vie soit un témoignage d’amour, un « martyre » de l’amour. « Le génie c’est d’aimer écrit Jean d’Ormesson, et le christianisme est génial », mais moi je ne le suis pas !

D’expérience, nous savons que les petits gestes coûtent souvent beaucoup, surtout quand il faut les répéter chaque jour. Laver les pieds de ses frères le jeudi saint, passe, mais s’il fallait le faire quotidiennement ? et au tout venant ? Nous avons donné notre cœur en gros à Dieu et cela nous coûte fort qu’Il nous le prenne au détail. Prendre un tablier comme Jésus, cela peut être aussi grave et solennel que le don de la vie…et vice versa, donner sa vie peut être aussi simple que de prendre un tablier. Nous le redire  quand les gestes ou les déplacements du quotidien d’amour deviennent lourds de cette menace qu’il faut aussi partager avec tous.

D’expérience, nous savons qu’il est plus facile de donner à celui-ci qu’à celui-là, d’aimer tel frère, telle sœur, plutôt que tel autre, même en communauté. Pourtant la conscience professionnelle du médecin, le serment qu’il a prêté, le conduisent à soigner tous les malades, « même le diable », ajouterait frère Luc. Et notre serment professionnel, à nous, religieux, (notre baptême déjà !), ne nous lie-t-il pas à les aimer tous, « même le diable », si Dieu nous le demandait ? Qu’en faisons-nous ? C’est ce que nous avons voulu dire en refusant de prendre parti ; non pour nous réfugier dans la neutralité qui lave les mains -elle est impossible- , mais pour rester libres de les aimer tous, parce que c’est là notre choix, au nom de Jésus et avec sa grâce. Si j’ai donné ma vie, à tous les Algériens, je l’ai donné aussi à « l’émir ». Il ne me la prendra pas, même s’il décide de m’infliger le même traitement qu’à nos amis croates. Pourtant je souhaite vivement qu’il la respecte, au nom de l’amour que Dieu a aussi inscrit dans sa vocation d’homme. Jésus ne pouvait souhaiter la trahison de Judas. L’appelant encore « ami », il s’adresse à l’amour enfoui. Il cherche son Père dans cet homme. Je crois même qu’il la rejoint.

D’expérience, nous savons que ce martyre de la charité n’est pas l’exclusivité des chrétiens. Ce témoignage, nous pouvons le recevoir de n’importe qui, comme un don de l’Esprit. Derrière toutes les victimes que le drame algérien a déjà accumulées, qui peut savoir combien sont des « martyrs » authentiques d’un amour simple et gratuit ? On pense à cet homme qui l’autre jour a sauvé la vie d’un policier blessé, près de Notre Dame d’Afrique. Peu de jours après, il devait payer ce geste de sa propre vie. Plus haut dans le temps, je ne peux oublier Mohamed qui un jour a protégé ma vie, en exposant la sienne…et qui et mort assassiné par ses frères parce qu’il se refusait à leur livrer ses amis. Il ne voulait pas faire le choix entre les uns et les autres. Ubi caritas…Deus ibi est !

Nous voici ramenés au témoignage de Jésus, à son martyre : Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes tous mes amis ! Ce témoignage nous l’accueillons avec la conscience que l’esprit est prompt, mais la chair est faible. C’est bien pourquoi il nous laisse sa chair à manger, à assimiler, comme le Pain de notre témoignage.


 

Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

Jeudi 16 juillet : la prière – enseignement du matin

Vis le jour d’aujourd’hui
Auteur : Sœur Odette Prévost
Vis le jour d’aujourd’hui,
Dieu te le donne, il est à toi.
Vis le en Lui.

Le jour de demain est à Dieu
Il ne t’appartient pas.
Ne porte pas sur demain
le souci d’aujourd’hui.
Demain est à Dieu,
remets le lui.

Le moment présent est une frêle passerelle.
Si tu le charges des regrets d’hier,
de l’inquiétude de demain,
la passerelle cède
et tu perds pied.

Le passé ? Dieu le pardonne.
L’avenir ? Dieu le donne.
Vis le jour d’aujourd’hui
en communion avec Lui.

Et s’il y a lieu de t’inquiéter pour un être aimé,
regarde-le dans la lumière du Christ ressuscité.

Soeur Odette Prévost
petite soeur de Charles de Foucault
assassinée en Algérie le 10 novembre 1995

Pour écouter le fichier audio cliquez ici

C’est Paul VI qui dit : « Le monde moderne réclame des évangélisateurs qu’ils parlent aux hommes d’un Dieu qu’ils connaissent et fréquentent comme s’ils voyaient l’invisible. »

Et dans la même veine c’est Paul Guilluy qui dit : 

« Quiconque évangélise sans prier, un jour n’évangélisera plus. Ce n’est pas seulement qu’il oublie de recharger ses accus ; c’est qu’il s’enfonce dans l’hypocrisie. Comment pourra-t-il évoquer comme vivant celui qu’il croit présent dans le monde et à qui il ne s’adresse jamais ? Quiconque dit de Dieu « Lui » sans jamais lui dire « tu » est en train d’oublier les traits du visage de Dieu. Un jour Dieu ne sera plus qu’une idée et bientôt plus qu’un mot. On ne parle pas concrètement d’un Dieu qu’on n’écoute pas et à qui on ne parle jamais. Seule la prière rend notre foi authentique et concrète. Sans elle, les démarches actives elles-mêmes ne concrétiseront pas notre foi, ne témoigneront pas de Dieu. L’idée de Dieu sans dialogue avec lui ne se concrétise pas. Le « vécu de l’évangélisation ne comporte pas seulement le rapprochement des hommes, il implique le dialogue avec Dieu »

Origine de la prière

La prière n’a pas son origine ni son point de départ dans notre cœur. La vraie prière suit le mouvement inverse. La prière a son départ en Dieu, pour ensuite descendre et se déverser sur nous.

Dans une homélie de Noël, le pape Paul VI disait que prier, c’est se placer dans le cône de lumière qui émane du Christ ressuscité.

Prier, dit Saint Benoît, consiste à s’exposer à la lumière qui divinise, c’est être illuminé et métamorphosé par les rayons qui émanent du Christ transfiguré. 

Jésus transfiguré, c’est Jésus tout entier pénétré et imprégné de ce rayon lumineux qui, sans cesse, descend du Père et qui s’appelle la prière.  La prière est donc passive, elle consiste à s’exposer tout simplement à la lumière qui émane du Christ transfiguré. Dieu est lumière et l’homme est vitrail.

L’existence d’un vitrail n’a de sens que s’il est traversé par la lumière qui met en valeur toutes les couleurs, tous les charismes, que l’artiste divin a voulu mettre en lui. Traversé par la lumière, un vitrail devient lui aussi lumière ; traversé par la lumière du Christ, l’homme devient lumière, il est divinisé, christifié, déifié. Prier c’est être là et regarder, prier c’est s’exposer devant le Christ comme un vitrail afin d’être traversé par sa lumière.

Complémentarité entre la prière personnelle et la prière communautaire

Si, dans son enseignement sur la prière, Jésus parle également de la prière communautaire du Notre Père c’est pour souligner la complémentarité entre la prière personnelle et la prière communautaire. L’une ne va pas sans l’autre.

La prière communautaire nous donne les mots pour prier et la prière personnelle nous permet d’assimiler, de digérer tout ce qui nous est donné par l’Eglise dans la liturgie. Le mystère de la prière fonctionne donc comme le balancier d’une horloge.

Tout commence dans la prière liturgique communautaire et tout se termine dans la prière solitaire, le face à face avec Dieu. Tout ce qui est donné dans la prière liturgique avec les frères et les sœurs est destiné à être reçu et assimilé dans la prière du cœur et digéré dans la solitude, aux pieds du Seigneur, dans la chambre secrète de notre cœur. « Retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte et prie… » (Mt 5, 6) La chambre, l’endroit retiré de notre prière est le symbole de cet important seul à seul et face à face avec le Seigneur.

C’est important et capital car si la liturgie n’est pas assimilée dans la prière solitaire devant Dieu, elle ne sert pas à grand-chose. Il en va de même d’un repas. Celui-ci ne pourra nous restaurer, nous reconstituer que si nous le digérons autrement comme on dit, il nous restera sur l’estomac ce qui n’est pas agréable. La liturgie, elle aussi, n’est pas appelée à nous rester sur l’estomac.  Si nous ne prenons pas le temps d’assimiler ce que nous recevons dans la liturgie, petit à petit, le cœur devient superficiel, les célébrations elles-mêmes deviennent ennuyeuses.

Prier n’est pas le propre des moines et des moniales…ni même des chrétiens ! Mais la prière chrétienne a quelque chose de spécifique : elle garde présente dans le monde la prière même de Jésus, à sa manière, elle annonce Jésus.

C’est d’ailleurs pour témoigner d’une Eglise qui prie que les premiers cisterciens avaient été appelés en Algérie. Il s’en est fallu de peu pour le monastère de Tibhirine ferme. Les monastères cisterciens sont normalement situés là où la présence d’une communauté chrétienne permet de recruter sur place des religieux. Or au moment de l’indépendance, l’Algérie s’est vidée de sa population chrétienne. C’est ainsi que l’Abbé Général des Cisterciens de l’époque, Dom Gabriel Sortais avait décidé la fermeture de Tibhirine. Mais c’était sans compter sur l’archevêque visionnaire d’Alger, Mgr Duval pour qui l’Eglise a plus que jamais sa place en Algérie dans le respect dans la tradition spirituelle du pays, l’Islam. Il disait que pour vivre leur mission d’amitié et de solidarité avec le peuple algérien, les chrétiens ont besoin du soutien de communautés de contemplatifs. C’est ainsi que dans les couloirs du Concile à Rome, le Cardinal Duval proteste avec la plus grande vigueur auprès de Dom Sortais contre le décret de fermeture de Notre Dame de l’Atlas. Et le soir même, l’Abbé Général décède, victime d’une crise cardiaque. Mgr Duval dira plus tard avec humour : « J’ai tué l’Abbé Général des trappistes ». Les évènements ne sont pas liés bien sûr mais toujours est-il que Tibhirine est sauvé.

Cela dit, le monastère ne compte plus que 4 moines. En février 1964, Dom Jean de la Croix, le nouvel abbé d’Aiguebelle, le responsable direct de Tibhirine prend le bateau pour Alger et rend visite à l’abbé Carmona, curé de Bal el Oued. Celui-ci lui fait comprendre la grande déroute de l’Eglise d’Algérie qui doit se convertir d’une Eglise de masse à une Eglise de service avec une communauté réduite. L’abbé Carmona a cette parole très forte : « Si les moines s’en vont, moi je ne tiens pas le coup ». C’est alors que Dom Jean de la Croix comprend le rôle spirituel que doit remplir le monastère dans le nouveau contexte de l’Eglise algérienne. Décidé à sauver Notre Dame de l’Atlas, il se rend chez l’archevêque d’Alger qui lui réserve d’abord un accueil glacial. Mais lorsque Mgr Duval comprend l’intuition de l’Abbé d’Aiguebelle le ton change. 900.000 chrétiens qui partent d’un coup, c’est une apocalypse, mon Père, l’Eglise traverse une très grande crise. Vous me dites, les moines restent eh bien si les moines restent, l’Eglise continue à vivre lui dit Mgr Duval.

La lectio divina

Si la prière communautaire et personnelle est essentielle, la lecture priante des Ecritures (lectio divina) l’est aussi, ce qui fera dira aux moines de Tibhirine quand le pays était à feu et à sang : « Dans la nuit prendre le Livre, quand d’autres prennent les armes »

La prière tient une grande place dans la Bible. Il y a bien sûr les Psaumes qui sont encore la matière de notre prière. Il y a aussi ces prières qu’on trouve dans le livre de Samuel qui sont la manifestation d’une foi absolue dans le Dieu l’Alliance. La prière tient une très grande place dans le Nouveau Testament, dans les évangiles en particulier ; ils nous disent que Jésus a prié, ils nous rapportent quelques-unes de ses prières et son enseignement sur la prière, un enseignement qui sort évidemment de sa propre expérience : quand Jésus parle de la prière, c’est à partir de la sienne. Et parmi les évangélistes, Luc, plus que les autres, insiste sur la prière. Chez Luc, Jésus insiste particulièrement sur la constance dans la prière, la persévérance.

Voyons de plus près l’extrait de la parole de Dieu que je nous invite à prier dans le cadre de la lectio divina qui provient de l’évangile de Luc.

Ce qui a fait naître dans le cœur des disciples de Jésus le désir d’apprendre à prier c’est d’avoir vu Jésus prier.

A propos de « voir prier », Christian de Chergé se rappelle qu’enfant, sur le chemin du marché ou de l’église, il observait la population musulmane avec laquelle la famille de Chergé confinée dans le monde clos et protégé du mess des officiers (son père était général), n’a aucun contact. Christian est impressionné par la ferveur des hommes prosterné à même le trottoir toutes affaires cessantes à l’appel du muezzin. Il ne se lasse pas d’observer la foule qui se rassemble à la mosquée le vendredi. Ses frères en rient. Lui interroge sa mère : Qu’est-ce qu’ils font ? Ils font leur prière répond elle, il ne faut surtout pas se moquer. Eux aussi, adorent Dieu.

A propos de la prière du Notre Père enseignée par Jésus, Mgr Paul Desfarges, archevêque d’Alger, dans sa lettre pastorale de novembre 2018 intitulée « La béatification de nos frères et sœurs, une grâce pour notre Eglise », nous adresse cette interpellation :

En récitant le Notre Père, nous disons : Que ton Règne vienne, que ta Volonté soit faite…Désirons-nous vraiment que le Règne de Dieu, que la Volonté de Dieu soit faite dans nos vies et par nos vies ?

Le lien entre les demandes concernant la sanctification du nom de Dieu (Père que ton nom soit sanctifié) et la venue de son Règne (Que ton règne vienne) et celles qui suivent a été bien mis en lumière par le Cardinal Martini lorsqu’il dit qu’en demandant au Père le pain dont nous avons besoin pour chaque jour, le pardon de nos péchés et de ne pas entrer en tentation, nous à demandons à Dieu ce qui est nécessaire pour que son Règne vienne. Et de quoi avons-nous besoin pour que le Règne de Dieu vienne ?

1. Nous avons besoin, pour que son Règne vienne, de persévérer au jour le jour, grâce au pain quotidien.

2. Nous avons besoin d’une grande miséricorde et du pardon réciproque, de la capacité de nous accueillir mutuellement et du pardon que Dieu accorde à nos chutes continuelles et à nos insuffisances dans la réalisation de son Royaume.

3. Nous avons besoin du soutien de Dieu pour ne pas céder à la tentation au moment de l’épreuve et quand nous constatons que le Royaume de Dieu décline autour de nous.

A propos du pardon réciproque, avant d’être enlevés puis séquestrés par des membres du GIA dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, les moines de Tibhirine avaient eux-mêmes été directement confrontés à la menace directe des islamistes. Dans la soirée du 24 décembre 1993, vers 19h15, alors même qu’ils s’apprêtent à fêter Noël, les moines reçoivent la « visite » d’un groupe de six hommes armés. Pendant que trois hommes restent à l’extérieur, trois autres font irruption à l’hôtellerie et demandent à voir le responsable du lieu. Christian de Chergé, le supérieur du monastère, arrive et se trouve face à face avec le chef du groupe. Il refusera de satisfaire à ses exigences, car il n’entend pas céder à la menace. Finalement, les six hommes quittent les lieux sans commettre la moindre violence.

Le frère de Christian raconte ainsi cette incursion :

C’était par un crépuscule d’hiver, dans un climat de violence, le pays était partagé entre les frères de la montagne – les islamistes, particulièrement le GIA -, et les frères de la plaine – l’armée régulière algérienne. A la tête d’un commando, le chef islamiste Sayah Attia était venu cogner à la porte du monastère, demandant à parler au « pape » du lieu. Il avait du sang sur les mains : quelques jours auparavant, à quatre kilomètres à vol d’oiseau de Tibhirine, il avait égorgé douze Croates chrétiens.

Il prétendait soumettre les moines à un certain nombre d’exigences. Christian expliqua d’emblée que le monastère était un lieu de paix et que nul n’y entrerait en armes. Le chef du commando choisit de parlementer à l’extérieur. Sur un ton menaçant, il réclama l’envoi du médecin, le frère Luc, dans les montagnes afin de soigner ses combattants. Il exigea un certain nombre d’autres avantages, particulièrement de l’argent. Christian refusa tout : l’argent bien sûr, car le monastère était pauvre mais surtout parce qu’il ne saurait financer des armes. Quant au médecin, pas question.

Les combattants seraient soignés au monastère, au nom de la charité et de la fraternité que l’on doit à tout être humain. Le « non » déterminé et doux opposé chaque fois à Sayah Attia a énervé ce dernier. Il s’exclame soudain : « Tu n’as pas le choix ! » Christian répond : « Si, j’ai le choix. » Celui de sacrifier sa vie. Sayah Attia en est impressionné. Il avertit : « Nous reviendrons ! »       Christian : « Ce soir, nous allons fêter Noël. C’est la naissance du prince de la paix… » Jésus est l’un des prophètes des musulmans. Le chef du commando recule : « Excuse-moi. Je ne savais pas. » Il ne reviendra jamais. Blessé dans un combat avec l’armée algérienne, il agonisera dans des souffrances terribles durant une dizaine de jours, sans faire appeler le médecin, dans les montagnes. Et Christian, essayant d’imaginer l’arrivée de Sayah Attia au paradis, plaidait les circonstances atténuantes, disant : « Je demande à Dieu de lui pardonner. »

Cette fois-là, le visage et les mains désarmés de Christian de Chergé ont désarmé ses visiteurs armés. « Expérience vécue, dira-t-il plus tard, qu’en se présentant les mains nues au meurtrier surarmé, il est possible de le désarmer… non seulement en lui donnant de voir de près ce visage d’un frère en humanité qu’il menaçait de mort, mais aussi en lui laissant sa meilleure chance de révéler quelque chose de son propre visage caché « dans les profondeurs de Dieu »

Christian avoue que, ce jour-là, il a eu le sentiment de frôler la mort.  Mais après le départ de leurs visiteurs, les moines doivent continuer à vivre : « Nous avons continué en nous disant : on tient encore aujourd’hui, et puis demain, et puis après-demain…  Il a fallu nous laisser désarmer et renoncer à cette attitude de violence qui aurait été de réagir à une provocation par un durcissement. » Christian se souvient alors du commandement de Jésus : « Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent » et il se demande quelle prière il peut faire pour le responsable du groupe armé dont la menace continue à peser sur lui et ses frères : « Je ne peux pas demander au bon Dieu : « Tue-le »… Pas possible ! Alors ma prière est venue : « Désarme-le, désarme-les. » Ça, j’ai le droit de le demander. Et puis après, je me suis dit : « Est-ce que j’ai le droit de demander : « Désarme-le. », si je ne commence pas par dire : « Désarme-moi et désarme-nous en communauté. » Et, en fait, oui, c’est ma prière quotidienne, je vous la confie tout simplement ; tous les soirs, je dis : « Désarme-moi, désarme-nous, désarme-les. »

Par cette prière, Christian définit l’exigence évangélique de désarmement qui se trouve au cœur même de la spiritualité chrétienne. En formulant cette exigence, Christian ne radicalise pas l’Évangile, mais il exprime le radicalisme même de l’Évangile. A travers cette spiritualité du désarmement, qui n’est autre que la spiritualité de la non-violence, Christian donne de Dieu ce témoignage essentiel : Le Dieu de l’Évangile est un Dieu désarmé qui invite l’homme à se désarmer pour pouvoir désarmer l’autre homme.

Mais il ne faut pas s’y tromper, cette volonté de désarmement ne signifie nullement la résignation de la volonté. Il ne s’agit pas de ne pas résister au méchant et de se soumettre passivement à sa violence. A cet égard, force est de reconnaître que la traduction de la Bible qui fait dire à Jésus dans l’Évangile de Matthieu (5, 39) qu’il ne faut pas résister au méchant est particulièrement malheureuse. Le véritable sens de la parole de Jésus ne peut faire aucun doute ; elle signifie :« Ne résistez pas au mal en imitant le méchant. »  Léon Tolstoï traduisait toujours ainsi la maxime évangélique : « Ne résistez pas au méchant par la violence. » « Tous les arguments qu’on oppose à la non-résistance au mal, souligne l’écrivain russe, viennent de ce qu’au lieu de comprendre qu’il est dit : « Ne t’oppose pas au mal ou à la violence par le mal ou la violence », on comprend : « Ne t’oppose pas au mal », c’est-à-dire sois indifférent au mal, alors que le commandement de non-résistance au mal est donné comme le moyen le plus efficace de lutter contre lui. Il est dit : « Vous êtes habitués à lutter contre le mal par la violence et par la vengeance, c’est un mauvais moyen, le meilleur moyen n’est pas la vengeance mais la bonté. »

Ainsi la volonté de désarmement s’enracine-t-elle dans la volonté de résister avec la plus grande détermination à la violence, à sa logique, à son engrenage, à sa fatalité. Il ne s’agit pas de briser le ressort de la volonté, mais au contraire de le tendre à l’extrême afin de résister à l’emprise de la violence. C’est parce que la contre-violence fait elle-même partie du système de la violence, qu’elle est inefficace pour lutter contre lui. C’est pour cette raison que seule la non-violence permet de lutter efficacement contre ce système.

Christian situe explicitement le christianisme dans le dynamisme de la non-violence : « Dans la Passion de Jésus, affirme-t-il, il faut bien reconnaître le témoignage, le « martyre » de la non-violence. » Ainsi, l’une des questions théologiques les plus fondamentales revient en définitive à une question d’orthographe : comment écrivons-nous le « Dieu dézarmé ». Trop souvent les religions ont écrit le « dieu des armées » avec une faute d’orthographe, c’est-à-dire en trois mots. Le vrai Dieu ne peut être que le « Dieu désarmé » en deux mots. Jésus a désarmé Dieu – plus exactement, il a désarmé les images que l’homme s’est faites de Dieu en l’imaginant à sa propre ressemblance.

Jésus a désarmé tous les dieux des armées. Il a renversé les dieux tout-puissants de leur trône et il a témoigné de l’humilité de Dieu, de sa discrétion, de sa courtoisie, de sa non-violence.

Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

Mercredi 15 juillet : L’Eglise

Vis le jour d’aujourd’hui
Auteur : Sœur Odette Prévost
Vis le jour d’aujourd’hui,
Dieu te le donne, il est à toi.
Vis le en Lui.

Le jour de demain est à Dieu
Il ne t’appartient pas.
Ne porte pas sur demain
le souci d’aujourd’hui.
Demain est à Dieu,
remets le lui.

Le moment présent est une frêle passerelle.
Si tu le charges des regrets d’hier,
de l’inquiétude de demain,
la passerelle cède
et tu perds pied.

Le passé ? Dieu le pardonne.
L’avenir ? Dieu le donne.
Vis le jour d’aujourd’hui
en communion avec Lui.

Et s’il y a lieu de t’inquiéter pour un être aimé,
regarde-le dans la lumière du Christ ressuscité.

Soeur Odette Prévost
petite soeur de Charles de Foucault
assassinée en Algérie le 10 novembre 1995

Pour écouter le chant et l’enseignement, cliquez ici

Les encouragements que les bienheureux martyrs d’Algérie donnent à notre Eglise

Dans la préface des saints, nous rendons grâce à Dieu en lui disant ceci :   Par l’exemple que les saints nous ont donné, tu nous encourages, par leur enseignement, tu nous éclaires et à leurs prières, tu veilles sur nous

Demandons-nous dès lors ceci : Par quels exemples les bienheureux martyrs d’Algérie encouragent-ils notre Eglise ? Par quels enseignements, éclairent-ils notre Eglise ? Et comme nous croyons qu’à leurs prières, ils veillent sur nous, sur notre Eglise, demandons-leur de prier pour nous.

Lors de la veillée spirituelle qui s’est tenue en la cathédrale d’Oran, la veille de la béatification des martyrs d’Algérie, la sœur de Pierre Claverie, Anne-Marie Gustavson a dit ceci de très beau :

Pour moi cette béatification constitue moins une reconnaissance de certaines vertus attribuées à Pierre mais il s’agit surtout d’une reconnaissance de la valeur de l’Eglise d’Algérie comme exemple pour l’Eglise universelle, avec son idéal de présence, son souci de la rencontre et son témoignage d’un amour désintéressé tel que l’entendaient Pierre et ses compagnons.

  • Les Bienheureux martyrs d’Algérie encouragent notre Eglise à réinventer une manière d’être présent

Rappelons-nous qu’au moment de l’indépendance de l’Algérie en 1962, l’Eglise d’Algérie vit un bouleversement : les églises se retrouvent vides presque du jour au lendemain. Beaucoup des congrégations qui étaient présentes en Algérie se sont vues privées de leur œuvre d’éducation, de santé, et ont donc dû réinventer une manière d’être présent dans la population algérienne.

Pierre Claverie est présent en Algérie et vit cette période de grands changements. Il est très proche de Mgr Teissier qui est à ce moment-là évêque d’Oran. Avec Mgr Teissier et d’autres, Pierre Claverie va faire son travail de théologien c’est-à-dire accompagner une Eglise qui doit trouver le sens de sa présence dans un peuple qui est majoritairement musulman.

C’est ainsi que Pierre Claverie est entré de pleins pieds dans le projet de l’Eglise d’Algérie avec l’intuition du Cardinal Duval que l’Eglise devait rester en Algérie et qu’elle devait devenir une Eglise pour les Algériens et aussi avec cette intuition du Concile Vatican II d’être une Eglise qui fait signe dans une société, dans la société.

Et là où Pierre Claverie va être créatif c’est qu’évidemment les églises étaient vides, les presbytères, on en avait plus besoin et alors Pierre Claverie a dit : « Mais c’est magnifique on peut en faire des plateformes de services et de rencontres ». C’était sa formule des plateformes de services et de rencontres c’est-à-dire qu’au lieu de pleurnicher sur le fait qu’on est plus très nombreux, on retourne l’affaire et on essaie d’en tirer un parti positif. C’est ainsi que beaucoup de locaux d’églises, parfois même d’églises désacralisées, vont être mis à la disposition d’œuvres sociales et éducatives dans lesquelles des chrétiens et des musulmans travailleront ensemble.                         

Depuis l’indépendance, l’Eglise d’Algérie a donc fait cette option d’être une Eglise de la rencontre, une Eglise de l’amitié, une Eglise présente au peuple algérien, tournée vers le peuple algérien, s’intéressant à sa culture, à sa religion, à sa langue. Une Eglise qui tente de se mettre au service de ce peuple, dans les écoles, les dispensaires, mais aussi dans tous les lieux où une vie professionnelle était possible. Une Eglise qui a tourné la page et qui croit avec enthousiasme, et sans doute avec une certaine naïveté, au développement possible et rapide de ce pays meurtri par des décennies de colonisations et de guerre.

Au sortir de la guerre d’indépendance, il y avait en effet beaucoup à faire pour construire ou reconstruire ce pays : éducation, santé, œuvres sociales diverses, vont constituer autant de champs où les chrétiens vont collaborer   avec les Algériens musulmans.

Le père Bernard Janicot, qui a travaillé longtemps avec Pierre Claverie à l’extension des bibliothèques de l’Eglise raconte ceci :

« Pierre Claverie voulait absolument que jamais l’Eglise ne soit enfermée sur elle-même mais qu’elle soit le plus possible ouverture sur le monde algérien. Et comme la participation à la vie publique algérienne était plus difficile, avoir un travail professionnel devenait plus compliqué, participer à la vie des associations était possible mais moins facile qu’avant, donc Pierre Claverie s’est dit il faut que l’Eglise ait ses lieux à elle dans lesquels on pourra faire se rencontrer des gens différents et que dans ces lieux se rencontrent garçons et filles, se côtoient également chrétiens et musulmans, des juristes, des économistes, des sociologues, des gens de sciences politique. En 1991, c’est le début des événements douloureux de l’Algérie avec les élections, le FIS etc et en 1991, l’Eglise a ouvert le CDES Sophia, le Centre de Documentation Economique et Sociale. C’était un pari sur l’avenir énorme d’ouvrir une nouvelle bibliothèque à Oran dans une ancienne église, l’Eglise du Saint-Esprit qui était à l’époque fermée.

2ième étape, ça a été 1994 et alors là on était au cœur des années noires et avec Pierre Claverie, on a décidé d’agrandir le CDES et ça a été la période où nous avons eu le plus de monde. Nous sommes arrivés dans ces années-là à près de 2500 inscrits alors que nous sommes maintenant autour de 1500.  Pourquoi ? Parce que toutes les autres bibliothèques étaient fermées à cause des attentats possibles. Donc, nous on est resté ouvert tout le temps et les gens se réfugiaient littéralement dans ce lieu à ce moment-là.  En 1994, 95, 96, les gens venaient s’inscrire y compris les salafistes qui venaient s’inscrire chez nous, travaillaient chez nous. Les gens nous disaient souvent « vous êtes une oasis de paix ».

Donc ça a été l’enthousiasme de Pierre Claverie qui nous a toujours poussés, même dans les moments difficiles, à aller de l’avant en nous disant mais si on s’arrête on donne raison à ceux qui veulent nous condamner. Donc, il ne faut pas s’arrêter, il faut vivre ! »       

Des prêtres, des religieuses et religieux, des laïcs chrétiens s’engagent dès lors sans difficultés dans ces tâches de promotions humaines et de proximité fraternelle avec la population.

En pensant à l’exemple que nous donnent les bienheureux martyrs d’Algérie d’une Eglise qui réinvente une manière d’être présent, je pense à la période de confinement au cours de laquelle notre Eglise a dû aussi réinventer une manière d’être présent comme le soulignent les évêques de Belgique dans leur message du 25 juin dernier :

Loin de nous immobiliser, ce temps de confinement nous a aussi permis de faire preuve d’une créativité nouvelle. Dans tant de paroisses, d’unités pastorales, de communautés, des baptisés se sont levés, se sont mis ensemble, ont pris des initiatives. Parfois de façon très humble, dans l’urgence, vous avez inventé de nouvelles manières de faire Eglise. Nous avons été touchés par ces gestes de sollicitude, ces services concrets, cette inventivité pastorale. Sans doute avons-nous aussi découvert – ou redécouvert – certaines dimensions que la routine risque parfois de nous faire oublier : l’écoute des autres et de la Parole, la prière personnelle ou familiale, l’importance d’un rythme de vie apaisé pour la réflexion, la relecture, le dialogue. Parallèlement, nous avons ressenti en creux combien nous étaient essentielles la rencontre, l’affection, l’entraide, la communion entre nous et avec Dieu. Nous vous encourageons à demeurer en éveil, à ne pas cesser de rester créatifs. Ensemble, continuons à rendre nos communautés plus belles parce que plus fraternelles, plus sensibles aux blessures de chacun et aux soifs de ce monde. Continuons de soigner nos célébrations pour qu’elles soient sources d’intériorité et d’engagement.

Toujours sur l’importance de réinventer une manière d’être présent, je pense aussi à cette interpellation de l’abbé Louis Lochet qui nous invite à libérer l’imagination pastorale :

L’Eglise ne se construit pas seulement par une sage administration de ce qui existe, mais par une inquiétude, une recherche de ce qui n’existe pas encore. Elle ne se construit pas seulement par les décisions qui viennent de l’autorité, elle se construit aussi par l’action de l’Esprit en chacun de nous, « libérer l’imagination pastorale ».

Il ne faudrait pas que tous les prêtres se trouvent dans les structures qu’il n’y a plus qu’à conserver, mais qu’ils se sentent « partie prenante », avec les laïcs, d’une Eglise en pleine recherche des innovations nécessaires à sa mission, sous l’action de l’Esprit. Le signe de la fidélité à l’Esprit des origines n’est pas la routine qui ferait faire toujours la même chose, mais un renouvellement perpétuel, au service de la même inspiration.

  • Les bienheureux martyrs d’Algérie encouragent notre Eglise être une Eglise de la rencontre

La vie des 19 bienheureux était centrée sur la rencontre. Cette rencontre était leur nourriture. L’amour de leur voisins et de leurs proches allait jusqu’à l’amour des ennemis qui n’étaient pas d’ailleurs pour eux des ennemis. Pendant toute la décennie noire pendant laquelle, rappelle Mgr Desfarges, nous avons prié pour les terroristes, au monastère de Tibhirine les moines priaient pour ceux qu’ils appelaient les frères de la montagne (ceux qui avaient pris le maquis dans les montagnes) et ceux qu’ils appelaient les frères de la plaine (les militaires). Un Algérien chrétien confia un jour à Mgr Desfarges qu’une des choses qui l’a conduit vers la foi chrétienne c’était de voir les chrétiens prier pour ceux qui commettaient des actes de violences à leur égard. Un autre lui confia un jour : « je savais qu’il faut aimer son prochain. On m’a appris cela dans ma religion musulmane mais quand j’ai lu dans un évangile : aimez vos ennemis, j’ai senti mon cœur craquer, s’ouvrir. L’amour n’a pas de limites »

C’est Pierre Claverie qui dit : « La mission de l’Eglise en Algérie est d’établir, de développer et d’enrichir une relation toujours et partout avec tous. Aller au- devant de l’autre, à la rencontre c’est reconnaître que l’autre existe, que j’ai besoin de lui et réciproquement permettre, donner l’occasion à l’autre de découvrir que l’autre existe à travers moi ». 

La première des rencontres, n’est-ce pas celle qui se vit dans le quotidien ? Dans le voisinage, le travail, la participation au monde associatif. Pensons à ces lieux où il est possible de travailler ensemble, de confronter pacifiquement nos manières de voir. Cela demande du temps, le temps de l’apprivoisement, le temps de la confiance, le temps de faire sauter les préjugés. 

Si nous croyons véritablement que Dieu, en son Fils Jésus-Christ, s’est donné, s’est révélé, a parlé, qu’Il s’est mis en relation avec la réalité humaine avec la réalité du monde, c’est qu’Il appelle son Eglise à faire la même chose

Paul VI dans son encyclique « Ecclesiam suam » dit l’Eglise se fait conversation avec le monde c’est ça sa nature, c’est ça sa vocation elle est appelée à se faire conversation c’est-à-dire à se mettre en dialogue et c’est ça qui définit la réalité chrétienne.

Dans l’évangile des disciples d’Emmaüs, nous découvrons la manière avec laquelle Jésus se fait conversation, Jésus se met en dialogue permettant ainsi la rencontre.

Jésus commence par les écouter en leur posant cette question : « de quoi discutiez-vous en chemin ? » ce qui permet aux disciples de vider leur sac, d’exprimer leur désarroi, leurs questions et à Jésus de sonder en profondeur l’amertume qui les a gagnés. C’est seulement après les avoir écoutés que Jésus ouvre leurs cœurs à l’Ecriture. Annoncer l’évangile, ce n’est pas d’abord prendre la parole, c’est d’abord écouter : « De quoi discutiez-vous en marchant, qu’est-ce que vous vivez, qu’est-ce que vous portez dans le cœur, quelles sont vos angoisses, quelles sont vos joies, quelles sont vos souffrances, quelles sont vos espérances ? »

C’est parce qu’il marchait sur la route que Jésus a pu rencontrer les disciples tout tristes et qu’il a pu les rejoindre. L’Eglise est appelée, elle aussi, à marcher sur la route car c’est là, sur la route de la vie, qu’elle peut rencontrer les personnes, se mettre à l’écoute de leurs espérances et leurs déceptions parfois lourdes et dialoguer avec elles.

C’est Pierre Claverie qui dit : « Le maître mot de ma foi est aujourd’hui le dialogue ; non par tactique ou par opportunisme, mais parce que le dialogue est constitutif de la relation de Dieu aux hommes et des hommes entre eux ».    Les proches de Pierre Claverie se rappellent que celui-ci avait en horreur le dialogue superficiel, de convenance. Le vrai dialogue, à ses yeux, est exigeant, il suppose de reconnaître l’altérité de l’autre et de vouloir s’enrichir de nos différences.

La passion de la vie de Pierre Claverie a été de découvrir ce que son prochain algérien musulman pouvait lui apprendre, y compris dans la recherche de Dieu. Sans syncrétisme, sans unanimisme facile. Le Père Thierry Becker, qui fut Vicaire Général de Pierre Claverie raconte que Pierre Claverie aimait bien inviter des gens à sa table, les gens les plus divers, les gens avec des opinions les plus diverses car il aimait bien entrechoquer sa pensée avec celle des autres.

Si Pierre Claverie a œuvré sans cesse pour mettre en relation les personnes les plus diverses et il s’est lui-même beaucoup investi dans la découverte des autres, dans la rencontre et le dialogue, c’est parce qu’il a fait cette expérience d’être immergé dans un monde différent.                        

C’est lui qui dit : « C’est une expérience que je souhaite à beaucoup. Un jour de se retrouver hors de chez soi. Cela ne veut pas dire nécessairement hors de son pays mais en tout cas hors de son univers familier, de sa bulle et d’être plongé dans un monde totalement différent et dans ce monde-là d’éprouver la condition d’étranger. A ce moment-là, on en vient à regarder différemment les étrangers aussi »

A de nombreuses reprises et notamment lors des retraites qu’il prêcha, Pierre Claverie partage son expérience de la rencontre car il souhaite que, nous aussi, nous puissions vivre de belles rencontres en profondeur.

Pour nous y aider, il nous partage ce qui fait, selon lui, que des rencontres réussissent ou qu’elles ratent.

Les rencontres ratent quand je réduis l’autre, quand je l’écarte ou je l’assimile pour éviter qu’il soit autre et atténuer ainsi la différence. Une certaine suffisance rend impossible toute rencontre, tout respect car une telle attitude tend à assujettir l’autre au lieu de le reconnaitre et de l’accueillir.

Par contre, les rencontres réussissent lorsqu’elles sont empreintes de respect : Quand je laisse l’autre exprimer ses convictions, quand je le laisse être.                                         

C’est Congar qui dit : « Les autres sont aussi des sujets, des centres autonomes et originaux. Or nous tendons toujours en vertu de l’esprit possessif qui nous habite, à nous considérer pratiquement comme étant seuls de tels sujets, et à traiter les autres en objets voués simplement à recevoir les retombées de nos fusées ou à servir de cadre et de décor à la scène que nous jouons ».

La vérité nous la cherchons ! Peut-être ai-je davantage approché la vérité que lui, mais même si j’en suis convaincu parce que j’ai fait des recherches plus poussées, parce que c’est mon domaine, parce que c’est ma spécialité, d’abord j’accepte, même provisoirement, l’idée qu’il puisse aussi avoir des raisons valables de croire ce qu’il croit, de dire ce qu’il dit. Après nous discuterons, avant de dire « je sais » ou « j’en sais plus que vous ».

L’autre a des raisons, à certains égards valables, de voir les choses autrement que moi. Cela revient tout simplement à reconnaître que l’autre a le droit d’être autre, c’est-à-dire lui-même, pas moi.

Cardinal De Kesel lors d’une assemblée du Vicariat du Brabant wallon a beaucoup insisté, lui aussi, sur l’importance de la rencontre dans notre mission.

Il y a disait-il, le noyau de l’Eglise mais il y en a beaucoup qui viennent chez nous pour demander et c’est toujours quelque chose de beau, de très humain de rencontrer quelqu’un. La rencontre est toujours gratuite.

On n’a rien à imposer, on veut simplement accueillir les personnes, simplement les rencontrer, aller à leur rencontre sans arrière-pensées pas par prosélytisme, pas pour en faire des disciples simplement par respect pour la personne qui vient me voir. Nous avons besoin de ce respect. Nous vivons dans une société pluraliste mais il faut toujours respecter l’autre. Malheureux

Pour le pape François l’Eglise ne grandit pas par prosélytisme en essayant de rencontrer l’autre comme des clients possibles. L’Eglise grandit par attraction. L’évangile nous invite toujours à courir le risque de la rencontre avec le visage de l’autre, avec sa présence physique qui interpelle, avec sa souffrance, sa joie. C’est déjà là, dans la qualité humaine de cette rencontre, dans cet intérêt désintéressé que l’évangile s’annonce. Le Seigneur nous précède dans l’autre. A proprement parler notre mission n’est pas d’apporter à l’autre la présence du Christ mais de la lui révéler au plus intime de lui-même. C’est ainsi que Christian de Chergé ne serait jamais devenu moine s’il n’avait pas rencontré un musulman croyant.

Beaucoup d’occasions nous sont données d’être une Eglise à l’écoute de ceux qu’elle rencontre. En pensant à ceux qui viennent très ponctuellement à l’Eglise, le Cardinal De Kesel nous dit ceci : Je vous demande de ne plus jamais dire « A quoi ça sert de toute façon après on ne les voit plus… Ce n’est pas notre affaire, ils sont dans les mains de Dieu. Le sens de notre rencontre ne dépend pas du résultat qu’on peut avoir. Ne le dite plus jamais. Ce que nous pouvons faire, c’est les rencontrer, les accueillir, parler avec eux, écouter pour qu’ils puissent dire ce qu’ils ont sur le cœur. Parfois pour eux, c’est la seule occasion. Chaque rencontre est un moment de grâce.

A Rabat, lors de sa visite au Maroc, le Pape François a également parlé de l’importance de la rencontre désintéressée : « Affirmer que l’Eglise doit entrer en dialogue ne relève pas d’une mode, encore moins d’une stratégie pour accroître le nombre de ses membres. Non ce n’est pas une stratégie. Si l’Eglise doit entrer en dialogue, c’est par fidélité à son Seigneur et maître qui, depuis le commencement, mû par l’amour, a voulu entrer en dialogue comme un ami et nous inviter à participer à son amitié (Vatican II, Dei Verbum) »

Le Seigneur a nous choisis, car il a besoin de nous pour dire son amitié, son amour à tous. Les 19 bienheureux nous indiquent que le chemin de cette participation à la mission du Christ c’est d’entrer de rencontrer l’humanité pour entrer en dialogue avec elle.

  • Les bienheureux martyrs d’Algérie nous enseignent ce qu’est une Eglise hôte.

Dans l’évangile des disciples d’Emmaüs, Jésus se fait inviter par ceux-ci : reste avec nous. Jésus est leur hôte. Cette invitation faite à Jésus de rester me fait penser à cette similaire invitation à rester qu’un musulman, voisin du monastère de Tibhirine, adressa aux moines.

Cette communauté monastique était dans une période de discernement assez difficile, sur la possibilité de quitter ce Monastère et de partir ailleurs, à un endroit où ils ne seraient pas menacés, comme leurs voisins musulmans, par la violence qui sévissait le pays.

“Nous sommes comme les oiseaux sur la branche”, dit un jour Christian de Chergé à ce voisin. Et lui de répondre : “Non, la branche, c’est vous. Si vous partez, nous ne saurons pas où poser nos pattes”.

Cette réflexion montre bien que si les moines choisissaient de partir, les voisins se sentiraient abandonnés. Pour eux, le Monastère était le point de référence de leur stabilité. Ils sentaient que les moines, dans leur vie quotidienne, les accompagnaient et les gardaient. : Ainsi, se savaient-ils protégés.

Christian de Chergé raconte également qu’un jour un autre voisin lui dit :     “ Tu sais, chaque matin, quand je passe pour aller au travail, je regarde le Monastère, et, en voyant la lumière, je me dit: Handul illah!  ( Dieu merci!)  

Il faut dire que peu de temps avant, près de cet endroit, on avait assassiné des travailleurs croates et les moines avaient reçu la” visite” violente dans la nuit de Noël d’un groupe armé et menaçant. Ce qui fait que les voisins se sentaient inquiets, vivant dans la même atmosphère de crainte et de violence.

Depuis l’indépendance de l’Algérie, le 5 juillet 1962, l’Eglise d’Algérie se sait et se vit hôte d’un pays dont les habitants sont presque tous musulmans.                 

Le même mot « hôte » désigne à la fois la personne qui accueille et celle qui est accueilli nous signifiant ainsi qu’il n’y a d’hospitalité que réciproque. Cela signifie que celui qui accueille est, en quelque sorte, accueilli par celui qu’il accueille. L’hospitalité est un acte de confiance qui engage car bien souvent je ne connais pas à l’avance celui que j’accueille et l’accueil ne se limite pas à une appartenance tribale, sociale ou nationale.

L’essentiel de notre mission souligne l’actuel archevêque d’Alger, Mgr Desfarges, est d’être accueilli en accueillant l’autre dans notre cœur et notre vie. Nous sommes sensibles en Algérie à la chaleur de l’accueil. Cependant il me semble que l’Evangile à la suite de Jésus, nous invite, encouragés par nos bienheureux, à vivre l’accueil jusqu’au dessaisissement de soi.

Accueillir l’autre c’est se rendre totalement présent à sa présence. J’accepte qu’il se sente chez lui chez moi, heureux de me sentir chez moi chez lui. L’évangile nous dit d’ailleurs que quand nous accueillons l’autre tout particulièrement le plus petit, le plus fragile, le plus lointain, le plus rejeté, c’est Jésus lui-même que j’accueille et qui dans le même temps m’accueille lui-même.

Être hôte, souligne également Bernard Janicot, c’est être dans une situation particulière et parfois ambigüe en ce sens qu’un hôte on est généralement heureux de l’accueillir, on lui fait une place et on s’arrange pour qu’il ne manque de rien. En plus, dans la culture arabe, être hôte ce n’est pas rien ; un proverbe arabe dit que l’hôte est l’invité mandaté par Dieu. Il est celui qui est envoyé par Dieu pour permettre à la famille qui le reçoit de vivre la générosité, l’ouverture voulue par Dieu.

Toutefois, être hôte, c’est aussi être dans une situation de fragilité, d’instabilité, de provisoire, même si celle-ci peut durer longtemps.

Il faut dire qu’il y a parfois de ces hôtes qui s’imposent un peu et dont on souhaite, sans trop leur faire sentir, qu’ils ne restent pas trop longtemps parce que leur présence peut finir par gêner, par poser des problèmes. La présence d’un hôte, par essence différent de soi, perturbe les habitudes, empêche de vivre « l’entre soi » dans lequel on se sent bien, le petit « train-train » que l’on critique volontiers chez les autres, mais auquel on aspire tous secrètement un peu qu’il s’agisse de nos familles ou de la société.

Un hôte, surtout quand il est présent depuis longtemps, quand il commence à se sentir « de la famille », se mêle parfois des affaires de la maison, met le doigt là où ça fait mal, observe d’un peu trop près de situation qu’on n’a pas nécessairement envie de mettre sur la place publique. De temps à autre, il peut même lui venir l’idée de parler à l’extérieur de ce qu’il sait, de ce qu’il voit, de ce qu’il devine au sein de la famille. Ce qui peut arriver aussi, c’est que des membres de la famille se reconnaissent dans ce que fait, vit et pense l’hôte…Alors les traditions ancestrales peuvent être remise en cause au nom de ce que vit l’hôte. Il peut même survenir des « conversions » à la pensée, à la religion de l’hôte.

C’est alors qu’une fêlure, une fissure se créée au sein de la famille, et alors la tentation peut être alors grande de chercher à reconstruire ce qui apparait comme l’unité perdue même si celle-ci est largement mythique. Ceux de la famille qui ont pris le parti de l’hôte risquent de se trouver en difficulté, marginalisés, voire exclus.

L’Eglise d’Algérie, souligne Bernard Janicot, relève d’un peu tout cela à la fois. Mais finalement, ajoute-t-il aussitôt, n’est-ce pas partout dans le monde que l’Eglise est appelée à être « hôte » d’un peuple, n’est-ce pas une facette, une dimension non exclusive, bien entendu, mais tout de même essentielle, de l’Eglise de Jésus-Christ, et ceci partout où elle se trouve ?

En venant demeurer parmi nous, en venant chez nous, Jésus-Christ s’est fait notre hôte, c’est tout le sens de l’incarnation. Et Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous. Ce qui veut dire aussi que, quelque part, il n’était pas tout à fait chez lui. « Je retourne chez mon Père », dira Jésus à ses disciples peu avant sa mort.

Pendant trente ans, Jésus est devenu l’hôte de celles et ceux qui veulent bien le recevoir, lui et les disciples qui l’accompagnent. Ce petit groupe, comme nous le montre l’évangile, pouvait être bien ou mal accueilli selon les temps et les lieux.

Jésus a voulu se faire notre hôte, habiter parmi nous, être complètement des nôtres, mais sa présence se révéla vite assez gênante. Embarrassante pour les notables juifs, scribes et pharisiens, tant sa vie et ses paroles exprimaient une différence avec la leur. Embarrassante pour le pouvoir des grands prêtres qui se demandaient pour qui, pour quoi se prend-il, ce paysan galiléen qui vient leur faire la leçon ?

En parlant du monde, Jésus dit dans l’évangile de Jean (15, 18-19), que si le monde a de la haine contre nous, il faut savoir qu’il en a eu d’abord pour lui et que si nous appartenions au monde, le monde nous aimerait car nous serions à lui. Mais, ajoute Jésus, vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisi en vous prenant dans le monde ; voilà pourquoi le ponde a de la haine contre vous »

En nous disant cela, il ne s’agit pas pour l’Eglise que nous sommes de tomber dans cet écueil qui consiste à refuser le monde dans lequel Dieu nous appelle à vivre, à exister en considérant ce monde comme foncièrement mauvais. Ce n’est bien évidemment pas cela que Jésus veut dire. Comme le dit si justement Pierre-Marie Delfieux, le fondateur des Fraternités monastiques de Jérusalem, avant d’être fui ou méprisé, ce monde doit être aimé.

Dans cet appel de Jésus à ne pas appartenir au monde, il y a un appel à garder une certaine distance, un certain jugement critique, à ne pas nous laisser assimiler par le monde et ses modes successives, à ne pas nous dissoudre dans les manières de peser des époques successives : « Si le sel s’affadit, avec quoi salera-t-on le monde ? »

Si les chrétiens sont d’abord et avant tout des citoyens engagés dans le monde, ils ne vivent pas dans une bulle différente du reste des hommes. Ils partagent les mêmes soucis, les mêmes épreuves, les mêmes engagements. Mais en même temps, le chrétien dérange s’il reste fidèle à l’Evangile. Il est souvent comme une « épine », dans la mesure même où il est signe d’un monde différent, autre, dans lequel il est préférable d’être un artisan de paix, plutôt que de chercher vengeance, dans lequel une certaine simplicité de vie est préférable à la recherche de la richesse par tous les moyens, où une certaine faiblesse est meilleure que l’emploi de la force, dans lequel il est plus important de capitaliser des relations humaines, et de l’amour, plutôt que de l’argent ou des conquêtes sexuelles…

Pour le chrétien, pour l’Eglise, pourquoi vouloir être importants, être riches et célèbres, alors que l’on se sait être quelqu’un aux yeux de Dieu.

C’est en ce sens seulement que l’Eglise est et sera toujours « hôte » d’un monde dans lequel elle est appelée à vivre pleinement, mais sans jamais y appartenir complètement.

Tout en participant pleinement à la vie de ce monde, à ses interrogations, à ses recherches de sens, à ses émotions, à ses espérances, à ses doutes, l’Eglise n’a-t-elle pas aussi à conserver une certaine « distance critique », un certain « regard » qui lui vient d’un Autre qu’elle-même et qui lui interdit de s’engluer dans les idéologies, les modes de pensées, les recettes à la mode…

Partout, où elle se trouve, l’Eglise se doit d’accueillir chaque peuple dans sa réflexion, dans sa prière. Mais, elle se doit aussi de porter le trésor qu’elle porte en elle, même si parfois elle le conserve mal. C’est vrai que la Parole que l’Eglise porte et qu’elle doit annoncer peut-être dérangeante, peut être refusée, peut mettre l’autre mal à l’aise. Dire des paroles de justice, cela ne plaît pas à tout le monde ; dire des paroles de paix, de pardon, de miséricorde, ce n’est pas toujours si facile, nous le savons bien, dire Jésus-Christ mort et ressuscité au bout d’une vie donnée par amour, cela peut énerver certains, en faire sourire d’autres. Nous sommes dans le monde, nous ne sommes pas du monde. L’Eglise ne sera jamais le monde. L’Eglise vit dans un monde plus vaste qu’elle.

Nous ne sommes pas tout et nous ne devons pas conquérir tout mais dans le monde être signe visible et efficace de l’Amour de Dieu non seulement pour l’Eglise mais pour le monde.

Les bienheureux martyrs d’Algérie encouragent l’Eglise à donner sa vie par amour.

L’Eglise, c’est sa vocation, est servante du don de Dieu à l’humanité. Elle donne la vie en donnant sa vie et dans le don de nos vies. Il faut bien que le monde sache que nous aimons le Père e que le Père l’aime dans et à travers l’amour de ses enfants. C’est la vocation de l’Eglise.

Donner sa vie, par amour, dans le quotidien, est le chemin sur lequel nous sommes entraînés par nos dix-neuf bienheureux. Le Seigneur nous appelle à nous associer au don de son amour pour tous les peuples de la terre. L’Eglise est associée à la mission du Christ qui est de signifier le don de l’Amour de Dieu qui veut rejoindre tous les hommes. Dans le Christ, Dieu est venu, Dieu vient donner sa vie, la partager avec ses créatures. Le disciple par le Christ, avec Lui et en Lui, va à la rencontre de tous entre en dialogue avec tous. « Celui qui vous accueille m’accueille et accueille celui qui m’a envoyé »

A plusieurs reprises, Pierre Claverie s’élève contre la tentation pour l’Eglise d’être seulement une multinationale de la charité, une organisation de bienfaisance qui « fait du bien » mais recule devant le témoignage suprême, qui est de donner sa vie par amour.

« Le martyre au sens originel est le témoignage du plus grand amour.                Ce n’est pas courir à la mort ou chercher la souffrance pour la souffrance ou se créer des souffrances…C’est assumer les difficultés de la vie, assumer les conséquences de ses engagements. »

« Le martyre blanc, c’est ce qu’on essaie de vivre chaque jour, c’est-à-dire ce don de sa vie goutte à goutte dans un regard, une présence un sourire, une attention, un service, un travail, dans toutes ces choses qui font qu’un peu de la vie qui nous habite soit partagée, donnée, livrée. C’est là que la disponibilité et l’abandon tiennent lieu de martyre, d’immolation. Ne pas retenir sa vie. »

Le père Raphaël Deillon, missionnaire d’Afrique, nous partagea lors d’une eucharistie célébrée à la basilique Notre Dame d’Alger un moment fort qu’il vécut avec Mgr Claverie et les autres évêques d’Algérie lors de son ministère en Algérie : 

« Dans un contexte de très grande confusion et de peur provoquée par des assassinats aveugles, une réunion des responsables de congrégations religieuses présentes en Algérie s’est faite à Rome.

C’était un dimanche de janvier 1995. Devant un parterre d’une quarantaine de supérieurs et supérieures religieux, les évêques d’Algérie durent s’expliquer sur « le banc des accusés »… 

J’avais accompagné les évêques jusqu’à Rome pour prendre quelque temps de repos après tant d’émotions et de fatigue puisque nous venions nous-mêmes de nous faire attaquer à Ghardaïa et que nous avions échappé à une mort certaine … J’aime à rappeler le témoignage de la façon dont nos évêques ont pris la défense de l’Église en Algérie et de nos amis algériens car ce témoignage m’a fait honneur et chaud au cœur.

Je vous situe d’abord la scène : nous étions dans cette salle de la maison généralice des Pères Blancs ; une bonne cinquantaine de personnes en tout. L’ambiance était lourde et les questions chargées de beaucoup d’animosité, d’incompréhension et d’amertume après les douloureuses pertes de nos frères et sœurs. Le Supérieur général des Pères Blancs s’est levé et avec un ton solennel a demandé aux évêques de bien vouloir exprimer leur « Credo ».

Les évêques se sont concertés et ont désigné amicalement le plus jeune d’entre eux : Mgr Claverie. En regardant ses auditeurs dans les yeux, voici ce qu’il a dit :  

« L’Église n’est pas une organisation internationale, ni une multinationale qui s’implante quelque part et qui retire son personnel quand ça ne va plus. C’est le lieu d’une Alliance passée entre le Dieu de Jésus-Christ et une humanité particulière. Les Chrétiens qui sont là, sont présents pour entrer dans cette Alliance. Quoi qu’ils fassent, ils sont là pour cette Alliance d’Amour avec cette humanité particulière. En entrant dans cette Alliance, chaque personne sait qu’elle devra y rester fidèle pour le meilleur et pour le pire. Quand on nous dit: « L’Algérie ne veut pas de vous ! », ce n’est pas vrai ! Il y a, certes, des Algériens qui ne veulent pas de nous. Mais tous les autres, les 4000 qui pleuraient à Tizi-Ouzou leurs quatre Pères Blancs assassinés, les amis qui pleuraient à l’aéroport d’Oran le départ des Sœurs… Et tous les boiteux, les bossus, les aveugles, venus voir les Pères à Ghardaïa après qu’ils aient été attaqués ! Jésus s’est placé sur des lieux de fracture, là où c’était cassé, où il y avait une tension et il en est mort !

Si nous, Chrétiens, ne sommes pas présents sur ces lieux de fracture, eh ! bien, on n’est plus chrétiens. Fracture entre le Nord et le Sud, fracture entre les riches et les pauvres… Ce ne sont pas uniquement des vérités à chanter dans la liturgie, il faut les vivre !

L’Algérie aujourd’hui est brisée en deux. Pour nos 8 religieux tués (Il y en aura 11 de plus un an après et Mgr Claverie sera le 19e chrétien assassiné avec son chauffeur le 1er août 1996), il y a des dizaines de milliers de pères de famille, de jeunes, garçons et filles algériens qui sont morts, et nous, nous allons partir et rompre cette Alliance ?! On n’a plus rien à donner, mais il y a encore nos vies ! » 

Le Supérieur des Pères Blancs, s’est levé, a fait une sorte de révérence qui voulait dire: cette fois je comprends et je  sympathise. La salle tout entière, restée muette pendant le « Credo » de Pierre Claverie, a senti passer un souffle d’amitié et de solidarité fraternelle qui a gagné tous les cœurs. L’ambiance tout à coup s’est détendue. On comprenait. On était d’accord, on applaudissait.

Et moi, j’étais fier d’appartenir à cette Église qui acceptait de continuer la Mission qu’elle avait reçue de Dieu et de la continuer coûte que coûte.

Et j’étais fier de nos évêques ! 

Plus tard, ajouta le Père Raphaël, Mgr Claverie déclarera dans une interview : « Notre départ comme Église ne résoudrait aucun problème. Au contraire, il signifierait que nous acceptons le fait qu’il est impossible de s’entendre entre croyants de différentes confessions alors qu’il y a de magnifiques témoignages qui prouvent que c’est possible ».

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15, 13)

Chers paroissiens et amis de la Paroisse Saint-Etienne,

Me voici depuis hier au foyer de Charité de Spa pour animer une retraite intitulée « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15, 13) – découvrir ce que veut dire « donner sa vie »  par l’exemple des bienheureux martyrs d’Algérie.

La période de confinement nous a permis de garder contact grâce au beau travail de toute une équipe et à votre réceptivité. C’est dans cet esprit que je vous pourrez trouver sur le site internet de notre paroisse les différents enseignements de cette retraite :

Mardi 14 juillet : Introduction-le lavement des pieds

Mercredi 15 juillet : L’Eglise

Jeudi 16 juillet : La prière

Vendredi 17 juillet : L’Eucharistie

Samedi 18 juillet : La Croix

Dimanche 19 juillet : Marie

Je confie cette retraite à votre prière et vous assure de la mienne pour chacun de vous,

Alain, votre curé

Mardi 14 juillet : Introduction – le lavement des pieds.

le fichier audio est disponible ici

Introduction à la retraite

Bienvenue à tous pour notre retraite, une retraite que nous allons vivre en communion avec les 19 bienheureux martyrs d’Algérie.

Pourquoi ai-je à cœur de faire appel aux bienheureux martyrs d’Algérie pour vivre avec nous cette retraite ?

Parce que je crois profondément qu’ils vont nous aider à approfondir ce à quoi notre Eglise est appelée.

Au moment de l’indépendance de l’Algérie en 1962, l’Eglise d’Algérie connu un profond bouleversement, une période de dénuement complet. Suite à l’exode tragique des pieds-noirs (C’est ainsi qu’on désigne les Français originaires d’Algérie) pratiquement tous les fidèles sont partis en France. L’intuition du l’archevêque d’Alger Mgr Duval était que l’Eglise devait rester en Algérie et qu’elle devait devenir une Eglise pour les Algériens. Beaucoup des congrégations qui étaient présentes en Algérie se sont vues privées de leur œuvre d’éducation, de santé, et ont donc dû réinventer une manière d’être présent dans la population algérienne.

Toujours au cours de notre retraite, les bienheureux martyrs d’Algérie vont nous aider et nous encourager à prier en nous partageant ce qu’est pour eux la prière et comment ils prient. Ils vont également nous partager leur grand amour de l’Eucharistie et nous éveiller à ce à quoi l’eucharistie nous engage nous aidant ainsi à faire le lien entre l’eucharistie et notre vie de tous les jours. Grâce aux bienheureux martyrs d’Algérie, nous approfondirons également ce que saint Paul appelle le langage de la Croix. Enfin, nous apprendrons également des bienheureux martyrs d’Algérie comment accueillir le don que Jésus nous fait de Marie pour qu’elle soit aussi notre mère.

Cela dit, vivre notre retraite en communion avec les bienheureux martyrs d’Algérie, ce n’est pas seulement parler d’eux et nous inspirer d’eux, même si c’est déjà très bien, mais c’est aussi nous adresser à eux, comme je vous parle en ce moment, dans la foi qu’ils sont vivants auprès de Dieu et que parce qu’ils sont vivants nous pouvons leur demander de prier pour nous afin qu’ils nous aident à faire Eglise, à prier, à redécouvrir l’eucharistie, à parler le langage de la croix et à accueillir Marie chez nous.

Notre retraite ayant pour titre « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime », nous allons approfondir ce que signifie concrètement « donner sa vie » à la lumière de la manière dont les bienheureux martyrs d’Algérie ont donné leurs vies.

Mais pour pouvoir donner, il faut d’abord recevoir. Voilà pourquoi nous commençons notre retraite avec un évangile qui évoque l’importance de recevoir avant de donner.

Lecture de Jn 13, 1-20

Cet évangile nous enseigne que seul celui qui se laisse laver les pieds, peut à son tour, laver les pieds des autres ou plus exactement peut entrer dans la réciprocité de l’amour. Il apprend constamment du Christ cette manière d’aimer. Laver les pieds est un geste que l’on reçoit d’autres et que l’on peut faire à son tour. Il faut l’avoir reçu pour pouvoir entrer dans le don. « Si je ne te lave pas les pieds, tu ne peux avoir part avec moi ! »

Même Jésus l’a reçu ! Rappelons-nous qu’au moment d’entrer dans sa passion, à Béthanie, Jésus reçoit ce geste d’une femme. L’évangile de Jean au chapitre 12, 1-11 nous rapporte en effet que lors d’un repas à Béthanie et où était présent Lazare que Jésus avait ressuscité d’entre les morts, Marie, prenant une livre d’un parfum de nard pur, de grand prix, oignit les pieds de Jésus et les essuya avec ses cheveux ; et la maison s’emplit de la senteur du parfum.           Jésus ne se dérobe pas à l’amour. Ce geste reçu ouvre la passion et le don de sa vie. Jésus reprend en compte ce geste au cours du dernier repas. Il laisse ce geste en testament à ses apôtres. C’est ainsi que l’eucharistie nous rappelle que seul l’amour reçu donne naissance au véritable don de soi.

Les bienheureux martyrs d’Algérie, avec qui nous allons vivre cette retraite, ont tous reçu la vie pour pouvoir la donner. C’est cette vie reçue qui a rendu possible leurs vies données.

Pour ne donner qu’un exemple, il faut savoir que ce qui a conduit un des 19 bienheureux, Christian de Chergé, à donner sa vie pour Dieu et pour l’Algérie, c’est le don d’une vie qui lui a été offerte et qui l’a protégée de la mort : celle de Mohamed, un musulman.

Dans le sang de cet ami, j’ai su que mon appel à suivre le Christ devrait trouver à se vivre, dans le pays même où m’avait été donné le gage de l’amour le plus grand.

Ecoutons Christian nous raconter lui-même le récit de cette vie donnée pour lui (Fadila Semaï : l’ami parti devant p. 164)

C’est donc pour avoir protégé Christian que Mohammed meurt assassiné. Christian en est profondément bouleversé. Il reçoit le geste de Mohammed comme « le gage de l’amour le plus grand » qui lui ait été donné. Il y reconnaît l’Evangile : « Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15, 13)

Christian reconnait dans le geste de Mohammed le geste même du Christ donnant sa vie pour nous. Mais au-delà de l’émotion suscitée par cette vie donnée pour lui, Christian se laissera transformer par ce geste et il le laissera résonner en lui, jusqu’à la fin de sa vie.

Il y reçoit un appel personnel, une vocation nouvelle. C’est ainsi qu’alors que la vie de Christian était déjà intimement engagée, depuis longtemps, vers une vie consacrée comme prêtre diocésain, voilà que, dans le don que Mohammed a fait de sa vie par amour pour lui, s’éveille sa vocation monastique en terre d’Algérie. Nous pouvons donc dire que Christian reçoit sa vocation de moine chrétien en Algérie par un musulman !

Sa vie entière, Christian reviendra à ce geste d’amour fondateur de sa vocation.  Par ce geste, il entrera aussi dans une compréhension nouvelle de l’eucharistie. Il comprend que l’eucharistie est non seulement « pour vous » mais « pour vous et pour la multitude ».

En accueillant le don que Mohammed a fait de sa vie, par amitié, en y reconnaissant le geste même du Christ, Christian à son tour, donnera sa vie.
Tel est le mystère du don, vie reçue et vie donnée, « admirable échange » que l’eucharistie ne cesse de rendre présent à chaque célébration.

Si tout le monde n’a pas expérimenté d’avoir eu la vie sauve par le don de la vie d’un autre, chacun expérimente un amour premier, un amour reçu, là où il n’a pas peiné, là où il n’a rien mérité. Chacun fait l’expérience d’être aimé. Cet amour reçu peut prendre des formes diverses.

A travers cet amour que chacun reçoit, il peut reconnaître l’amour même de Dieu.

La démarche que je nous propose ce soir, au moment où nous entamons cette retraite c’est de faire mémoire de l’amour que nous avons reçu depuis notre naissance jusqu’à ce jour, laisser résonner en nous des gestes d’amour que nous avons reçus et qui ont transformés, qui ont été fondateurs, importants dans notre vie. En relisant et en méditant notre propre histoire, voyons par quels chemins l’appel de Dieu a pris forme pour nous, par quelles personnes et quels événements le Seigneur nous a parlé et nous parle aujourd’hui.    Les personnes rencontrées sont en effet souvent des messagers et certains événements des messages. Faisons donc mémoire de notre histoire.

La vie, nous l’avons reçue de Dieu. Ce don de Dieu nous a été transmis par nos parents. La vie divine, nous l’avons aussi reçue de Dieu, elle nous a été donnée par le sacrement du baptême. Cette vie est un don à accueillir chaque jour. Il y a des jours où il est plus difficile de l’accueillir. Il peut arriver aussi que pendant des jours, des mois, voire des années, nous ayons mis de côté l’un ou l’autre dons reçus de Dieu et que suite à telle ou telle circonstance nous les retrouvons, nous les réaccueillons.

Ce soir, au début de cette retraite, je nous invite (je dis « nous » car je vis cette retraite comme vous et avec vous), je nous invite à une prière d’action de grâce pour la vie reçue, pour la vie divine reçue le jour de notre baptême, pour tous les gestes d’amour que nous avons reçus depuis notre naissance.  Si chacune et chacun des bienheureux martyrs a pu donner sa vie c’est parce qu’ils l’ont tout d’abord reçue et qu’ils accueillaient ce don jour après jour.

Au cours de cette retraite, stimulés par les bienheureux martyrs d’Algérie, nous allons accueillir ces dons de Dieu que sont l’Eglise, la prière, l’Eucharistie, la Croix et la Vierge Marie par lesquels, Il nous donne sa Vie.

Parmi ces dons de Dieu peut-être en avons-nous mis certains de côté pour diverses raisons, des raisons qui peuvent être bien compréhensible, s’expliquer pour l’une ou l’autre raison.

Cette retraite pourra être l’occasion de les réaccueillir ou de mieux les accueillir. Nous allons voir comment les bienheureux martyrs d’Algérie ont eux-mêmes accueillis ces dons et comment, forts de ces dons reçus, ils ont donné leurs vies jour après jour.

Pour bien entrer dans cette retraite, pour l’accueillir comme un don de Dieu pour chacune et chacun de nous, accueillons ce conseil que donnait un des 19 martyrs d’Algérie, Pierre Claverie, à chaque fois qu’il prêchait une retraite :

Pour moi, une retraite, nous dit-il, ce n’est pas d’abord un temps de crispation qui consisterait à revenir sur soi pour examiner ce qui ne marche pas, puis prendre des résolutions. Cela ne marche jamais. Ce n’est pas la peine d’essayer !

Je crois que le plus important est, au contraire, de se décrisper, de ne pas trop chercher à revenir sur soi, parce que c’est en se décrispant et donc en s’assouplissant intérieurement, que nous avons le plus de chance de laisser Dieu faire.

Personnellement, je vous conseillerais plutôt de décrocher l’espace de quelques jours et de ne plus chercher à faire face, à calculer, à composer, à changer vos comportements. Vous n’avez rien à craindre de personne, pas même de Dieu et si votre cœur vous condamne, Dieu est plus grand que votre cœur.   Détendez-vous, dormez, promenez-vous sans penser à rien. C’est alors que quelque chose pourra changer au cœur et pas seulement dans les actes, les gestes, les comportements. Si nous nous disposons à laisser Dieu faire… Il agira à sa manière.

On ne change pas à coup de volonté. Je ne dis pas que la volonté est inutile, on peut changer mais extérieurement. Or, c’est le cœur qui doit changer, ou du moins, cela doit changer au cœur. Je ne dis pas qu’on y arrivera.

Pour moi, c’est un chemin que j’aime prendre, alors je vous invite à le prendre avec moi, au moins pour six jours. Après, vous ferez ce que vous voudrez !

Se décrispez, laisser Dieu faire, parce que nous portons en nous-mêmes des trésors intérieurs, des trésors cachés, et que nous leur donnons peu de chances d’émerger à la surface. Dans nos relations mutuelles, il est difficile d’exprimer ce que nous portons au fond de nous-mêmes. Nous ne nous faisons pas assez confiance ou nous nous connaissons trop. En tout cas, cela reste souvent enfoui, et nous n’avons pas conscience que cela existe.

Ce qui me paraît important de trouver, de laisser émerger est ce que saint Augustin appelle « l’habit intérieur du cœur », et pour cela il nous faut nous décrisper, aller à l’intérieur, et si nous y trouvons ce trésor, nous pouvons comme dit saint Augustin, aimer et faire ce que nous voulons. Il n’y a plus de crispation, cela devient naturel, le surnaturel devient naturel, comme dit Péguy.

Nouveau protocole à partir du 1er juillet

L’arrêté ministériel réglant le culte public à partir du 1er juillet vient de paraitre.

Voici ce qu’il en est pour notre église :

  • Pour toutes les célébrations, on peut réunir un maximum de 200 personnes du 1er au 31 juillet 2020 et un maximum de 400 personnes à partir du 1er août.
  • Vous pouvez donc accueillir autant de personnes qu’il est possible pourvu qu’il y ait la distance requise de 1m50 entre les personnes et les bulles de personnes vivant sous le même toit (qui ne sont pas tenues à garder entre elles cette règle de distanciation sociale).
  • Toutes les autres règles restent d’application.

Concrètement nous demandons donc aux couples et familles de se placer dans les nefs latérales (le long des confessionnaux) ou dans les transepts.  Dans tous les cas veuillez, svp, ne pas vous asseoir sur les chaises avec un autocollant.

En cliquant sur le lien ci-dessous vous retrouverez l’entièreté du protocole.

Lettre pastorale des Évêques de Belgique

« Une espérance à offrir »

Les semaines que nous venons de vivre ont été historiques. A beaucoup d’égards, elles furent aussi éprouvantes. Bien des personnes, des familles et des communautés ont été durement atteintes, que ce soit par le deuil, la maladie, la perte d’un emploi, l’isolement. Nous pensons d’abord à elles, et tenons à leur exprimer toute notre compassion.

Ce temps de confinement nous a aussi permis à tous d’observer de nombreux gestes de solidarité. Tant de gens ont donné de leur temps, de leurs talents. De voisins ou de parfaits inconnus, ils se sont fait le prochain. Nous croyons que Dieu n’a pas été absent : malgré les moments d’obscurité, nous avons pu percevoir sa proximité et sa Pâque plus forte que les ténèbres. Nous rendons grâce pour ces nombreux signes de l’Esprit à l’œuvre.

Pour les chrétiens, l’impossibilité de vivre les sacrements et de se retrouver en communauté a constitué une véritable épreuve. Être éloignés de nos frères et sœurs nous a coûté. Nous tenons à vous remercier très vivement d’avoir pris soin de respecter les lourdes règles qui nous étaient imposées. C’est avec prudence, mais avec une joie profonde, que nous pouvons, depuis quelques semaines, goûter à nouveau à la communion communautaire « en présentiel ».

Loin de nous immobiliser, ce temps de confinement nous a aussi permis de faire preuve d’une créativité nouvelle. Dans tant de paroisses, d’unités pastorales, de communautés, des baptisés se sont levés, se sont mis ensemble, ont pris des initiatives. Parfois de façon très humble, dans l’urgence, vous avez inventé de nouvelles manières de faire Eglise. Nous avons été touchés par ces gestes de sollicitude, ces services concrets, cette inventivité pastorale. Sans doute avons-nous aussi découvert – ou redécouvert – certaines dimensions que la routine risque parfois de nous faire oublier : l’écoute des autres et de la Parole, la prière personnelle ou familiale, l’importance d’un rythme de vie apaisé pour la réflexion, la relecture, le dialogue. Parallèlement, nous avons ressenti en creux combien nous étaient essentielles la rencontre, l’affection, l’entraide, la communion entre nous et avec Dieu. Nous vous encourageons à demeurer en éveil, à ne pas cesser de rester créatifs. Ensemble, continuons à rendre nos communautés plus belles parce que plus fraternelles, plus sensibles aux blessures de chacun et aux soifs de ce monde. Continuons de soigner nos célébrations pour qu’elles soient sources d’intériorité et d’engagement.

Voilà que demain pointe déjà le jour. Le monde d’après sera-t-il différent du monde d’hier ? Là où il se trouve, chacun a en tout cas le pouvoir de le rendre meilleur. L’épreuve nous a d’ailleurs permis d’identifier quelques défis majeurs pour notre temps. Comment apporter notre soutien aux victimes d’une crise sociale dont nous commençons seulement à percevoir les effets ? En particulier, comment accompagner les jeunes et nous montrer solidaires des personnes âgées, si souvent frappées par la solitude ? Comment offrir une place à ceux que notre société tend à laisser de côté ou aux portes de nos frontières ? Comment donner considération et dignité à ceux qui travaillent au service de tous, trop souvent dans la précarité ? Comment chercher du sens et cultiver l’espérance face aux incertitudes ? Comment accueillir et respecter la vulnérabilité de nos vies ? Comment nous engager face à l’immensité des défis écologiques, sociaux, économiques ?

Sur aucune de ces questions, nous n’avons de formule magique. Mais nous pouvons puiser dans notre foi et nos partages communautaires des ressources pour discerner, et pour agir aux côtés des autres individus et groupes de notre société. Nous invitons les communautés chrétiennes à s’engager, d’un même élan, dans le cœur de Dieu et au cœur du monde. Nous y sommes envoyés par le Christ, par notre baptême. Confronté à cette pandémie, ce monde, capable de grande générosité, est aussi en proie au doute. Offrons-lui notre solidarité, notre espérance et la joie de l’Evangile.

Que cet été soit un temps propice pour nous reposer et nous connecter à l’essentiel. Qu’il nous offre aussi l’occasion de rechercher activement le désir que Dieu a pour chacun de nous, pour Son Eglise et pour notre monde.

En profonde communion avec vous,

Vos Evêques

25 juin 2020

Une espérance à offrir

Aujourd’hui, quel sens pouvons-nous donner à l’adoration eucharistique ?

 Reconnaissons que l’attitude d’adoration est fondamentale pour un croyant : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu ». Et parce que nous avons un corps, cette adoration s’exprime non seulement à travers la pensée, mais également à travers des gestes.                 
   L’acte d’adoration par excellence est la messe elle même, la célébration eucharistique dans son ensemble : elle nous permet de nous unir à l’action de grâce du Christ qui s’offre à son Père pour le salut du monde, et de nous offrir avec Lui avec la force de l’Esprit Saint.                                                                
Ainsi, l’adoration eucharistique, qu’elle soit solennelle ou silencieuse, collective ou individuelle, est relative et n’a de sens que si elle renvoie à la messe : elle vise à prolonger en nous la démarche eucharistique.
L’hostie nous invite à un double mouvement : à la fois rejoindre et adorer le Christ Ressuscité, glorieux près du Père, mais aussi rejoindre l’ensemble de l’humanité pour laquelle le Christ s’est offert.
L’adoration eucharistique, même dans la solitude d’une chapelle, ne peut pas se limiter à un acte individuel : par le pain eucharistique, je rejoins le corps tout entier de mes frères humains, pour lequel le Christ est mort.

L’adoration eucharistique ne doit pas nous faire oublier les autres formes de présence du Christ : à travers sa Parole « celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le » ; dans la vie quotidienne « quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » ; au cœur de chaque être humain
« ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites ». Mais comme nous le rappelle le concile Vatican II, l’Eucharistie est « source et sommet de toute vie chrétienne ».

P. Jacques Midy,
Prêtre à l’Île-Saint-Denis

L’adoration eucharistique hebdomadaire fait partie des temps de prière proposés aux paroissiens de de Saint-Étienne depuis six ans. La pandémie survenue en mars de cette année ne nous a plus permis de la maintenir dans notre église fermée…

Nous souhaitons vivement réintégrer cette halte de prière à la fois personnelle et ouverte à nos frères humains dans le sens du texte ci-dessus.

Afin de bien préparer sa reprise et d’offrir ce moment de rencontre avec le Christ aux paroissiens qui ont découvert ou approfondi une dimension priante de leur vie durant le confinement, nous proposons un temps de réflexion et de partage le vendredi 3 juillet à 15h00 à la Closière : y prendre part ne nous engage pas nécessairement à nous (ré)inscrire, mais à amorcer une réflexion sur cette dimension importante de notre vie de croyant.

Alain de Maere, sœur Renée et les fidèles priants du mercredi.

Petit écho sur le confinement 

 Dernièrement, Charlotte et moi avons été interrogé sur RCF (Radio Chrétienne Francophone) sur la façon dont notre paroisse a vécu le confinement.
Pour ceux qui souhaiteraient écouter l’émission, voici le lien.

Bon dimanche à tous !
Alain, votre curé.

Visite de la ville la plus laide du monde!

Chers paroissiens,

Ces vacances nous permettent de mieux connaître notre pays. 

Saviez-vous que c’est en Belgique que se trouve la ville la plus laide du monde ?

Il ne s’agit pas d’Ophain, de Bois-Seigneur- Isaac ni de Lillois encore moins du centre de Braine-l’Alleud mais de …

Charleroi,

du moins si l’on en croit un journal néerlandais qui l’a élue ainsi en 2008.

Notre guide local, vous l’aurez compris, mettra tout en œuvre pour nous prouver le contraire !

Cette visite hors du commun est ouverte à tous les habitants de l’unité pastorale de Braine-l’Alleud et aura lieu

le mercredi 8 juillet 2020.

Renseignements pratiques :

  • Départ de Braine-l’Alleud (rue du serment, devant l’ancien lycée)

Rendez-vous avec votre masque à 9h30 pour prendre le car à 9h45.

Notre guide nous attend sur place avec un café et une couque. Prévoir des chaussures confortables. Un lunch froid est prévu à midi.

  • Retour à Braine-l’Alleud vers 17h30
  • Inscription : Merci de vous inscrire au secrétariat de Saint-Etienne au plus vite.  Attention, il n’y a que 30 places !
  • Participation aux frais : 40€ par personne à verser sur le compte BE34 0010 1309 6490 avec la mention visite de Charleroi.

En vous souhaitant ainsi qu’à vos communautés une belle reprise des célébrations dominicales.

Bien cordialement,

Alain, votre curé.

Mais qui est Sansa ?

Chers paroissiens et amis de la paroisse,

J’espère que vous vous portez bien. Nous sommes très heureux d’avoir pu reprendre les célébrations de la messe. Avec cette reprise, nous n’aurons plus de temps de prière « audio » (encore grand merci à l’équipe !) mais dès la semaine prochaine l’homélie sera disponible sur le site internet de notre paroisse.

Nous veillerons bien sûr à envoyer des mails pour entretenir « le lien » et transmettre les diverses informations et initiatives.

C’est ainsi qu’aujourd’hui nous vous invitons à faire ci-dessous la connaissance de Sansa.

Bon dimanche à tous !

Alain, votre curé

Bonjour,

je m’appelle Sansa et je suis une chienne Labrador noire née le 01 août 2019 dans un élevage aux Pays-Bas. Dans notre belle famille, mon frère et moi avons été sélectionnés pour nos qualités (hummm!!!) afin de devenir chiens-guides pour personnes déficientes visuelles.

Je suis en accueil dans une famille de Braine-l’Alleud. Cette famille a pour rôle de me sociabiliser (comme si je ne l’étais pas, sociable !) en me faisant participer à toutes leurs activités : faire du shopping, aller promener, faire des courses, conduire les enfants à l’école, et même aller à l’église ! Ceci pour que la personne déficiente visuelle que j’aiderai plus tard, puisse avoir une vie sociale « normale ».

Dans les magasins, je suis reçue avec gentillesse lorsque je porte mon dossard rouge « en formation ».  Je participe à la vie de la famille, les enfants m’adorent et c’est réciproque. Mais l’achat et la formation ainsi que les frais de nourriture et de soins ne sont pas négligeables. C’est pour participer à ces frais que je fais appel à vous : il y a au fond de l’église un fût en plastique rouge qui est gourmand de tous les bouchons en plastique. La revente du contenu de ce fût permet une participation aux dépenses que j’occasionne (la famille d’accueil et la ou le bénéficiaire par la suite  ne supportent aucun frais lors de mon séjour chez eux, tout est pris en charge par l’association). Alors, soyez généreux, ne jetez plus les bouchons en plastique et déposez les dans le fût , Patrick ne demande pas mieux que de me dire que le fût est rempli !

Une grande léchouille de ma part pour vous remercier,

Sansa, chez Sylvie et Guido

pour toute autre info, vous pouvez aller sur le site des Amis des Aveugles à Ghlin : www.amisdesaveugles.org

Temps de prière de la fête du Saint-Sacrement

Bien chers paroissiens et amis de la paroisse,

Comme vous le savez, depuis lundi dernier, les célébrations religieuses dans notre pays sont à nouveau possibles moyennant certaines dispositions.

Un très chaleureux MERCI à toute l’équipe qui a fait en sorte que nous restions reliés au Seigneur et les uns aux autres pendant la période du confinement.

En ce premier dimanche de « reprise », c’est la fête du Corps et du Sang du Christ que nous célébrons. C’est très une très belle coïncidence car, comme le dit Saint Paul, notre communion au même pain, au même corps du Christ fait de nous un seul corps : le Corps du Christ. Voilà pourquoi nous pouvons dire : Nous sommes le Corps du Christ.

Cette conviction me fait penser à certaines représentations du Christ, comme celle que nous pouvons voir ci-dessus. Elle a quelque chose de très particulier. Nous remarquons en effet que le Christ est représenté sans bras. Cela n’est pas dû ici à une dégradation ni à un acte de vandalisme mais c’est volontairement que l’artiste a représenté le Christ sans bras.

Mais pourquoi représenter Jésus sans bras ?

L’artiste l’a fait volontairement pour nous dire, à nous chrétiens qui regardons Jésus, que Jésus attend de nous que nous soyons ses bras, que Jésus vers lequel nous nous tournons à chacune de nos messes et lorsque nous prions, n’attend qu’une chose de nous : que nous soyons ses bras dans le monde dans lequel nous vivons.

C’est exactement ce que Saint Paul nous dit lorsqu’il affirme que nous sommes le corps du Christ. Notre communion au corps du Christ fait de nous les bras, les mains, les pieds, l’esprit et le cœur du Christ au service de toute personne marginalisée, abandonnée, sans foi, sans espérance et sans amour.

Quant à Jésus, il nous dit lui-même dans l’évangile que le pain qu’il nous donne n’est pas un don extérieur à lui mais que dans le don qu’il nous fait du pain de vie c’est le don de sa propre personne qu’il nous fait et que ce don est fait pour la vie du monde. Nous avons bien entendu pour la vie…du monde.

C’est dire que ce don que Jésus me fait de lui-même, de son amour, de sa vie n’est pas un don uniquement destiné pour ma propre vie. C’est un don qui m’est fait pour la vie du monde. Autrement dit c’est un don qui m’est fait au bénéfice de tous.

Bonne fête du Corps et du Sang du Christ à tous !

Alain de Maere, votre curé.

Homélie

Lors d’une rencontre avec un couple qui se prépare au mariage, au cours de laquelle nous avions partagé sur des extraits de la Parole de Dieu, le futur époux, Kevin, me dit ceci :

La Parole de Dieu me montre ce que je vis au quotidien.

En écoutant la Parole de Dieu de ce dimanche, je me suis dit que Kevin a 1000 fois raison. En effet, lorsque dans la première lecture, Moïse nous dit : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite… », je pense à cette longue marche du confinement qui, comme le peuple de Dieu dans sa marche au désert, nous a éprouvé, à des degrés divers, nous a amené à savoir ce que nous avons dans le cœur, nous a interrogé sur la manière dont nous allions vivre notre fidélité au Seigneur et à ceux qui nous sont confiés : « Allais-tu garder ses commandements, oui ou non ? »

Comme le peuple dans sa traversée du désert, nous sommes passés par une pauvreté, nous avons, et certains beaucoup plus que d’autres, ressenti la faim. La faim, pour beaucoup, de nourriture. Beaucoup sont venus pour cela sonner à la cure mais aussi la faim de contacts humains, la faim de liens familiaux, de liens amicaux, de liens sociaux.

Cette traversée a permis à beaucoup de s’ouvrir davantage aux dons de Dieu que ce soit le don de la création, le don d’une conversation avec une personne jusque là inconnue ou d’une conversation approfondie avec une personne de notre entourage, le don de la prière et de la Parole de Dieu. « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur »

Aujourd’hui, grâce au baptême d’Aklesso, nous comprenons mieux la signification de cette parole que Moïse nous adresse aujourd’hui, toujours dans la première lecture :

« C’est le Seigneur ton Dieu qui, pour toi, a fait jaillir l’eau de la roche la plus dure »

Cette eau que le Seigneur notre Dieu fait jaillir pour nous et aujourd’hui plus particulièrement pour Aklesso se trouve au milieu de nous. Cette eau que tu recevras Aklesso comme signe de l’Amour de Dieu pour toi est appelée à jaillir, à déborder de toi car cette Parole que Dieu t’adresse « Tu es mon fils bien-aimé en toi j’ai mis tout mon amour » n’est pas seulement pour toi, n’est pas seulement pour nous chrétien mais pour tout le monde. A toi, d’être signe de cet Amour débordant de Dieu pour tous !

Dans la deuxième lecture, Saint Paul attire notre attention sur le fait que notre communion au même pain, au même corps du Christ fait de nous un seul corps. Comme le dit si bien Saint Augustin, en communiant, nous sommes appelés à devenir ce que nous recevons le Corps du Christ. Nous sommes le Corps du Christ.

Cette conviction de Saint Paul reprise par Saint Augustin me fait penser à certaines représentations du Christ, comme celle que nous voyons en ce moment. Elle a quelque chose de très particulier. Nous remarquons que le Christ est représenté sans bras. Cela n’est pas dû ici à une dégradation ni à un acte de vandalisme mais c’est volontairement que l’artiste a représenté le Christ sans bras.

Une telle représentation de Jésus sans bras n’est pas rare. Il y a beaucoup de représentation de Jésus où l’artiste, volontairement, n’a pas mis de bras au Christ.

Mais pourquoi représenter Jésus sans bras ?

L’artiste l’a fait volontairement pour nous dire, à nous chrétiens qui regardons Jésus, que Jésus attend de nous que nous soyons ses bras, que Jésus vers lequel nous nous tournons à chacune de nos messes et lorsque nous prions, n’attend qu’une chose de nous : que nous soyons ses bras dans le monde dans lequel nous vivons.

C’est exactement ce que Saint Paul nous dit lorsqu’il affirme que nous sommes le corps du Christ. Il veut dire que notre communion au corps du Christ fait de nous les bras, les mains, les pieds, l’esprit et le cœur du Christ au service de toute personne marginalisée, abandonnée, sans foi, sans espérance et sans amour.

Quant à Jésus, il nous dit lui-même dans l’évangile que le pain qu’il nous donne n’est pas un don extérieur à lui mais que dans le don qu’il nous fait du pain de vie c’est le don de sa propre personne qu’il nous fait et que ce don est fait pour la vie du monde. Nous avons bien entendu pour la vie…du monde. C’est dire que ce don que Jésus me fait de lui-même, de son amour, de sa vie n’est pas un non uniquement destiné pour ma propre vie. C’est un don qui m’est fait pour la vie du monde. Autrement dit c’est un don qui m’est fait au bénéfice de tous.

Je conclus par ce magnifique extrait du sermon, comme on disait à l’époque, que prononça le bienheureux Christian de Chergé lorsqu’il célébra sa première messe à Saint-Philippe du Roule, la paroisse familiale.

Demandons au Seigneur, d’être plus dociles, plus limpides, pour que ce Pain dont le monde a faim ne soit pas sollicité en vain ; que dans le fracas, la dispersion et l’isolement de ce siècle, nous sachions, prêtres et laïcs, entendre, chacun à notre place, l’appel de ceux que nous côtoyons.

Au moment où nous sommes peut-être tentés de désespérer, il se trouvera quelqu’un pour saisir en notre vie un reflet de cet Amour divin dont Dieu nous aime et pour chercher à en vivre avec nous.

Protocole pour la reprise des messes à Saint-Etienne

Déroulement de la célébration

Le lecteur fera la lecture avec son propre missel

Pas de chorale, le chantre doit se mettre à 5 mètres de l’assemblée.

Pas de collecte, mais des paniers seront prévus aux entrées de l’église, afin d’éviter les “bouchons”, préparer votre don avant de quitter votre place.

On ne se serre pas la main et on ne s’embrasse pas pour se donner la paix du Christ ni pour se saluer.

Entrée uniquement par l’entrée principale

1° Mettre un masque sur le visage (nez et bouche couverts) est vivement recommandé.

2° Nettoyer ses mains au gel. (une équipe d’accueil sera là pour en donner et pour vous guider.)

Placement dans l’église

1° Pour tout le monde, entrée par l’allée centrale.

2° Choisir sa rangée.

3° Aller tout au bout de la rangée et s’asseoir sur une chaise autorisée.

Couples

Le transept droit vous est réservé ainsi qu’aux familles.

Famille avec enfants-ados

Rester groupés dans les chaises prévues dans le transept gauche. (côté Vierge)

Communion:

  • Le prêtre se désinfectera les mains avant de donner la communion.
  • Par l’allée centrale, le premier rang s’avance puis les autres rangs au fur et à mesure, suivre les consignes du service d’ordre.
  • retour de la communion en suivant les flèches
  • après la communion de ceux qui sont dans la nef centrale, communion de ceux des transepts gauche (côté vierge ) et puis droite). l’équipe d’accueil et les acolytes vous guideront
  • Respecter les lignes sur le sol.
  • Tout le monde suit, même si on ne désire pas communier afin de ne pas enjamber les autres.
  • Enlever son masque juste devant le prêtre en ne touchant que les ficelles/élastiques                                                
  • Pas de communion sur la langue.
  • Après avoir communié, remettre directement son masque couvrant le nez et la bouche.
  • Retourner à sa place via les allées latérales.

Sortie:

  • Par la grande porte : le dernier rang sort puis les autres au fur et à mesure.
  • le bloc famille par la porte latérale.
  • Pas de discussion, pas de rassemblement ni dans l’église ni devant.

Ces instructions seront affinées au fur et à mesure. Consultez souvent cette page. Le service d’accueil vous guidera tout au long de la célébration.

Temps de prière du Dimanche de la sainte Trinité

Bien chers paroissiens et amis de la paroisse Saint-Etienne,

Quelle joie de pouvoir à nouveau nous retrouver pour la célébration de l’Eucharistie à partir de ce lundi 8 juin !

Le Jour où nait l’Espérance
La source de toutes les messes c’est le dimanche de Pâques, le jour où le Christ Ressuscité s’est manifesté à ses disciples qui étaient confinés dans leur maison. Parce qu’il est jour de la Résurrection, le dimanche nous convie à l’espérance.  Il nous met debout pour croire que la mort dans nos vies et dans le monde n’aura jamais le dernier mot, que les voies sans issues finiront par en trouver une. Le dimanche revient de semaine en semaine pour nous soutenir et nous renouveler sans cesse sur ce chemin d’espérance.

Exprimer ses sentiments
Comme les disciples de Jésus qui ont pu exprimer leurs sentiments à Jésus, la première fois qu’ils l’ont vu après sa mort et sa résurrection, il est bon que, nous aussi, dans la première eucharistie que nous allons célébrer après le début du confinement, nous puissions exprimer, si nous le souhaitons, ce que nous avons sur le cœur, ce que nous aurions envie de dire…
Comment pouvons-nous le faire ?
En m’envoyant un mail (alaindemaere@gmail.com) ou un message dans une enveloppe déposée à la cure dans lequel, en une phrase, vous exprimez ce que vous voulez dire au Seigneur et/ou à l’assemblée.
Tous les messages seront repris dans un power point et ainsi partagés sur écran lors des messes dominicales des 13 et 14 juin.

Un horaire de messes harmonisé pour l’Unité Pastorale
A propos des célébrations eucharistiques, avant de les reprendre, j’ai pensé qu’il est important d’harmoniser leur horaire au sein de l’Unité Pastorale de Braine-l’Alleud. C’est ainsi qu’une affiche reprenant l’horaire des messes dominicales dans toutes les paroisses de Braine-l’Alleud (Vous la trouvez ci-dessous) sera placée dans chaque église de Braine-l’Alleud.
Vous pouvez aussi consulter ci-dessous toutes les dispositions qui sont à prendre lors des célébrations eucharistiques pour le bien être de chacun.
Dans l’attente de la grande joie de nous retrouver pour nous nourrir de la Parole et du Pain de Vie de notre Seigneur Jésus, je remercie toutes celles et ceux qui nous ont aidé à rester en communion avec le Seigneur et les uns avec les autres grâce aux temps de prière qui nous ont été envoyés pendant la période de confinement.

Bon dimanche à tous et belle fête de la Trinité !
Alain, votre curé.

Pour accéder au temps de Prière cliquez ici

Dieu a envoyé son Fils, pour que, par lui, le monde soit sauvé. Jn3, 16-18

Texte de l’homélie

Le dimanche de la Trinité ne nous invite pas à fêter un dogme mais à fêter notre Dieu qui est Trinité.

Croire que Dieu est Trinité c’est croire que l’Amour se vit en Dieu. Cet Amour qui se vit en Dieu est fait d’accueil, de don et de communion.

Le Père donne tout son amour au Fils comme Il le dit lors de son baptême : Tu es mon fils bien-aimé en qui j’ai mis tout mon amour.

Le Fils reçoit l’amour du Père : plusieurs fois, Jésus nous parle de ce qu’il reçoit du Père : Jésus reçoit du Père ses disciples, à propos desquels il dit mon Père qui me les a donnés. Jésus reçoit du Père la Parole ce qui lui fait dire la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père qui m’a envoyé.

Et ce qui permet au Père de non seulement donner son amour au Fils mais aussi recevoir l’amour de son Fils et ce qui permet au Fils non seulement de recevoir l’amour du Père mais aussi de donner son amour au Père c’est l’Esprit Saint qui les met en communion.

Cet amour qui se vit en Dieu n’est pas clos sur lui-même. En envoyant, Jésus dans le monde c’est son Amour que Dieu envoie dans le monde et si Dieu nous fait non seulement le don de son Fils Jésus mais aussi le don du Saint-Esprit c’est pour que nous puissions être, nous aussi, en communion avec Lui et les uns avec les autres.

En ces temps où le vivre ensemble est mis à mal par le racisme et par l’isolement que peut provoquer la maladie, la pauvreté, le grand âge, l’Amour qui se vit au sein de la Trinité et qui nous est offert attire notre attention sur 3 points :

1. Il n’y a pas d’amour vrai dans la solitude d’une personne, d’une nation, d’une Eglise qui se referme sur elle-même, qui est narcissique et qui n’aime que soi !

2. L’amour vrai et fécond n’est pas non plus dans la relation fusionnelle qui risque l’enfermement réciproque et qui se transforme souvent un étouffement. Le danger d’une relation fusionnelle qui enferme et étouffe ne concerne pas que les couples mais ce danger peut aussi guetter une famille, une communauté religieuse, l’Eglise.

3.L’amour véritable est celui qui s’ouvre à un autre que soi, à un autre qu’un couple, qu’une famille, que l’Eglise.  C’est en s’ouvrant à un autre que soi que l’amour devient vraiment humain et divin. Il est vraiment à l’image et à la ressemblance de Dieu : il est créateur et devient fécond.

La Trinité nous révèle ainsi l’importance et la beauté d’une relation dans laquelle chacunpeut recevoir et donner, une relation qui s’entretient par le temps que l’on prend pour être ensemble.

Nombreux sont ceux qui pendant la crise sanitaire ont davantage souffert de solitude, n’ayant pas d’interlocuteur à qui se confier. L’isolement a été considérablement renforcé car de nombreux intervenants habituels à domicile ne sont plus intervenus. En établissement, c’est bien sûr d’abord la suppression des visites des proches qui a aggravé la solitude. On sait que l’absence de lien social peut conduire à des troubles dépressifs. Un médecin gériatre me disait à ce propos que, le remède est avant tout dans la relation : « La solution est humaine, elle n’est pas seulement médicamenteuse. La bonne pilule antidépressive, c’est le lien social ! ». Un coup de chapeau ici à toutes les personnes qui ont fait preuve de créativité, d’imagination, de générosité pour maintenir tant que faire se peut le lien social !

A cette question qui lui fut posée : Quelle serait pour vous la maison de repos idéale ? voici ce que répondit Hedwige, résidente dans une maison de repos :

« Pour moi, une maison de repos c’est être avec. C’est le plus important. Si la maison de repos me permet d’être avec les autres, je me dis ok, c’est le bon endroit. Je suis une résidente, je ne suis pas en dehors, je « suis avec ». Je pense que si l’on peut être avec les autres et pas dans l’isolement, c’est le plus important »

Aimer c’est être avec. C’est précisément pour être avec nous, que Dieu a envoyé son Fils dans le monde : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».

Les 4 évangiles racontent la façon dont Jésus a été « Dieu avec nous », à nous de lire dans le 5Ième évangile, celui de notre vie, comment Dieu nous percevons depuis notre naissance jusqu’à ce jour que Dieu avec nous et comment nous pouvons être pour les autres « Dieu avec nous »

Temps de prière du dimanche de Pentecôte

Quelle joie de retrouver l’entrée principale notre église paroissiale dégagée des barrières qui en empêchaient l’accès et la sortie par les grandes portes !

Un beau signe de Pentecôte nous est ainsi donné que l’Esprit Saint retire les barrières qui séparent les êtres humains permettant ainsi à Dieu de réaliser son projet : réunir ses enfants en une seule famille où tous puissent goûter et vivre de son Amour.

Merci de tout cœur à notre Fabrique d’église et au Service Travaux de notre commune pour la réalisation des travaux permettant l’ouverture des grandes portes pour la fête de la Pentecôte !

Une église aux portes principales sans barrières est une invitation à l’ouverture d’Esprit !

L’ouverture d’Esprit, raison d’être du Concile Vatican II

Savez-vous que l’idée de convoquer le concile Vatican II, attira au pape Jean XXIII une pluie de critiques, y compris venant d’éminents cardinaux de la curie romaine ? Beaucoup objectèrent son âge avancé, d’autres son audace à se risquer dans un concile de cette envergure et complexité.

Jean XXIII tenta de les raisonner sans pour autant les convaincre. Puis, un jour, entouré de ceux-ci et lassé de tant d’argumentations inutiles, voilà que d’une main décidée, il ouvre grand la fenêtre de son bureau, s’exclamant :

« Voici ma réponse au pourquoi du concile : De l’air frais ! de l’air frais pour l’Église ! Je veux ouvrir largement les portes de l’Église afin que nous puissions voir ce qui se passe à l’extérieur et que le monde puisse voir ce qui se passe à l’intérieur de l’Église. »

L’Église voulue par le concile n’est pas une Église repliée sur elle-même, sur ses problèmes, son organisation, ses intérêts, ses règles mais l’Église qui dialogue avec le monde, avec la société et avec la culture de notre temps.

Elle doit être, avant tout, la communauté d’êtres humains qui se sentent vraiment solidaires des joies et des tristesses de tous, en particulier de ceux qui ont une vie de difficile.

Jean XXIII a eu l’audace de laisser l’Esprit le guider. Il a entrepris une tâche qu’il savait ne pas pouvoir terminer. Il s’en est remis à celui qui l’avait toujours guidé. Il passe, de ce monde à la Maison du Père, le lundi de Pentecôte 1963.

L’ouverture d’Esprit suite à la situation que nous traversons

La situation liée à la pandémie du Corona virus a enlevé « des barrières mentales » en nous poussant à parler à des personnes avec lesquelles nous n’avions ou n’aurions jamais parlé ou en parlant davantage à ceux qui nous entourent, en nous faisant plus proche des personnes dans des situations de précarité, de fragilité, de solitude.  

Grâce à ces barrières « enlevées », des chemins se sont ouverts dans biens des cœurs.       Dans la reprise progressive de la vie paroissiale qui, grâce à Dieu et à vous, a pu continuer malgré tout, il nous faudra être attentif à ne pas remettre les barrières qui ont été enlevées. Nous aurons tous à tenir compte de ce tout qui s’est vécu, de tout ce qui a, comme dans les mystères du rosaire, été douloureux, lumineux, glorieux, joyeux.

L’Esprit Saint fait voler en éclat les barrières. C’est un monde nouveau, qui commence !

Esprit de Pentecôte, Souffle de Dieu, emporte-nous dans ton élan

Belle fête de Pentecôte !

Alain de Maere, votre curé.

Temps de prière ici

Homélie

Si Jésus nous parle de l’action de l’Esprit Saint c’est pour nous aider à le reconnaître dans la vie de tous les jours et nous encourager aussi à accueillir ce don.

L’Esprit Saint c’est du concret ! C’est dans cette conviction de foi que l’Esprit tout comme l’arbre se reconnaît à ses fruits que je vais vous partager à quels fruits j’ai reconnu l’action de l’Esprit Saint dans les différentes paroisses dans lesquelles j’ai été envoyé.

Commençons par la première des trois : la paroisse Saint-Joseph à Waterloo où j’ai découvert que l’Esprit-Saint nous pousse à aller vers les autres pour donner une parole valorisante, une parole de bénédiction.

Cette action de l’Esprit Sait m’a été révélée par le témoignage du curé de l’époque l’abbé Roger Dereymaeker dont j’étais à l’époque le vicaire. Il me raconta qu’il s’était rendu au chevet d’un homme qui allait bientôt mourir pour lui donner le sacrement des malades. Après cela, l’épouse de cet homme dit ceci au curé :

L’Esprit Saint nous pousse à aller vers les autres pour donner des paroles valorisantes, des paroles de bénédictions.

A la paroisse Saint-Nicolas de La Hulpe, j’ai reçu un témoignage que l’Esprit Saint souffle où il veut c’est-à-dire pas uniquement dans le cœur des croyants mais aussi dans le cœur de toute personne de bonne volonté. Un jour un des facteurs de la commune qui n’est pas croyant vint me trouver pour me dire ceci : Lors de ma tournée, je donne le courrier à une personne âgée qui est fort croyante

Enfin ici même à Braine-l’Alleud, j’ai perçu à quel point l’Esprit pousse à accueillir la Parole de Dieu comme étant adressée à chacun, à se laisser pardonner par Dieu et à témoigner des merveilles que Dieu fait pour nous.

Un peu avant la messe dominicale de 10H30, un homme vint me dire que ces quatre enfants (L’ainée à 23 ans et le plus jeune à 8 ans) souhaitent être baptisé. Je m’en suis réjoui et lui ai proposé de venir chez lui pour en parler avec ses enfants.

C’est lors de ma visite que ce père de famille me raconta qu’il travaille près de la cathédrale Saint-Michel à Bruxelles. En se promenant un jour durant la pause de midi, il vit que les portes de la cathédrale étaient ouvertes et il se senti poussé à entrer. Une fois entré, il vit qu’une messe était célébrée. En écoutant l’évangile et l’homélie, il se dit que ces paroles s’adressaient spécialement à lui. Après la messe, il demanda au prêtre de recevoir le sacrement du pardon et commença à lui dire : « je suis arrivé ici par hasard ». Le prêtre lui répondit aussitôt je ne pense pas que ce soit un hasard. L’homme me dit qu’il quitta la cathédrale le cœur comblé. Le soir, lorsqu’il rentra dans sa famille, cet homme raconta à sa femme et à ses enfants ce qui lui était arrivé pendant la journée. Après avoir donné son témoignage, sa fille aînée lui dit : Papa, je voudrais être baptisée et ses trois frères et sœurs exprimèrent également à leur père leur désir d’être baptisé.

Le témoignage de cet homme nous montre que l’Esprit Saint est celui qui nous pousse à accueillir la Parole de Dieu comme étant adressée à chacun, à se laisser pardonner par Dieu et à témoigner des merveilles que Dieu fait pour nous.

C’est à ces témoignages et à tant d’autres que je perçois l’action de l’Esprit Saint.

C’est ce même Esprit Saint qui nous est donné et que Jésus nous invite à recevoir.

Belle et sainte fête de Pentecôte !

Temps de prière du 7ème dimanche de Pâques

Bien chers paroissiens et amis de la paroisse Saint-Etienne,

Et si, en ce temps entre l’Ascension et la Pentecôte au cours duquel nous sommes invités à demander au Seigneur de nous ouvrir au don de l’Esprit-Saint, nous nous laissions « inspirer » par le parrain de notre paroisse.

Mais qui est le parrain de notre paroisse ?

C’est Saint-Etienne. Lorsqu’un nom de sainte ou de saint est donné à paroisse c’est une marraine ou un parrain qui lui est offerte pour l’accompagner dans sa vie chrétienne.

Le livre des Actes des Apôtres décrit notre parrain, Etienne, comme étant rempli de l’Esprit-Saint.   En lisant ce qu’il est dit d’Etienne dans le livre des Actes des Apôtres au chapitre 7, versets 55 à 60, nous découvrons à quoi nous pouvons reconnaître qu’il est rempli de l’Esprit-Saint :

On voit qu’Etienne est rempli de l’Esprit-Saint lorsqu’il fixe le ciel du regard autrement dit lorsqu’il prie. L’Esprit-Saint est celui qui nous pousse à prier et qui nous permet, comme Etienne, de voir la gloire de Dieu.

On voit aussi qu’Etienne est rempli de l’Esprit-Saint dans sa façon d’endurer la persécution.   Il endure la persécution comme Jésus c’est-à-dire en gardant son cœur ouvert à Dieu par la prière (Seigneur Jésus, reçois mon esprit) en gardant aussi son cœur ouvert aux autres en implorant pour eux le pardon de Dieu (Seigneur, ne leur compte pas ce péché) L’Esprit-Saint est celui qui nous rend semblable au Christ dans notre manière d’être, l’Esprit-Saint est celui qui imprime la ressemblance du Christ en nous.

Grâce à Saint-Etienne, nous pouvons non seulement voir à quels indices reconnaître l’action de l’Esprit-Saint mais nous découvrons aussi de quoi l’Esprit-Saint nous rend capable.

Avec la force de l’Esprit-Saint, nous pouvons, comme Saint-Etienne, prier, voir dans notre vie et celle des autres la présence de Dieu, pardonner même à ceux qui nous jettent des pierres, nous remettre avec confiance entre les mains du Père.

Merci Etienne, d’être le parrain de notre paroisse, aide-nous à nous laisser comme toi remplir de l’Esprit-Saint.

Bon dimanche à tous !

Alain, votre curé.

Pour accéder au fichier audio, cliquer ici

C’est pour eux que je prie. Jn 17, 9

Texte de l’homélie

Un professeur de théologie posa à ses étudiants une question d’examen apparemment simple et, en même temps, bien mystérieuse. « Pourquoi si tard ? ».  Les étudiants s’arrachaient les cheveux pour saisir le sens de la question. Quelques-uns quittèrent la salle d’examen. D’autres écrivirent toutes sortes de considérations, espérant que leurs efforts d’écriture leur vaudraient quelques points. Enfin, certains se rappelèrent de la thématique de « l’heure » chez l’évangéliste saint Jean. Seul le Père, dans sa sagesse divine, décide de « l’heure », l’heure étant celle de la glorification par la passion et la résurrection : victoire sur la mort et œuvre de recréation de l’humanité blessée, pour ne pas dire de création nouvelle touchant jusqu’au cosmos tout entier.

Dans l’Évangile de ce jour, le Seigneur Jésus s’adresse à son Père en ces termes : « Père, l’heure est venue ». Il se tourne vers son Père en l’appelant de manière très affectueuse, c’est-à-dire par le terme « abba », littéralement papa, ou même papa chéri, traduit dans l’extrait que nous venons d’entendre par le mot « Père ». Jésus dévoile ainsi la grande intimité qu’il a avec le Père du Ciel, et ce de toute éternité. Il le « connaît » au sens biblique du terme.

Or, la vie éternelle, nous dit Jésus, « c’est qu’ils te connaissent », toi le Père. Autrement dit, que nous ayons une connaissance, non pas intellectuelle toujours plus développée du mystère de Dieu au gré de l’éternité, mais que nous soyons des intimes du Père. Il s’agit d’une connaissance qui est intimité avec Dieu, qui est vie avec Dieu, au cœur de la Trinité, qui est participation à la vie divine. Nous sommes promis à connaître Dieu pour autant que nous accueillions le don de Dieu qui respecte infiniment notre liberté.

Et la vie éternelle est déjà commencée. Celle-ci se manifeste dans une vie de relation avec Dieu. Je fais ainsi le lien avec la première lecture : « Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères », c’est-à-dire, dans la culture juive du temps de Jésus, ses cousin(e)s. Cette vie éternelle, cette vie divine rayonne sur les visages de ceux qui sont intimes de Dieu, qui mènent une vie de relation avec Dieu. La prière est relation. J’ai toujours été touché par la beauté des visages. L’amour rend beau. La proximité, la relation avec Dieu, qui est amour, rend beau.

L’heure du Seigneur, l’heure de sa glorification dans le mystère de Pâques, rend beau le monde ridé par le péché. La vie d’intimité avec Dieu qui nous est offerte a le pouvoir de nous rajeunir, quel que soit notre âge, en faisant pétiller dans nos yeux la beauté de Dieu qui est signe de cœurs qui aiment comme le Seigneur nous invite à aimer. Regardez le visage de quelqu’un qui aime, regardez le visage d’une mère Térésa, celui d’un Charles de Foucauld ou encore d’un Vincent de Paul sur une de ses représentations picturales : vous verrez le rayonnement d’une présence en eux qui est amour, qui est vie, qui est vie éternelle.

Frères et sœurs, laissons-nous aimer par Dieu, transfigurer par Lui dans la prière et l’amour du prochain qui est son prolongement naturel.

Jeudi de l’Ascension

Chers paroissiens et amis de la Paroisse Saint-Etienne,

Les évêques de Belgique ont voulu répondre à nombre de fidèles voulant adresser au Seigneur par l’intercession de Marie, une prière plus fervente en ce mois de mai qui est aussi celui où nous allons célébrer la fête de Pentecôte.

C’est ainsi qu’ils nous invitent à nous joindre à la Vierge Marie, en prière avec les disciples de son Fils dans l’attente du Saint-Esprit, en prenant un temps de prière quotidien dans une neuvaine commune à l’Esprit-Saint, de l’Ascension à la Pentecôte.

La Bible nous dit en effet que durant les neuf jours qui séparent l’Ascension de la Pentecôte, les Apôtres « d’un seul cœur participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes, dont Marie, la Mère de Jésus » (Actes 1, 14), en attendant d’être « revêtus d’une force venue d’en haut » (Luc 24, 49). 

En réponse à cet appel à la prière, notre paroisse vous proposera dès demain une prière pour chaque jour pendant ce temps qui va de l’Ascension à la Pentecôte.

Belle fête de l’Ascension à tous !

Alain, votre curé.

Pour le temps de prière, cliquez ici

Texte de l’homélie

HOMELIE DU JOUR DE L’ASCENSION

            Frères et Sœurs, nous avons célébré dimanche dernier le 6e dimanche de Pâques. Le dimanche prochain, nous célébrerons le 7e dimanche de Pâques. Nous sommes toujours en plein temps pascal où nous fêtons la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ. Celle-ci n’est pas seulement victoire de Jésus sur la mort et son retour à la vie. Elle implique aussi son passage du côté de Dieu, son entrée dans la vie divine ainsi que son exaltation à la droite du Père. C’est cette facette de la résurrection que nous découvrons aujourd’hui alors que nous fêtons l’Ascension de notre Seigneur Jésus-Christ, c’est-à-dire sa montée dans la gloire de son Père. Après sa mort et sa résurrection, le Christ est apparu à ses disciples pendant quarante jours avant son retour vers le Père. Ce retour n’est que normal, car il fallait que lui qui est venu d’en-haut, qui est descendu jusque dans les enfers, retourne vers son Père et notre Père, vers son Dieu et notre Dieu.

            Pourquoi l’Ascension est-elle célébrée et constitue-t-elle une fête alors qu’en réalité, Jésus quitte et se sépare de ses disciples ? L’Eglise considère cette montée comme une fête pour 4 raisons :

1° Le Christ reviendra : c’est notre immense espérance et nous attendons ce retour avec joie. Ceci est si capital que la liturgie nous le fait redire dans l’anamnèse à chaque messe : nous proclamons ta mort Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection et nous attendons ta venue dans la gloire. Nous attendons donc avec impatience le retour du Christ comme on attend le retour d’un voyageur que l’on aime.

2° Avec l’Ascension de Jésus, notre nature humaine monte au ciel à la droite de Dieu. Il y a comme une compénétration entre la divinité et l’humanité. La nature humaine est déifiée, sinon divinisée. Dorénavant, en montant au ciel, Jésus nous donne l’espérance de l’y rejoindre un jour en tant que membres de son corps mystique qu’est l’Eglise.

3° Il s’agit du retour triomphal du Christ après l’accomplissement de sa mission terrestre où il a vaincu la mort, le péché et le mal. D’où la raison d’être de cette fête au ciel et sur la terre puisque la victoire du Christ préfigure la nôtre. La mort n’a plus de pouvoir sur tout baptisé puisque Jésus est la résurrection et la vie, et quiconque croit en lui, même s’il meurt, il vivra (Jn 11,25). En triomphant du mal sur la croix, nous nous laissons encourager par l’apôtre Paul qui nous exhorte à ne pas nous laisser vaincre par le mal, mais d’en être vainqueur par le bien (Rm 12,21). Il en est de même du péché qui n’a plus de prise sur chaque baptisé qui a reçu les armes pour en triompher (Rm 6,14).

4° L’Ascension est une marque de confiance de Dieu en l’homme : le ressuscité lègue sa mission aux apôtres pour qu’ils la continuent : allez de toutes les nations, faîtes des disciples : baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé… » (Mt 28,19). En ce sens, l’Ascension ouvre la route à l’Eglise et invite chacun de nous à se mouiller, à se mettre à la tâche et à être ses témoins : « vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1,8), entendez par-là, jusqu’à Braine-l’Alleud. C’est à nous que cette mission est confiée aujourd’hui. Il revient dès lors à chacune et chacun de nous de se poser quelques questions : quel est mon engagement dans l’édification de l’Eglise, corps du Christ ? Est-ce que je me sens concerné par la mission de l’Eglise ?

            On le voit, frères et sœurs, l’Ascension n’est pas la fin d’une histoire, mais plutôt le début d’une autre : Jésus nous quitte physiquement alors que commence l’ère des actes des apôtres qui invite chacun de nous à mettre la main à la pâte en redécouvrant une nouvelle présence du Christ dans tout apostolat. « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». En montant au ciel, le Christ ne démissionne pas et ne s’évade pas de notre condition humaine : il nous soutient et rassure de sa présence chaque jour. A chacun individuellement de se poser la question de savoir comment le Christ est désormais présent dans notre vie aujourd’hui ? Quelle place lui accordons-nous dans notre quotidien : rencontre dans sa parole, dans la prière, dans les sacrements, dans la vie fraternelle et l’attention aux plus faibles ?

            Somme toute, l’Ascension nous rappelle que le Christ a tout vaincu : la mort, le péché, le mal même si nous continuons à en faire l’expérience. Mais pour participer pleinement à cette victoire du Christ, il convient de nous ouvrir à l’Esprit Saint, le Défenseur, et de nous préparer à le recevoir pour qu’il illumine nos cœurs et nous donne la force de lutter contre le mal et le péché autour de nous et en nous. Disons ensemble : Maranatha, Viens Esprit Saint.

Vous, vous me verrez vivant

Chers paroissiens et amis de la paroisse Saint-Etienne,

Dans mes lectures de ces jours-ci, j’ai beaucoup aimé cette réflexion de Mgr Luc Ravel, archevêque de Strasbourg dans laquelle il fait un parallèle entre ce qu’ont vécu les apôtres jusqu’à la Pentecôte et ce que nous vivons pendant le déconfinement progressif. Il y a, dit-il, une synchronisation involontaire entre le traitement de la pandémie par le confinement et les grandes étapes de la vie liturgique.

Après la résurrection du Christ, les disciples sont restés confinés jusqu’à la Pentecôte Ils ont d’abord été confinés par la peur et le doute, jusqu’à l’Ascension, puis par l’unité et l’attente jusqu’à la Pentecôte.

Après l’Ascension ils se sont rassemblés avec la Vierge Marie car ils attendaient une force venue d’en haut : l’Esprit-Saint. C’est exactement ce que nous sommes en train de vivre.

Cela nous montre que la célébration des actes du Christ n’est pas un simple anniversaire, qui nous rappellerait le passé, elle est un « mémorial », c’est à dire qu’elle va plus loin que la mémoire : elle nous rend présents aux événements célébrés, comme si le Christ faisait de nous ses contemporains. Au regard de la foi le retour des mêmes fêtes chaque année n’est pas un cercle fermé qui nous fait tourner en rond, il est une marche continue vers le futur. Le peuple de Dieu est un peuple de l’avenir.

Bon dimanche à tous, je vous rappelle l’opération « mets-toi en marche » initiée par notre évêque Mgr Hudsyn à relire sur le site de notre paroisse. ici

Bon dimanche et bien en communion avec vous tous !

Alain, votre curé.

Temps de prière de ce dimanche ici

Celui qui m’aime sera aimé de mon Père (Jean 14,21)

Texte de l’homélie

Nous venons d’entendre cette promesse de Jésus : « Vous, vous me verrez vivants ». Cela dit, Jésus ne se contente pas de faire cette promesse mais il met en œuvre toute une pédagogie pour nous aider à le voir vivant.

Les évangiles nous donnent deux exemples de cette pédagogie que Jésus met en œuvre pour nous aider à le voir vivant. Au cours de la période qui va de Pâques à la l’Ascension, Jésus initie en effet ses disciples à le reconnaître dans sa nouvelle condition de Ressuscité. Reconnaître Jésus ressuscité, cela demande un regard de foi car la résurrection de Jésus n’est pas la réanimation d’un cadavre. Si tel était le cas, ses disciples l’auraient tout de suite reconnu. Comme Jésus se trouve désormais dans un corps glorieux, il s’agit d’apprendre à le reconnaitre comme tel à partir des signes qu’il donne de sa présence.

C’est donc au cours de ce temps qui va de Pâques à l’Ascension que Jésus se donne à reconnaître vivant à travers différents signes. Un signe c’est quelque chose qui m’est donné à voir, à entendre, à sentir, à toucher dans laquelle, je peux, dans un regard de foi, percevoir la présence de Jésus Ressuscité.  Et dans les évangiles, si nous avons des récits dans lesquels le Ressuscité se fait reconnaître aux signes qu’il donne, c’est pour attirer notre attention sur ces signes car c’est à ces mêmes signes, qu’aujourd’hui que le Ressuscité se manifeste à nous.

Quelle est cette pédagogie que Jésus met en place pour nous aider à le voir vivant ?

Cette pédagogie de Jésus, je vous propose de la découvrir à travers deux exemples qui nous sont donnés dans les évangiles. Un premier exemple de la pédagogie de Jésus se trouve dans l’évangile de Luc au chapitre 24.

Dans cet évangile, nous découvrons la pédagogie que Jésus met en place pour aider les disciples d’Emmaüs à le voir vivant, une pédagogie grâce à laquelle ces deux disciples vont découvrir que le plus important pour la vie chrétienne ce n’est pas de voir Jésus Ressuscité mais bien de faire l’expérience de sa présence.

Et cette expérience de la présence va passer tout d’abord par l’ouverture des cœurs à l’Ecriture, par l’accueil de la Parole qui rend leurs cœurs tout brûlants et ensuite par le geste de la fraction du pain c’est-à-dire de l’eucharistie. L’expérience de cette présence va devenir suffisamment forte pour qu’ensuite Jésus puisse disparaître à leurs regards sans qu’ils en soient plus tristes ou malheureux mais au contraire, ils restent dans la joie, cette joie communicative qu’ils vont partager avec les autres disciples à Jérusalem.

Ainsi, les trois lieux, en quelque sorte, de manifestation du Ressuscité et ce qui est vrai pour les disciples, l’est également pour nous, c’est d’abord l’accueil de la Parole de Dieu qui permet le cheminement, c’est ensuite la fraction du pain c’est-à-dire l’eucharistie au lieu de repos et c’est enfin la communauté chrétienne rassemblée et la communion fraternelle exprimée ici à Jérusalem.

Nous découvrons dans cet évangile le soin que Jésus prend pour manifester sa présence, pour se rendre présent à notre vie par ces trois « moyens » : sa Parole, son Eucharistie et la rencontre du frère.

A la lumière de cet évangile, demandons-nous comment nous investissons nous-mêmes ou comment nous sommes les témoins pour les autres aussi de ces trois lieux essentiels de la présence du Ressuscité dans notre vie quotidienne : l’accueil de la Parole de Dieu, l’eucharistie et la rencontre des frères.

Dans le mail que j’ai envoyé mercredi passé, j’ai posé cette question :

« Et vous, à quoi voyez-vous que Jésus est vivant ? »

Voici quelques réponses reçues :

Je n’ai jamais vu Jésus vivant … mais je vois chaque jour des femmes et des hommes qui vivent comme Jésus.

Une autre personne nous dit : Je vois Jésus vivant dans les gestes de solidarité qu’on peut voir autour de nous pour le moment. Je vois Jésus vivant dans les hommes et les femmes qui s’unissent pour construire un monde meilleur pour tous. Je suis vivante quand j’aime. Dans tous mes gestes d’amour.

Et enfin, un couple qui aurait dû se marier religieusement au début de ce mois mais qui n’a pu le faire à cause de la pandémie a dit ceci :

Nous avons pu ressentir la présence de Dieu se manifester – non pas dans les conséquences négatives dont le coronavirus est à l’origine- mais bien dans les conséquences positives que sont la solidarité, l’entre-aide et le partage entre familles, amis proches et collègues et ce tant sous la forme de service, de prises de nouvelles mais également de respect des uns et des autres. Nous avons en effet eu la chance de recevoir d’innombrables attentions plus belles les unes que les autres : des fleurs, des cartes postales, des emails, des masques, des conversations, des prêts d’outils, etc. Ces attentions n’ont fait que nous conforter dans l’idée de vouloir maintenir cette journée car elle nous donne l’occasion de remercier CHACUNE de ces personnes qui nous entourent si bien.

Demandons au Seigneur, cette grâce, ce don de le voir vivant et de pouvoir aussi vivre de sa vie car aussitôt après nous avoir dit vous me verrez vivant, Jésus ajoute aussitôt et vous vivrez. Oui, Seigneur, fais-nous vivre de ta vie, ta vie tournée vers le Père et vers les autres.
Amen

Partager sa foi

Comme il est beau, pour s’encourager à persévérer dans la foi, de pouvoir partager nos expériences et nos réflexions.

Ceux qui étaient présents lors de la dernière messe dans notre paroisse avant le confinement ont pu entendre le témoignage d’Arthur sur ce qui l’a conduit au baptême (Vous pouvez l’entendre ci-dessous). Un peu plus bas vous pourrez lire le témoignage de sa sœur Kassandra.

Témoignage d’Arthur

En prélude à l’évangile de dimanche prochain dans lequel Jésus nous dit : « Vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi », j’invite celles et ceux qui le souhaitent à partager, en deux ou trois lignes, les moments de votre vie où vous voyez Jésus vivant, les moments où vous vivez aussi.

Le partage de notre foi la fait grandir ! Nous ferons échos à ces témoignages à envoyer à mon adresse mail (alaindemaere@gmail.com) dans le mail de dimanche prochain.

Bien en communion avec vous tous,

Alain, votre curé.

Témoignage de Kassandra

Bonjour à toutes et à tous..

Je me prénomme Kassandra. J’ai 31 ans.

Beaucoup d’entre vous me connaisse et beaucoup d’autres non.

Quelle joie ! Quel honneur pour moi de pouvoir vous témoigner des merveilles de Notre Seigneur !

De pouvoir vous parler de Celui que j’aime le plus au monde : Jésus !

Je suis née en 1988, mais ma vraie vie, elle a commencé le 30 mars 2013, lors de la Vigile Pascale..

Ce soir-là, tout a changé.. Pas seulement mes intérets, ni ma vision des choses.. Non ! Ce soir-là, j’ai changé totalement jusqu’au plus profond de mon âme..

Parce-que ce soir-là, j’ai attrapé la main que Jésus m’a toujours tendue..

Il m’a relevé d’une vie sans vie et Il m’a ressuscitée ! En Lui prenant la main, j’ai ouvert la porte de la Vie, la vraie Vie !

Parce-que c’est vrai hein ! Sans Jésus, on ne vit pas hein ! On croit que l’on vit..

On va peut-être me dire : « Je respire, je ris, je vais danser, je marche, je mange, je suis pleine de vie ! »….. Mais NON ! Non et non !

Moi aussi avant je croyais ça ! Mais non !

La vraie Vie, c’est d’avancer chaque jour avec la Foi certaine que Dieu est bien là et qu’Il nous a créé !

Savoir que Dieu nous aime ! C’est ça que m’a apporté mon Baptême ! La VIE !

30 mars 2013

Depuis toujours je crois en Dieu, en Jésus Notre Sauveur..

Mes parents nous ont toujours enseigné la Vérité : Que Dieu est Notre Créateur.

Papa, maman, pour ça, MERCI !

Mon Baptême, il m’a sauvé ! Jésus, Tu m’as sauvé !

Je Lui parle là, je Lui dis, parce-que je sais qu’Il est là en ce moment même Jésus. Je sais qu’Il m’écoute et me regarde !

Croyez-le, Il est toujours là, devant nous, derrière nous, à côté de nous..partout ! Tout le temps !

Il ne nous abandonne jamais !

Mon Baptême, c’est la plus belle chose qui me soit arrivée.

Lorsque mon petit frère Arthur est né (Arthur notre cher Acolyte ici à Saint Etienne), c’est le plus beau cadeau que Dieu m’a fait ! Mon petit frère !

Arthur et moi nous sommes un frère et une sœur très fusionnels.. Arthur a demandé le baptême et j’ai suivis aussitôt !

Chers frères et sœurs, car nous sommes tous enfants de Dieu, je vous le dis : Dieu fais si bien les choses que j’ai compris pourquoi je n’ai pas été baptisée à la naissance.

Dieu m’a permis d’attendre que mon petit frère se fasse baptiser pour que je puisse vivre cela en même temps que lui !

Arthur et moi avons été baptisés ensemble, le même soir du 30 mars 2013 !

J’étais heureuse !

Avant mon baptême, même si j’étais croyante, je n’allais jamais à l’église, ni aux messes..

Mais si je vous dis que Dieu m’a appelé, c’est la vérité !

Depuis mon baptême, il ne se passe presque jamais une semaine sans que je vienne célébrer Jésus, Notre Dieu ! Il est quotidiennement dans mon cœur.

J’ai rencontré l’Amour, le vrai : Dieu !

Petit à petit, j’ai changé.. Bien-sûr j’ai encore beaucoup de faiblesses, de défauts, je commet encore beaucoup d’erreurs.. Mais à présent, avec Dieu, j’apprends chaque jour à devenir une meilleure personne..

J’ai dû faire des choix qui m’ont brisé le cœur à certains moments. Des choix extrêmement douloureux, dans l’unique objectif d’agir pour le bien de l’autre. Avant je n’aurais pensé qu’à moi, mais maintenant, je pense à Dieu, et j’agis en fonction de ce qui pour moi, Lui plaira. Ces choix extrêmement douloureux, j’ai réussis à les faire grâce à ma Foi. J’ai dû renoncer à des choses que je voulais plus que tout, que j’aimais plus que tout, car cela n’était pas des choses qui devait se retrouver sur mon chemin de Chrétienne.

Ces choix m’ont totalement brisée durant une longue période..mais je n’ai JAMAIS cessé de croire que Dieu me sauverait si j’accomplissait Sa volonté. Si j’agissais en tant que bonne chrétienne. Et grâce à ma Foi en Jésus, même brisée je n’ai jamais abandonné mes combats les plus douloureux. Sans l’aide de Dieu, je n’y serais jamais arrivé ! Et aujourd’hui je vous le dis : Dieu est plus puissant que tout et Il ne nous abandonne jamais !

Avant je haïssais mes ennemis.. Aujourd’hui, je les bénis. Je prie pour eux et j’arrive même à ressentir quelque chose de bon pour eux, dans mon cœur.

Chose qu’il m’était impossible avant mon Baptême. J’ai réussis à pardonner à tous ceux qui m’ont fait du mal.. Aujourd’hui je prie pour qu’ils soient comblés de Grâces et d’amour !

Cela, c’est grâce à mon baptême, grâce à Dieu !

Lui seul peut permettre de tels actes d’amour !

Frères et sœurs, vous tous, vous êtes aimé du Seigneur. Et quand on comprend que Dieu nous aime, quand on a la Foi certaine que Dieu est là et nous offrira un jour la Vie Eternelle, plus rien ne peut nous atteindre ou nous arrêter dans notre chemin à la suite de Jésus.

Plus rien, ni aucun mal ne peut nous empêcher de garder l’espoir, car notre Foi réussit à nous convaincre que tôt ou tard, Dieu viendra toujours nous sauver !

Seigneur, avec mon baptême reçu à l’âge adulte et en toute conscience, Tu m’as offert là, le plus beau cadeau que n’importe qui puisse recevoir : La Foi et l’Espérance. Te connaître et T’aimer..

Je remercie de tout cœur père Alain qui m’a baptisée ! Merci de tout cœur à Jacques et Marie Costa qui nous ont offert tant d’amour et de présence, merci de tout coeur à Jehison qui nous a offert l’Amour de Dieu qui habite tant son cœur ainsi que sa joie qui nous rend si heureux !!

Merci à toi, père Alain, d’être un si bon guide et merci pour toute l’aide et la présence que tu nous offre. Merci de tout cœur !

Seigneur Jésus je T’aime, Tu es le chemin, la Vérité et la Vie !

Et mon cher Jésus, quand tu reviendras, je veux être là, pour courir dans Tes bras et T’aimer encore plus fort pour l’éternité !

Merci de m’avoir sauvé ! Amen !

Kassandra 

« Opération Mets-toi en marche »

Notre paroisse a connu l’opération à cœurs ouverts qui a permis à de nombreuses personnes d’exprimer un « Merci ».
Voici que notre évêque auxiliaire, Mgr Hudsyn invite les prêtres, diacres, animatrices et animateurs pastoraux du Brabant wallon à une « Opération Mets-toi en marche »  
En quoi consiste cette opération ?
Cette opération consiste à proposer à tous ceux qui le désirent d’avoir avec un prêtre, un diacre ou une animatrice pastorale de la paroisse un temps d’échange plus personnalisé. Cela ne doit pas être long. Un quart d’heure, c’est déjà bien. En gardant strictement les justes distances, avec un masque, pas dans un lieu confiné. 
Comment ?
De deux manières : 
Soit dans l’église, dans une salle paroissiale ou à l’extérieur dans le jardin de la cure. 
Soit par une visite devant la maison de ceux qui le souhaitent (sans entrer bien sûr) pour avoir un échange sur le pas de la porte ou devant les fenêtres. 
Cela pour pouvoir ainsi, ensemble, s’écouter sous un mode plus personnel, échanger des nouvelles, partager les joies, les peines, avoir ensemble un moment de prière, se confesser, rendre grâce, intercéder, accueillir la bénédiction du Seigneur…Le faire à deux, à trois, avec la famille.
Concrètement
Si vous souhaitez soit venir à l’église, à la Closière ou au jardin de la cure ou si vous souhaitez une visite sur le pas de votre porte ou devant votre fenêtre, n’hésitez pas une seconde, téléphonez soit sur mon GSM 0473.66.36.83 soit contactez-moi par mail alaindemaere@gmail.com.
Vous pouvez aussi contacter Charlotte de Mahieu, notre animatrice pastorale au 0479/586.686 ou charlotte.demahieu@gmail.com.

Bon dimanche à tous et bien en communion avec vous !
Alain, votre curé

Le lien pour le temps de prière se trouve ici

Texte de l’homélie

Frères et sœurs bien aimés, l’évangile de ce 5ème dimanche de Pâques nous présente Jésus comme celui qui apaise les cœurs bouleversés de ses disciples. Angoissés par leur sort, traumatisés par le départ imminent du maître, Jésus les rassure et leur indique où il va. Il part chez son père, préparer des places pour tout le monde et leur promet qu’il reviendra les voir. Après une longue catéchèse, Jésus leur demande une chose : c’est avoir foi en lui. Après cet entretien catéchétique, nous remarquons deux disciples qui montent au créneau : Thomas et Philippe. Ces disciples ont accompagné Jésus, ont vécu avec lui, ont tout vu mais ils n’ont rien compris. C’est ainsi que Thomas exprime clairement que lui et les autres, n’ont aucune idée où Jésus va et par conséquent ils sont dans l’incapacité de connaitre le chemin. Face à cette ignorance inquiétante, Jésus les surprend en se déclarant lui-même   « le Chemin, la Vérité et la Vie » ; et il ajoute que personne ne va vers le Père sans passer par lui.

Comment pouvons nous comprendre cette affirmation de Jésus ? :

Frères et sœurs bien aimés, le monde dans lequel nous vivons offre plusieurs chemins, plusieurs voies. Quand il déclare qu’il est le Chemin, il n’indique pas un lieu, mais il se présente lui-même comme étant le chemin qui conduit vers le Père, c’est-à-dire qu’il est le chemin qui nous mène au salut. Ce chemin n’est pas une abstraction, Thomas en est témoin car il l’a vu s’arrêter pour prendre soin des malades, de ceux et celles qui étaient mis de côté ; il l’a vu fréquenter les pécheurs et manger avec eux. En outre Il a été témoin de l’opposition grandissante à l’endroit de Jésus et en même temps témoin de la personne qui a placé sa confiance en son Père. Voilà pourquoi Jésus demande à ses disciples d’avoir confiance en lui.

Après s’être présenté comme le chemin, Jésus ajoute qu’il est la vérité puisqu’il nous fait connaître le Père. Par sa manière d’être et d’agir, Jésus nous révèle un Dieu qui comprend notre misère, toujours prêt à nous pardonner et à nous accueillir. Et enfin, Jésus est non seulement le chemin et la vérité, mais il est aussi la vie. S’il y a une chose qui nous intéresse c’est bien la vie. Bien Vivre, est notre plus grand désir. Nous développons plusieurs astuces pour bien vivre la publicité nous en parle de multiples manières. Bien se nourrir, faire des exercices, contrôler le stress, lutter contre la pollution, améliorer sa qualité de vie.

Réfléchissons ensemble : est ce que nous ne sommes pas comme ces disciples qui ont suivi Jésus partout, qui ont été témoin de son amour et de ses oeuvres grandissantes mais sans rien comprendre ? Sommes-nous capables de témoigner qu’il est le chemin qui nous conduit au Père, qui nous amène à la source vive, à travers le baptême, à la vérité avec son esprit Saint ?

Que pouvons-nous retenir ? si Jésus se présente à nous comme le chemin c’est dans une perspective de nous inviter à marcher à sa suite. Une telle invitation exige des préparations conséquentes pour celui qui va marcher : il doit consulter la météo, mettre des chaussures adaptées selon le lieu et préparer le pique-nique. Et que pouvons-nous ménager à sa suite en tant que chrétien pèlerin ? Nous devons nous mettre à la prière, à donner des bons exemples qui éclairent les autres qui veulent suivre le même itinéraire que nous. S’il  se présente comme vérité, c’est pour nous inviter à  nous  mettre à  l’écoute de sa parole de vérité . Nous savons que plusieurs courants de pensées se déclarent détenteurs d’une vérité, mais Jésus nous montre que la vraie vérité se trouve en lui. C’est en nous mettant à sa recherche que nous découvrirons le secret de la vraie vérité dans l’écriture Sainte. Mettons-nous à l’œuvre. Il est enfin la vie. Dans cette période du développement de la médecine, nous avons envie de placer la médecine au dessus de tout.  Nous devons nous rappeler que comme les parents participent à l’œuvre créatrice de Dieu, les médecins participent également à l’œuvre de guérison de Jésus en soignant nos corps car Jésus soigne à la fois nos corps et nos âmes. Il nous donne la vie intérieure, soyons confiant envers lui. Demandons   la grâce d’accueillir Jésus dans nos cœurs, dans nos familles, comme   Chemin qui conduit à la vérité et à la vie, et vers le Père. L’accueillir, c’est lui faire entière confiance comme à un guide. Mettons-nous, à sa suite, Soyons confiants et disponibles à son appel il nous conduit vers le juste chemin.

Dimanche du Bon Pasteur

Chers paroissiens et amis de la paroisse,

D’ici quelques jours nous en saurons plus sur les modalités pratiques de la reprise des célébrations à l’église et nous vous en informerons dès que possible. D’ici là je rappelle que notre église est ouverte tous les jours pour la prière personnelle de 8h00 à 12h00.

C’est aujourd’hui le dimanche du « Bon Pasteur », la journée de prière pour les vocations. Jésus est le pasteur qui appelle chacun de nous à rendre visible, par notre manière d’être, l’Amour de Dieu pour tous les hommes. Cet amour passe par des attitudes bien concrètes qui sont décrites dans le psaume de ce jour : veiller à ce que rien ne manque, faire reposer, faire revivre, conduire, être avec, guider, rassurer, préparer la table, parfumer…

Parmi les baptisés, le Seigneur appelle certains à être prêtres, religieuses, religieux.

Dans notre paroisse, nous avons reçu cette joie d’accueillir régulièrement des séminaristes c’est-à-dire des jeunes qui ont perçu un appel à être prêtre et qui, dans le cadre de leur formation, viennent « en stage » dans notre paroisse. 

J’ai demandé à deux d’entre eux, qui sont prêtres aujourd’hui, Amaury du Fayet et Laurent Chanon de nous donner de leurs nouvelles et de nous partager le bonheur de leur vocation. Ils ont préparé pour nous deux « super vidéo » à découvrir.

souvenir de l’ordination d’Amaury

Dans l’homélie du temps de prière de ce dimanche, un séminariste issu de notre paroisse, Marc Giraud, nous partagera comment il a perçu l’appel du Seigneur à être prêtre et comment l’évangile de ce dimanche l’éclaire sur cet appel.

Merci à Thaddée, séminariste de notre diocèse actuellement en stage dans notre paroisse, merci à tous ceux qui sont passés dans notre paroisse et particulièrement aux pères Amaury et Laurent pour leurs témoignages et merci à Marc de nous avoir aussi partagé le bonheur de sa vocation !

Nous pourrons entendre dans leurs témoignages l’importance pour des futurs prêtres d’être soutenus dans leur cheminement par des communautés chrétiennes et à quel point ces communautés les aident dans leur formation. Merci à chacun pour l’accueil que vous leur avez fait et leur offrez et merci à tous les séminaristes pour la foi, l’espérance et l’amour qu’ils ont semé dans notre paroisse.

P. Alain, votre curé.

Pour écouter le temps de prière cliquez ici

Texte de l’homélie

Bien aimés de Dieu,

Ce 4ième dimanche de Pâques met en relief 3 caractéristiques du pasteur, le berger des brebis :

Le pasteur est celui appelle, qui fait sortir et qui marche à la tête de ses brebis.

1ière caractéristique du pasteur il appelle ses brebis chacune par leur nom, c’est dire qu’il respecte l’individualité de chaque brebis. Chacune est appelée par son nom parce que chacune est unique et chacune est appelée à donner sa propre réponse à l’appel du berger. L’Eglise est une communauté d’appelés.   Le mot Eglise vient d’ailleurs du grec ekklesia qui signifie assemblée et le mot ekklesia est lui-même issu du verbe ekkaleô signifiant convoquer, appeler au-dehors. L’Eglise est donc une assemblée convoquée, appelée au dehors

2ième caractéristique du pasteur c’est qu’il fait sortir ses brebis. S’il appelle donc les brebis c’est pour les faire sortir. Et l’évangile insiste sur cette 2Ième caractéristique du pasteur au point de nous dire du berger qu’il pousse dehors toutes ses brebis. S’il doit les pousser, c’est qu’il y en a peut-être l’une ou l’autre qui sont quelque peu récalcitrante, qui ont peut-être un peu peur de sortir et qui préfèrent le confort ou la sécurité de leur enclos.

3ième caractéristique du pasteur c’est qu’il ne se contente pas de pousser ses brebis dehors pour les faire sortir mais il leur donne l’exemple en sortant lui-même. L’évangile dit en effet du pasteur que, quand il a poussé dehors toutes les siennes (il attend donc que toutes soient sorties), il marche à leur tête. C’est dire qu’il donne lui-même l’exemple du dynamisme de la sortie.

Je pense ici au pape François dont nous connaissons l’insistance sur la nécessité pour l’Eglise de sortir, sortir pour participer à la mission du Christ qui est sorti de Dieu pour aller la rencontre de l’humanité, le Christ qui, comme il nous le rappelle ce dimanche, est sorti pour que nous ayons la vie, la vie en abondance.

C’est sûrement en écoutant l’évangile de ce dimanche dans lequel Jésus se présente sous les traits du berger qui fait sortir ses brebis, qui les pousse même toutes dehors que le pape François nous adresse cet appel : « Sortons, sortons pour offrir à tous la vie de Jésus-Christ. Je préfère une Eglise accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Eglise malade de la fermeture et du confort de ses propres sécurités. Je ne veux pas d’une Eglise préoccupée d’être le centre et qui finit renfermée dans un enchevêtrement de fixations et de procédures. Si quelque chose doit saintement nous préoccuper et inquiéter notre conscience, c’est que tant de nos frères vivent sans la force, sans la lumière et la consolation de l’amitié de Jésus-Christ, sans une communauté de foi qui les accueille, sans un horizon de sens et de vie ».

Comme dans l’évangile, le pape François ne se contente pas d’appeler l’Eglise à sortir mais il sort lui-même là où il voudrait que l’Eglise sorte…

Pour son premier déplacement italien en dehors de Rome depuis son élection le 13 mars 2013, le Pape François s’était rendu sur l’île sicilienne de Lampedusa, considérée comme «la Porte de l’Europe » pour des dizaines de milliers d’immigrants nord-africains Il y avait notamment fustigé à plusieurs reprises la «mondialisation de l’indifférence» face aux tragédies des migrations périlleuses. « Nous avons perdu le sens de la responsabilité fraternelle», «la culture du bien-être nous rend insensibles aux cris d’autrui (…), et aboutit à une mondialisation de l’indifférence», avait-t-il lancé.

Cela dit, ce bon berger qu’est Jésus n’est pas seulement celui qui marche à la tête des brebis mais il est aussi celui qui marche derrière ses brebis. Je pense à ce moment de l’évangile où un chef s’approche de Jésus en disant : « Ma fille est morte à l’instant ; mais viens lui imposer ta main et elle vivra. » L’évangile nous dit de Jésus : Et, se levant, Jésus le suivait ainsi que ses disciples. Ce bon berger qu’est Jésus est non seulement devant ses brebis, derrière ses brebis mais il est aussi au milieu d’elles. Je suis, dit aussi Jésus, au milieu de vous comme celui qui sert.

Ce 4ième dimanche de Pâque, appelé dimanche du bon pasteur comme l’évangile met en lumière la figure du bon pasteur, nous sommes invités à prier pour les vocations c’est-à-dire pour que nous soyons attentifs, réceptifs aux appels que le Seigneur Jésus nous adresse. L’Eglise est une communauté d’appelés par Jésus notre Bon Pasteur et au sein de cette communauté d’appelés, le Seigneur en appelle certains à être prêtre, diacre, religieux, religieuses.

Dans notre paroisse, cela fait déjà plusieurs années que Marc Giraud, ayant perçu un appel du Seigneur à être prêtre, est entré au séminaire, l’école où sont formé les futurs prêtres. Je lui ai demandé de nous donner de ses nouvelles, de nous partager où il en est dans sa formation pour devenir prêtre, et comment il a perçu cet appel à devenir prêtre et comment l’a-t-il discerné ?

D’autres témoignages pour ce dimanche des vocations sur le site de l’UP. http://www.up-bla.be

Temps de prière du 3ème dimanche de Pâques année A

« Tu m’apprends, Seigneur, le chemin de la vie » psaume 15,11

Connaissez-vous ce magnifique hymne à la vie de Mère Térésa dans lequel elle nous décrit ce qu’est la vie et comment l’accueillir ?

A lumière de l’antienne du psaume de ce dimanche, nous pourrions ajouter « La vie est un chemin, apprends-le »

Ce chemin de la vie sur lequel nous marchons depuis notre enfance est fait de joies et de tristesses, de peurs et de bonheurs…

Heureux sommes-nous lorsque nous sommes rejoints sur le chemin de notre vie…

Heureux sommes-nous, lorsque nous sommes rejoints, dans nos moments de peur, comme les disciples dont les portes du lieu où ils se trouvaient étaient verrouillées par crainte et qui furent rejoints par Jésus qui leur dit : « La paix soit avec vous ! »

Heureux sommes-nous lorsque nous sommes rejoints, lorsque nous sommes tout tristes, comme les disciples d’Emmaüs qui, alors qu’ils faisaient route vers Emmaüs, furent rejoints par Jésus qui, en leur demandant « De quoi discutiez-vous en marchant ? », leur permit d’exprimer leur souffrance et leur désarroi…

Heureux sommes-nous lorsque nous sommes rejoints par quelqu’un qui, grâce à son écoute et sa parole, ouvre nos yeux à la présence de Jésus Ressuscité et rend notre cœur tout brûlant en l’ouvrant à la Parole de Dieu.

Pensons à toutes ces personnes qui, en ce moment, rejoignent les personnes souffrantes dans les hôpitaux et maisons de repos et pour personnes handicapées, dans les prisons et tous les lieux de confinement. Pensons aussi à ceux qui, vu la situation, ne peuvent rejoindre un membre de leur famille sur le point de mourir alors qu’ils voudraient tant être à ses côtés.

Pensons à ceux qui, depuis notre naissance jusqu’à ce jour, nous ont rejoint sur le chemin de notre vie pendant notre enfance, notre adolescence, notre jeunesse et à cette période-ci de notre vie et qui nous ont appris et nous apprennent encore aujourd’hui à marcher sur le chemin de la vie.

Si Dieu, en Jésus, a pris notre humanité c’est pour nous rejoindre, c’est pour faire avec nous ce chemin que nous faisons tous : « naître, vivre et mourir ». Mais Jésus le fait justement pour nous dire que tout ne s’arrête pas avec la mort. Nous le confessons dans les prières que nous disons autour de nos défunts : « Pour ceux qui croient en toi, Seigneur, la vie n’est pas détruite, elle est transformée. » Ainsi la mort n’est pas un point final. Elle est un passage. Avec les mots de la foi nous disons qu’elle est une Pâque. Jésus la vit dans sa propre existence pour qu’ensuite nous puissions la vivre nous-mêmes dans notre propre existence.

Chaque période de la vie que nous traversons est porteuse d’un enseignement. C’est ainsi qu’il y a quelque jours, Augustin, Nicolas, Cyprien et moi, nous nous sommes posés cette question, en lien avec notre propre expérience :  qu’est-ce que la période que nous traversons en ce moment nous apprend du chemin de la vie ?

Cyprien a souligné que, cette période que vivons, nous apprend que nous ne pouvons pas tout prévoir car il y a des imprévus dans notre vie et qu’il faut s’adapter.

Augustin dit avoir appris que parfois nous en faisons un peu trop. Nous pensons que l’essentiel est fait de nos propres préoccupations alors qu’il est ailleurs. Nous faisons en ce moment des choses dont nous prétendions ne pas avoir le temps de les faire (le nettoyage, davantage prier, cuisiner, parler aux autres…)

Nicolas a partagé que les événements nous ont forcé à davantage vivre dans le temps présent : je suis là maintenant sans savoir de quoi demain sera fait. On court moins qu’avant et on se pose cette question : avions-nous besoin de courir ? Paradoxalement, le confinement fait que les gens se parlent plus y compris avec des inconnus dans la rue, au supermarché.

Quant à moi, j’ai dit que je n’ai jamais autant dit « si Dieu le veut ». Jusqu’à présent (à quelques très rares exceptions) je faisais ce qui était programmé depuis longtemps dans mon agenda. Voilà que, n’étant pas sûr de quoi seront fait les prochains mois, je ne peux pas dire, avec certitude, que je pourrai faire ce que j’ai prévu. Je suis amené à vivre au jour le jour et à dire par rapport à ce qui est programmé « Si le Dieu le veut ! ». Devant les moments de qualité que je peux vivre dans cette période (prières, visites, conversations en profondeur, lecture de la Bible, tâches ménagères…) ma crainte est qu’ils soient fameusement raccourcis ou délégués par la reprise des activités comme avant le confinement. Je crois que beaucoup de belles choses vécues en ce moment pourront continuer à se vivre si j’en fais le choix.

Dans l’homélie du temps de prière qui nous est proposé ce dimanche, nous entendrons quelques paroissiens faire aussi écho, dans leur propre vie, à ce verset du psaume de ce dimanche : « Tu m’apprends, Seigneur, le chemin de la vie »

Bon dimanche à tous !

Alain, votre curé.

Le temps de prière se trouve ici.

Texte de l’homélie

Le psaume de ce dimanche qui nous invite à faire nôtre cette prière « Tu m’apprends, Seigneur, le chemin de la vie », nous révèle que la vie est un chemin et que ce chemin est un apprentissage de chaque jour.

Ce qui nous a permis, lorsque nous étions de petits enfants rampants, de nous lever, d’être debout et de faire nos premiers pas sur le chemin de la vie n’est-ce pas cet espace de confiance qui a été créé devant nous par nos parents ? En effet, pour faire grandir son enfant et lui apprendre à marcher, sa mère, son père crée devant lui un espace de confiance.

Et si nous pouvons continuer à marcher sur le chemin de la vie, c’est parce que nous ne sommes pas seuls sur ce chemin et que nous sommes rejoints, par d’autres, sur le chemin qu’est notre vie.

Jésus nous apprend à marcher sur le chemin de la vie, non pas de façon individualiste, mais à marcher en communion avec Dieu et les uns avec les autres, il nous apprend à savoir, comme lui, s’arrêter sur ce chemin lorsque nous entendons ou voyons des personnes qui sont au bord du chemin parce qu’elles n’en peuvent plus, parce qu’elles sont blessées pour différentes raisons, Jésus nous apprend également à s’arrêter pour répondre à une invitation à prendre le temps « reste avec nous car… ». Toujours sur ce chemin qu’est la vie, Jésus nous apprend à s’arrêter tout simplement pour regarder les oiseaux du ciel et pour observer les lis des champs. Récemment, lors d’une promenade au parc Allard, j’ai vu une personne s’arrêter pleine d’admiration devant un arbre en fleurs, ce que je n’avais jamais encore vu…

Chaque période de notre vie peut être source d’un apprentissage. C’est ainsi, qu’en pensant à la période que nous traversons en ce moment, et me rappelant également que, lors de notre synode paroissial, une bonne idée avait été émise de nous mettre de temps à autre à l’écoute de témoignages de certains d’entre nous, j’ai posé cette question à des paroissiens : Qu’est-ce que la période que nous traversons en ce moment t’apprend du chemin de la vie ?

« Tu m’apprends, Seigneur, le chemin de la vie. » Ps 15,11

La réponse de Tony et d’Anne Romanus et de leur fils Simon :

D’abord, en famille :

  • Nous consommons moins, nous faisons avec ce que nous avons, et finalement, nous nous rendons compte que nous pouvons nous passer de beaucoup de choses, et nous apprenons aussi à ne pas gaspiller ;
  • Nous avons profité de la nature au printemps : le soleil, les oiseaux, la vie qui se déploie sans être dérangée par la pollution du bruit, des voitures, l’agitation, nous prenons le temps de regarder la vie pousser dans le jardin, nous économisons l’eau, car il n’y a pas eu beaucoup de pluie, et la nature en a bien besoin ;
  • Nous courons moins, nous sommes plus ensemble et nous nous respectons chacun dans notre rythme, dans le travail qu’il a à faire (école ou télétravail) nous avons plus de patience l’un avec l’autre ;
  • Nous avons plus de contacts avec nos voisins, par nos jardins, et surtout à 20h, lors des applaudissements. Petit rituel qui crée des liens ou les raffermissent ;
  • Nous avons plus de temps, finalement, pour faire ce que nous faisons en 4e vitesse habituellement ;

Pour tout cela, nous pouvons rendre grâce, car nous avons bien de la chance : nous sommes unis, nous avons une maison, un jardin, nous ne manquons de rien, et nous pensons à ceux qui sont à l’étroit dans un appartement, ou encore, ceux qui n’ont pas de logement, tout simplement….

Pour chacun d’entre nous :

Tony : j’ai eu l’occasion de lire, beaucoup plus que je ne peux le faire habituellement,

             Passe beaucoup de temps dehors, dans son potager ;

Simon : « Je suis bien à la maison, avec vous deux », en plus du travail pour l’école :

            J’ai fait des rangements avec Maman, nous nous promenons souvent à deux, pour aller faire une course ou l’autre, ou porter des choses dans des boîtes aux lettres ou autres, c’est agréable de faire des choses avec Maman,

             Je me suis mis à la cuisine, j’ai fait du pain, des gaufres, des chips, et j’aime bien faire ça ;

            J’ai préparé mon camp scout :  trajet à vélo, malles, mais je suis fort inquiet et triste car le camp n’aura peut-être pas lieu,

            J’ai mieux vu ce que Maman fait pour nous durant ses journées, et j’ai essayé de l’aider comme je pouvais ;

Anne : je cours moins,

             Je rencontre des gens, avec qui je parle un peu, même si je ne les connais pas,

Je donne un coup de fil de temps en temps, je prends le temps de souhaiter mieux un bon anniversaire ou une bonne fête à quelqu’un, alors qu’avant, je pensais le faire, mais je n’avais pas le temps de le faire, idem pour quelques familles endeuillées durant cette période ;

             Je reste solidaire des soignants et autres personnes de 1ère ligne : à 20h tous les jours, bien sûr, par les masques, mais aussi en me préoccupant de leur sort et de ce qu’il faudrait faire pour que leur vie professionnelle soit moins dure et mieux conciliable avec leur vie de famille ;

            J’ai enfin pris le temps de semer des fleurs au jardin, pour essayer d’avoir une partie un peu « sauvage », qui attirerait les insectes, et autres êtres vivants qui en ont besoin. Le Psaume de la Création me vient souvent en tête, et je le fredonne souvent….

Les rencontres en paroisse me manquent, mais ce sera pour mieux se retrouver après…

« Tu m’apprends, Seigneur, le chemin de la vie. » Ps 15,11

La réponse de Sœur Renée :

« Tu m’apprends, Seigneur, le chemin de la vie. » Ps 15,11

Confinés depuis 5 semaines, nous voilà forcés à faire étape sur la route de notre vie quotidienne !

Quelle que soit la vitesse avec laquelle nous y marchions, courrions, la survolions… nous sommes tous appelés à une réflexion sur sa véritable dimension !

Certains d’entre nous ont décidé de refaire cette route physiquement, à pied ou à vélo, seuls, avec leur famille, leurs amis. Ils expérimentent ainsi combien le rythme choisi est important … Il modifie le regard sur le paysage, ses couleurs, son silence, et parfois, la surprise de ses rencontres …

D’autres ont pris un autre chemin, plus intérieur, celui du sens de cette vie traversée à un rythme qui ne laissait plus de place à nos pourquoi et nos comment, à nos doutes et à nos certitudes …. Ils ont pris davantage la route de la prière, de la lecture de textes bibliques, de l’écoute d’émissions religieuses, spirituelles, philosophiques…

Et, bien sûr, il y a toutes les personnes, nombreuses, qui ont choisi un parcours engagé auprès des souffrants, des isolés, des plus démunis, des errants de tous ordres…

Quel que soit « leur itinéraire de confinement », beaucoup ont cherché un sens à lui donner pour mieux (re)vivre aujourd’hui et demain !
C’est souvent la découverte que font les pèlerins sur le chemin de Compostelle. Choisie au départ comme performance physique, la route se fait progressivement itinéraire intérieur, abandonnant les chemins sans issue, découvrant les vraies valeurs de vie que la course effrénée avait évacuées de leur vie, en privilégiant surtout l’immédiateté de leurs actions et projets  !

En ce 3ème dimanche de Pâques, les textes de la liturgie peuvent nous accompagner dans cette recherche du sens de notre destinée humaine et chrétienne.
Le psaume 115 pourrait devenir notre prière de cette semaine :  Apprends-moi, Seigneur, le chemin de ma vie, celui que tant de croyants, de saints ont cherché, découvert et suivi avant moi.

Cette recherche de sens n’est pas un long fleuve tranquille. Elle appelle beaucoup d’humilité, de pardon, de confiance, de recherche seul ou avec d’autres et sans doute avec Jésus à l’écoute de ceux qui le cherchaient sur les routes de Palestine.
Et ce dimanche, commençons peut-être par suivre les deux marcheurs désespérés sur le chemin d’Emmaüs : le parcours des Écritures avec leur compagnon inconnu a rendu leur cœur brûlant.

Seigneur, merci de nous accompagner, avec ta Parole et ton Pain, dans la redécouverte du sens de notre vie avec Toi et avec nos frères et sœurs.

« Tu m’apprends, Seigneur, le chemin de la vie. » Ps 15,11

La réponse de Samuel Muylaert et de ses parents Isabelle et Paul :

Pour Samuel,

L’absence de messe et la distance physique m’ont fait prendre conscience, à travers les temps de prière vécus tous au même moment, que Dieu nous invite, grâce à la foi, à rester unis au-delà des difficultés rencontrées.

Pour Isabelle,

Les réactions de peur, d’angoisse ; les difficultés, la maladie, mais aussi le dévouement, la créativité, la générosité, l’entraide que provoquent les événements actuels, me rendent admirative et reconnaissante envers les personnes qui offrent des sourires, des gestes d’attention, des services, qui se donnent sans compter et qui vont jusqu’à se mettre en danger pour sauver les autres. J’y vois là l’œuvre du Seigneur, ainsi que l’image de Jésus qui s’est donné pour nous.

Pour Paul,

Nous disposons, à cause du confinement de plus de temps pour se préoccuper de nos proches, de ceux qui sont relativement épargnés comme de ceux qui souffrent ou angoissent.
Je vois bien qu’il nous faut lutter ensemble pour éviter de basculer dans l’isolement, la consommation d’images, l’addiction aux réseaux sociaux.
Le chemin de vie que le Seigneur m’apprend est fait aujourd’hui d’oppositions. Courage et lâcheté, fléau et remède, nature qui vient d’administrer une belle gifle à l’humanité qui pensait en avoir acquis la maîtrise par la technique pour paraphraser René Girard.
Ces incertitudes nous voient, nous, nos voisins, les quelques personnes que nous côtoyons de loin, marquer une pause dans la bousculade de nos chemins de vie. Je pense qu’à toute pause m’attend le Christ Jésus dans son amour pour nous, lui qui est le Chemin, la Vie. Vais-je me laisser rencontrer?
Vais-je, comme Il s’est donné lui-même sur son chemin de vie, prendre ce chemin-là?
Pâques était anciennement aussi la fête du « pain sans levain ». Dans la tradition juive, le levain fait monter la pâte comme l’orgueil gonfle l’humanité. Mon chemin de vie aujourd’hui en pleine Pâques, est peut-être de retrouver l’humilité alors que le covid nous a attaqués dans notre orgueil de vouloir tout maîtriser.
Je suis aujourd’hui amené à me demander quel est le levain dont je peux me débarrasser. Le confinement invite à hiérarchiser ce qui jalonne mon chemin de vie, à me consacrer à ce qui compte réellement pour paraphraser Dominique Collin.
L’Evangile est une bonne nouvelle pour le « Soi », c’est-à-dire celui que je deviens en vérité sur le chemin de la vie. Il est aussi une mauvaise nouvelle pour le « moi-je ». Ce « moi-je » immédiat, loin d’être un chemin, qui va résister, car l’Evangile le menace quand il parle de l’humilité et du service.
Voilà le chemin que le Christ Jésus m’appelle à poursuivre.

Vous trouverez également les réflexions de membres des paroisses de l’Unité Pastorale de Braine-l’Alleud sur son site internet : https://up-bla.be/

Hauts les cœurs !

Opération à Cœurs ouverts

Lorsque tous les cœurs ouverts à de très nombreux mercis ont été élevés jusqu’au clocher (cfr. la vidéo ci-dessus), j’ai pensé à cette invitation qui nous est faite lors de la messe à élever notre cœur pour le tourner vers le Seigneur. (Élevons notre cœur, nous le tournons vers le Seigneur !)

L’opération « à cœurs ouverts » qui a été vécue dans notre paroisse nous révèle trois dimensions importantes de l’Eucharistie :

La messe est célébrée pour dire merci

Le mot « eucharistie » vient du grec « eucharisto » qui signifie « reconnaissance, remerciement, gratitude ». Quand nous participons à une eucharistie, autrement dit à une messe, nous prenons la parole pour dire au Seigneur : « Merci ! ».

Une autre expression est souvent utilisée dans l’Eglise pour signifier cette même démarche de reconnaissance c’est « rendre grâce ». La grâce c’est le don que Dieu nous fait de lui-même, de sa présence à nos côtés, un don que nous pouvons accueillir chaque jour. Les moments de notre existence où nous sommes présents à nous-même, présents aux autres, présents à Dieu sont de vrais cadeaux, des moments de bonheur. Comme le dit si bien sœur Anne Lecu : « la présence de Dieu à nos côtés, c’est la présence des gens qu’on aime ! Dieu n’existe de manière sensible que dans nos relations, ici et maintenant »

Je crois que l’épreuve que nous traversons en ce moment, à des degrés divers, nous invite à retrouver une certaine qualité de présence avec ceux qu’on aime, que ce soit dans la douleur ou dans la joie, c’est cela le don premier de Dieu.

La messe présente à Dieu le travail de tous

A l’image de la guirlande de cœurs débordants de reconnaissance pour le travail de tant de personnes, la messe nous invite à présenter à Dieu, pas seulement le fruit du travail des disciples de Jésus, mais le travail des hommes et donc celui de tout être humain.    A l’eucharistie, nous apportons devant Dieu tout ce que nos frères et sœurs en humanité font de beau et de bien, c’est cela que nous offrons !

La messe est un don de Dieu pour tous

Lorsque le Christ se donne à nous dans l’eucharistie, il ne dit pas ceci est mon corps livré, mon sang versé pour vous, mes disciples mais il dit pour vous et pour la multitude. Jésus se donne à toute l’humanité et nous invite faire de même lorsqu’il dit : « faites ceci en mémoire de moi ». C’est le bienheureux Pierre Claverie qui dit que l’Eucharistie fait de nous des frères universels : car elle nous rend solidaires de toute l’humanité. Nous sommes appelés à concrétiser autour de nous ce que nous recevons dans le sacrement. L’Eucharistie nous engage à rompre le pain avec tout homme dans le besoin.

C’est parce que dans l’eucharistie nous présentons à Dieu le travail de tous et que nous accueillons le don qu’Il fait de lui-même à toute l’humanité que, lorsque le temps le permet, j’aime célébrer l’eucharistie avec les portes de notre église grandes ouvertes !                           

Bon dimanche à tous !

Je nous invite à vivre le temps de prière autour de la Parole de Dieu de ce dimanche et à écouter la suite des vœux de Pâques qui nous sont adressés dont ceux de nos frères et sœurs de Lulingu. Je vous rappelle que notre église est ouverte chaque jour de 8h à 12h pour la prière personnelle.

                                                                                                                     

Alain, votre curé.

Accéder au temps de prière.

HOMELIE DU 2è DIMANCHE DE PAQUES

Chers frères et sœurs,

En ce 2e dimanche de Pâques, l’évangile de ce dimanche combine en un seul récit deux apparitions du Christ à ses apôtres survenues en un intervalle de 8 jours : celle du premier jour de la semaine et celle survenue 8 jours après la première. Dans les deux cas, la situation est presque la même : les portes sont verrouillées, les apôtres sont là, à l’exception de Thomas dont la présence est signalée lors de la 2e apparition. Le Christ rejoint ses apôtres là où ils se trouvent.

Comme il l’a fait pour les apôtres, puis pour Thomas, le Seigneur ressuscité nous rejoints aussi dans nos enfermements. Pour lui, toutes les barrières qui nous enferment ne l’empêchent pas de venir à notre rencontre. Il est toujours là et ne veut qu’une chose : nous rejoindre au cœur de nos vies et de nos déroutes. Il réalise ainsi la vocation liée à son nom d’Emmanuel : il est Dieu avec nous.

Nous avons vu que Thomas a eu beaucoup de mal à croire à la nouvelle de la résurrection du Christ. Pour lui, ce n’était pas possible. Il avait vu Jésus mort sur la croix et enfermé dans son tombeau. Il ne pouvait pas imaginer qu’il ressuscite. Thomas est notre frère jumeau. Comme lui, nous avons du mal à croire au triomphe de la Vie sur la mort.

En effet, comment croire en cette Vie et chanter harmonieusement Alléluia pendant que nous comptons à ce jour 154.188 morts par suite du COVID 19 ? Comment le jour que fit le Seigneur comme jour de fête et de joie peut être célébré dans le confinement, loin de l’eucharistie pour certains ? Que signifie joyeuse Pâques pour nous qui sommes meurtris par la maladie et frappés par la mort des nôtres ? Où est Dieu au cœur de nos souffrances ?

Ne perdons pas de vue que le ressuscité est passé par là. N’oublions surtout pas que celui qui est ressuscité, c’est le fils de Marie qui a semblé échouer aux yeux des hommes, qui a été raillé, maltraité, pendu sur la croix, privé de tout secours et abandonné. Lui qui, tout Dieu qu’il est, a poussé ce cri de déréliction : mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Il n’a pas échappé à la mort, mais il est sorti vivant du tombeau.

L’évangile de ce 2ème dimanche de Pâques tombe à pic parce que je pourrai comparer la situation du monde aujourd’hui à celle des disciples désespérés qui s’étaient confinés, enfermés à double tour dans la chambre haute, au Cénacle, par peur non du COVID 19, mais des juifs. Ils croyaient que c’était fini avec Jésus mis au tombeau. Mais voilà qu’il leur apparaît pour leur montrer qu’il est bel et bien vivant.

Et nous, ne sommes-nous pas enfermés à double tour dans notre Cénacle intérieur ? Recroquevillés sur nous-même, hermétiques à l’autre à cause de nos préjugés, nos étiquettes, nos erreurs passées ou nos fausses certitudes ?

La Bonne nouvelle de ce jour est simple: le ressuscité nous rejoint dans nos lieux de confinement et dans nos peurs. Ne désespérons pas et surtout, n’ayons pas crainte. L’antidote de la crainte, c’est la confiance dans le Ressuscité, et cette confiance est le thermomètre de notre Foi. De même qu’une température trop élevée pourrait en ces jours être considérée comme symptomatique du COVID 19, de même notre forte adhésion et attachement à Jésus, marqué par la qualité des relations que nous tissons avec les autres, ad intra et ad extra, est un indicateur de notre appartenance au bercail du Christ. « Ainsi, parce que tu es tiède, tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche » (Ap 3,16).

Oui, Pâques est réellement la victoire de la vie sur la mort. Comme chrétiens, nous sommes appelés à être les signes vivants de cette victoire. Surmontons nos peurs légitimes, ouvrons nos cœurs au Christ ressuscité. Il est celui qui nous apporte la paix. « La paix soit avec vous ». Ce souhait est formulé 3 fois dans l’évangile du jour. Oui, la paix. C’est tout ce dont les apôtres avaient besoin alors qu’ils étaient enfermés dans leur peur, redoutant ce qui pourrait leur arriver. En la leur donnant, le Christ les comble d’un cadeau inestimable. A notre tour, donnons le meilleur de nous-même là où nous sommes confinés, en multipliant les gestes de proximité, d’attention et de solidarité comme la communauté fraternelle des premiers chrétiens qui nous est donnée en exemple dans la première lecture.

Dans la situation que nous vivons aujourd’hui, n’oublions pas que c’est bien Jésus qui a fait sortir Lazare vivant de son tombeau, non pas pour supprimer la réalité de la mort dans le monde, mais plutôt pour nous révéler ce qu’est la Vie. Celui qui croit en moi, vivra même s’il meurt (Jn 11,26-27). Ne nous éloignons donc pas du Christ, car si nous souffrons avec lui, avec lui nous vivrons, et si nous nous sommes avec lui, avec lui nous régnerons. En lui sont nos peines, en lui sont nos joies.

Joyeuses Pâques à chacun !

Augustin Lwamba, votre prêtre

Les vœux de Pâques, la suite…

Le cierge pascal à Braine-l’Alleud et Lulingu.

« Que la lumière du Christ, ressuscitant dans la gloire, dissipe les ténèbres de notre cœur et de notre esprit. »

(Extrait de la prière de bénédiction du feu lors de la Nuit pascale)

Le cierge représente le Christ, lumière du monde. Du cierge pascal sont allumés tous les autres cierges de l’église, ceci pour montrer que Jésus est la source de notre lumière.

Marie et le cierge pascal qu’elle a décoré

Un cadeau aux deux paroisses jumelées

Cela fait déjà de nombreuses années, qu’une paroissienne de Saint-Etienne, Marie Costa décore le cierge pascal pour les deux paroisses jumelées, Sainte-Barbe de Lulingu (RDC) et Saint-Etienne de Braine-l’Alleud (Belgique).

qui invite à marcher à la suite du Christ

Si, au début de la nuit pascale, nous sommes invités à suivre en procession le cierge pascal allumé avec une flamme provenant du feu nouveau, c’est en référence à cette Parole du Christ : « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie » (Jn 8, 12)

Le cierge pascal est une invitation à marcher à la suite du Christ.  Lorsqu’à Braine-l’Alleud et à Lulingu, nous marchons dans les ténèbres de la souffrance, de la maladie, du deuil, le cierge pascal nous invite à croire que le Christ par sa résurrection est capable de briser, de chasser toute mort et toutes ténèbres.

et à devenir ce qu’il est : lumière.

Et si, toujours lors de la veillée pascale, nous sommes invités à allumer nos cierges à la flamme provenant du cierge pascal, c’est parce que le baptême fait de nous des fils et des filles de lumière.

Si parfois la flamme intérieure vacille, elle peut être sans cesse rallumée par le Christ dans le don qu’il nous fait de sa vie dans les sacrements. Les sacrements sont pour nous comme les signes permanents de sa présence, de cette flamme qui chauffe et qui éclaire à nouveau notre vie.

Force mes pas à l’aventure, pour que le feu de ton bonheur à d’autres prenne !

Cette année, le voyage du cierge pascal de Braine-l’Alleud à Lulingu fut une véritable aventure. Pour qu’il puisse voyager sans être endommagé, il fut tout d’abord bien emballé par notre secrétaire paroissiale Miriam.

Miriam qui a bien emballé le cierge

De Braine-l’Alleud à Lulingu en passant par Bruxelles, Kinshasa et Goma…

Déposé à Brucargo (Zaventem), le cierge pascal décolla de Bruxelles pour Kinshasa et, quelques jours plus tard, de Kinshasa pour Goma.

Arrivé à Goma, il dut patienter quelques semaines car des membres de la société civile avaient empêché tout atterrissage des avions à Shabunda et à Lulingu en plaçant des troncs d’arbres sur la piste de l’aérodrome. Ils voulaient ainsi réclamer la réhabilitation de la route délabrée Bukavu-Shabunda. Lorsque ce mouvement de protestation prit fin, le cierge pascal pu enfin décoller de Goma pour Lulingu où il arriva le 6 avril.

Voici l’annonce de cette nouvelle que fit l’abbé Ghislain, curé de Lulingu, aux paroissiens de Braine-l’Alleud :

  • Bonjour Alain, j’ai la joie de savoir que le cierge pascal est enfin arrivé à Tshonka (aérodrome de Lulingu) et je l’aurai ce soir. Merci à toi et à Marie, dès que je l’aurai je prendrai la photo avec.

Et les commentaires qu’il fit en envoyant les photos de l’arrivée du cierge pascal :

  • Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis
  • Je suis en train de lire « l’énigme du cierge pascal » (article du Père Albert Vinel sur le Cierge Pascal envoyé en même temps que celui-ci)
  • Quelle joie de recevoir ce beau cadeau surtout avec le message du cœur, les logos de nos églises paroissiales. Vraiment Marie c’est une artiste ! Je vais afficher aussi tous les messages de nos amis. (Mots des paroissiens de Braine-l’Alleud envoyés avec le cierge)

Arrivée du cierge pascal à Lulingu :

l’abbé Ghislain, curé de Lulingu, tout heureux de recevoir le cierge pascal.
Le cadeau est soigneusement déballé par Arnold, le sacristain.

Des sourires qui disent beaucoup…

A la suite des sourires de Marie et de Miriam que nous avons pu voir sur les photos prises à Braine-Alleud, voici les sourires du curé Ghislain et du sacristain Arnold  à l’arrivée du cierge pascal à Lulingu

                                  

Le cierge pascal à Lulingu et à Braine-l’Alleud

« Près de la croix de Jésus se tenaient… » (Jn 19, 25)

En regardant sur le cierge pascal, les églises paroissiales de Lulingu et de Braine-l’Alleud, représentées toutes les deux près de la croix de Jésus, j’ai pensé à cette réflexion sur la mission de l’Eglise d’un des 19 martyrs d’Algérie, le Bienheureux Pierre Claverie qui fut évêque d’Oran :

Comme Marie, la mère de Jésus, comme saint Jean, nous sommes là, au pied de la croix où Jésus meurt, abandonné des siens raillé par la foule. Est-ce que ce n’est pas essentiel pour un chrétien d’être là dans les lieux de souffrance, dans les lieux de déréliction, d’abandon ?

Où serait l’Eglise de Jésus, elle-même Corps du Christ, si elle n’était pas là d’abord ? Je crois qu’elle meurt de ne pas être assez proche de la croix de Jésus…

(extrait d’une homélie prononcée au monastère des dominicaines à Prouilhe, le 23 juin 1996)

Puissent les chrétiens des deux paroisses jumelées de Lulingu et de Braine-l’Alleud se faire proches de toutes celles et ceux qui souffrent, témoignant ainsi que Dieu ne nous abandonne pas dans nos épreuves mais qu’Il reste proche de nous.

Dimanche de Pâques

La photo ci-dessus pour illustrer la Résurrection du Christ est celle du Cierge Pascal de notre paroisse. Il a été « décoré » par Marie Costa (que nous remercions chaleureusement) avec un dessin représentant les églises des paroisses Saint-Etienne à Braine-l’Alleud et Sainte-Barbe à Lulingu. Notre paroisse sœur de Lulingu a reçu le même Cierge Pascal.

Il y a quelques années, le Père Albert Vinel, curé de la paroisse Saint-Joseph à Waterloo a écrit un bel article dans le journal de sa paroisse à propos de « l’énigme du Cierge Pascal »

Dans cet article, il souligne que le Cierge Pascal accompagne toujours l’alpha et l’oméga de notre vie terrestre : au baptême comme aux funérailles, le cierge pascal est mis à l’avant-plan. Comme s’il venait illuminer l’incontournable questionnement que nous pose les débuts et fins d’une vie…

La nuit de Pâques, nous célébrons dans la joie le triomphe définitif de la lumière sur les ombres de la nuit. Le cierge pascal devient ainsi promesse de la Lumière vivante que nous attendons.

Mémoire et espérance. L’espérance, « la petite espérance », comme l’appelait le poète Péguy. Elle est effectivement petite, puisque de très petits motifs suffisent pour qu’elle déplie ses grandes ailes ! C’est vrai qu’elle n’est pas faite pour le grandiose : si l’espérance était comblée, elle deviendrait certitude et ne serait plus espérance. Seule « icône » de la résurrection du Christ comme de la nôtre, le Cierge pascal porte à lui seul bien des espoirs.

En regardant la photo du Cierge Pascal, vous vous posez peut-être cette question : Mais que viennent faire les lionceaux qui se trouvent sur le baptistère ?

D’après la dévotion populaire, les lionceaux naissent les yeux fermés, on doit les baigner pour qu’ils puissent voir. De même, le baptême donne la vue à l’homme. A cette question que lui pose Jésus, que veux-tu que je fasse pour toi ? Bartimée répond : « Seigneur, fais que je voie ! »

La Parole de Dieu est une lampe sur nos pas, une lumière sur nos routes (Ps 118, 15). A cette lumière, tout s’éclaire et même dans les plus épaisses ténèbres, la foi fait apercevoir les signes de la bienveillance de Dieu et nous permet de dire avec le psalmiste « Oui, j’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants » (Ps 26, 13)

Comme pour les jours précédent, un temps de prière nous a été préparé par une équipe. Vivons-le dans la foi que c’est Jésus Ressuscité qui vient dans notre maison comme autrefois il vint dans la maison ou, pour d’autres raisons, les apôtres étaient confinés.

Jésus vient dans notre maison pour nous dire « La Paix soit avec vous »

Joyeuse, belle est sainte fête de Pâques !

Alain, votre curé.

Pour accéder au temps de prière, cliquer ici

Christ est ressuscité !

Homélie

Aujourd’hui en cette fête Pâques, notre foi est remise en question. La première fois que notre foi a été mise en question, c’était le jour de notre baptême. Pour ceux d’entre nous qui ont été baptisés bébés, c’est la foi de leurs parents, parrains et marraines qui a été questionnée juste avant leur baptême. Pour ceux qui ont été baptisés jeunes enfants, adolescents, adultes c’est leur propre foi qui a été questionnée juste avant qu’ils ne reçoivent le baptême.

Et voici qu’aujourd’hui en ce jour de Pâque notre foi va à nouveau être questionnée. Mais pour quelles raisons notre foi est-elle questionnée ?

Ce qui m’a particulièrement interpellé cette année dans les évangiles du temps de Carême c’est précisément d’entendre Jésus questionner la foi.

A l’aveugle de naissance dont les yeux viennent de s’ouvrir Jésus pose cette question : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Et lui de répondre : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? ». Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. » Il dit : « Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterna devant lui.

Après avoir affirmé à Marthe, dont le frère Lazare vient de mourir, : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais », Jésus pose cette question : « Crois-tu cela ? ». Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. »

Notre foi est, elle aussi remise en question chaque année. Elle n’est pas seulement remise en question le jour de Pâques, mais elle est remise en question à travers des interpellations qui nous sont adressées mais aussi à travers les évènements que nous traversons.

La pandémie dont nous souffrons en ce moment, à des degrés divers, questionne, elle aussi, non seulement l’humanité toute entière dans son rapport vis-à-vis de la nature, dans ses priorités mais aussi elle questionne aussi la foi des croyants et elle nous amène à nous poser, entre autres, ces questions que se pose et nous pose le frère Mauro-Giuseppe Lepori, abbé Général de l’Ordre Cistercien :

A quoi Dieu nous appelle-t-il en tant que chrétiens à travers cette épreuve ? Quel témoignage sommes-nous appelés à donner ? Quelle aide spécifique sommes-nous appelés à offrir à la société, à tous nos frères et sœurs dans le monde ?

Et c’est Enzo Bianchi qui dit que bien qu’aucune réponse certaine n’existe au pourquoi de la souffrance, des chemins de consolation peuvent être parcourus, avec les autres et, quoi qu’il en soit, avec Dieu, le Consolateur. Autrement dit, il n’y a pas de réponse à la souffrance, aux pleurs, mais il peut y avoir une réponse aux hommes et aux femmes qui souffrent et pleurent : cette réponse peut venir des autres, c’est-à-dire de nous, mais aussi de Dieu. Dieu est celui qui nous crie : « Consolez, consolez mon peuple, parlez à son cœur ; il est celui qui envoie son Serviteur consoler tous les affligés, il est celui qui envoie le Consolateur pour porter la consolation et la joie.

Oui, notre Dieu est un Dieu qui nous envoie. L’évangile de ce jour de Pâques, nous le montre encore puisque Jésus envoie en Galilée : « Allez, annoncer à mes frères, qu’ils doivent se rendre en Galilée ». La Galilée est une zone périphérique, une zone méprisée par les religieux les plus observants, en raison de la présence dans cette région de différentes populations étrangères : c’est pourquoi le prophète Isaïe la désigne comme « Galilée des nations ». C’est donc une terre de frontière, une zone de transit où l’on rencontre des personnes d’origines, de cultures et de religions différentes. La Galilée est ainsi le lieu symbolique de l’ouverture de l’Evangile à tous les peuples.

Et c’est le pape François qui dit que de ce point de vue, la Galilée ressemble au monde d’aujourd’hui. Nous aussi nous sommes immergés chaque jour dans une « Galilée des nations », et dans ce type de contexte, nous pouvons nous effrayer et céder à la tentation de construire des enclos pour être plus en sécurité, plus protégés. Mais Jésus nous enseigne que la Bonne nouvelle qu’Il apporte n’est pas réservée à une partie de l’humanité, elle est à communiquer à tous. C’est une annonce joyeuse destinée à ceux qui l’attendent mais aussi à ceux qui, peut-être, n’attendent plus rien et n’ont pas même la force de chercher et de demander.

Si Jésus nous donne rendez-vous en Galilée et nous dit que c’est là que nous le verrons c’est pour nous appelle à aller avec Lui, à travailler avec Lui pour le Royaume de Dieu, dans les « Galilées » de notre époque.

Pour conclure (je crois qu’il est temps n’est-ce pas !) vous pourrez entendre les vœux de Pâques adressés par plusieurs paroissiens et amis de notre paroisse. Ils sont à écouter à partir d’un fichier son qui se trouve sur le site internet de notre paroisse.

Je vous présente aussi mes vœux de joyeuse fête de Pâques et cette année, grâce à notre organiste Robert, ce seront des vœux musicaux. En entendant le morceau que Robert va jouer dans un instant vous allez peut-être vous dire il joue Jésus, que ma joie demeure. Ce n’est pas tout à fait cela. Le titre de ce choral de Jean-Sébastien Bach est que Jésus demeure ma joie.

Oui chers amis, voilà mon vœu de Pâques c’est que Jésus demeure notre joie !

Joyeuse fête de Pâques à tous !

Voeux de Pâques

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Samedi saint

Ce que la Parole dit, ce que la liturgie célèbre, l’icône le montre silencieusement

L’icône est une théologie de la Présence. Intimement liée à l’Évangile, elle ne s’explique pas, elle se découvre progressivement par la foi et par la prière. Il faut se laisser « apprivoiser » par l’icône et sa beauté.

En nous ouvrant au souvenir du mystère qu’elle représente et offre, l’icône nous ouvre à la Présence Divine. Prendre l’icône comme chemin de prière, nous amène à développer un type de prière ou une attitude semblable à celle de l’Eucharistie : celle de la communion.

Adam et Eve

Jaillissant comme la lumière dans le gouffre de la mort, Jésus a brisé les portes de l’enfer qui reposent maintenant, en forme de croix, sous ses pieds. Il saisit à pleine main Adam et Ève pour les arracher vigoureusement aux ténèbres de la mort. Cette rencontre scelle le rétablissement du lien de l’humanité avec la source de sa vie.

Adam et Eve tendent la main dans un mouvement d’accueil et de prière reconnaissante.

Grotte ouverte

La résurrection est la victoire sur la mort, sur toutes nos morts. Le Père, en Jésus, nous prend par la main pour nous relever de nos enfers, pour nous tirer hors de nos ténèbres. La grotte ouverte démontre que le passage (signification du mot “Pâque”) vers le Père est maintenant libre. Par sa mort, le Christ est entré dans la mort pour que la lumière de la Vie s’infiltre dans les ténèbres et fasse éclater ce qui enferme, pour faire resplendir en plein jour la victoire de l’Amour divin.

Victoire du Christ sur la mort

Faire l’expérience du Christ ressuscité, c’est vivre ce que vivent Adam et Ève sur cette icône. C’est rencontrer le Maître de la Vie nous tirant de la caverne de nos ténèbres. Le Christ nous partage sa propre vie et nous sommes ainsi tirés hors de la mort. En accueillant la Résurrection en nous, nous laissons le Christ “faire toutes choses nouvelles” en recréant en nous son image.

Extrait de https://reclusesmiss.org/wp/icone-de-la-descente-aux-enfers/

Quelques suggestions pour notre temps de prière de ce samedi saint :

Etant donné que ce jour l’Eglise célèbre la descente de Jésus dans le séjour des morts, nous vous proposons de vivre le temps de prière de ce soir « en communion » avec nos frères et sœurs défunts.

  • Nous pourrions imprimer l’icône ci-dessus qui nous montre la descente de Jésus au séjour des morts pour les en délivrer et la placer dans notre espace de prière.
  • Placer des images souvenirs de défunts que nous avons conservées près de l’image imprimée de l’icône.
  •  Ecrire sur une feuille le nom des défunts dont nous voulons faire mémoire ce soir et placer cette feuille près de l’image imprimée de l’icône.
  • Les enfants peuvent aussi mettre en couleur l’image de ce jour et la placer également dans l’espace de prière.

Beau temps de prière à tous,

L’équipe de préparation.

Accéder au temps de prière

Mise au tombeau de Jésus

Homélie

Quelle souffrance lorsque meurt un être aimé ! C’est la tristesse de le voir sortir de notre vie ; on ne plus le toucher, lui parler, l’embrasser. Il est parti, éloigné pour toujours… Et on se pose des questions : Le reverrons- nous ? Est-il parti pour toujours ? Restera-t-il sans souffle, sans parole, sans force, inerte, allongé dans une éternelle absence ? La peine nous tient et la peur nous saisit, car si mourir c’est disparaître pour toujours, alors quel désespoir !

Quand nous sommes confrontés à un deuil, il nous faut passer du Vendredi saint que nous avons célébré hier au Samedi Saint que nous célébrons aujourd’hui.

C’est pendant ce Samedi – entre la souffrance de la Croix et la joie de Pâques – que les disciples font l’expérience du silence de Dieu, de l’accablement dû à sa défaite apparente, de la dispersion provoquée par l’absence de Jésus, apparu aux hommes comme le prisonnier de la mort. Ce Samedi de grand silence, les premiers disciples le vivent dans les pleurs portant encore dans leurs cœurs les images douloureuses de la mort de Jésus.

C’est aussi le Samedi saint de Marie, Mère de l’amour. Elle vit son samedi saint dans les larmes, mais aussi dans la force de la foi, soutenant l’espérance fragile des disciples. C’est pendant ce Samedi saint que Marie veille dans l’attente, protégeant sa certitude dans la promesse de Dieu et l’espérance en sa puissance qui ressuscite les morts.

Le samedi saint, ce jour dans lequel nous sommes qui suit la mort de Jésus, nous révèle tout d’abord ce que nous pouvons vivre avec ceux qui se sont endormis dans la mort.

L’évangile de la mise au tombeau de Jésus que nous venons d’entendre nous parle en effet de tous ces gestes de respect qui ont été posés vis-à-vis du corps de Jésus. Parmi ses gestes de respect pour le corps de Jésus, l’évangile cite celui de Nicodème qui apporte un mélange de myrrhe et d’aloès pour embaumer le corps de Jésus.

Et l’évangile va même jusqu’à préciser que Nicodème, un des notables juifs est celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant la nuit. Quel chemin parcouru depuis cette timide rencontre !  Après avoir défendu Jésus en public, voici Nicodème au pied de la croix assistant Joseph d’Arimathie, autre « disciple de Jésus. Deux disciples l’un, Joseph, portant le corps de Jésus, l’autre Nicodème, les parfums et tous les deux plus fidèles que les apôtres qui, pour la plupart, ont fui dans la nuit.

Outre les gestes de respects posés pour le corps de Jésus, le samedi saint célèbre également de manière spéciale ce que nous confessons et proclamons tous les dimanches dans le credo à savoir que Jésus a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié,
est mort et a été enseveli, est …descendu aux enfers
ce qui signifie au séjour des morts.

Ce que nous célébrons le Samedi saint c’est que le Christ est descendu jusqu’à la mort et parce qu’il est descendu jusqu’à la mort, tout a changé…parce que maintenant dans la mort habite la vie, c’est-à-dire l’amour.                                             Ainsi, la mort qui auparavant était l’enfer, ne l’est plus depuis que dans la mort habite désormais l’amour. La mort ne conduit donc plus à la solitude car la porte de la mort est ouverte depuis que dans la mort habite la vie, l’amour.

Si le Christ a pu rejoindre les morts dans leur demeure et s’il a pu ainsi ouvrir les portes du ciel c’est parce qu’il a connu la mort comme tous les êtres humains, c’est-à-dire qu’il est vraiment mort.

La totale solidarité de Jésus avec les morts dans leur solitude, le fait qu’il soit entré lui-même dans le séjour des morts signifie en même temps la victoire de Dieu sur les puissances des ténèbres et de la mort. La mort de Jésus a donc été la mort de la mort et elle a fondé la victoire pascale de la vie que nous allons célébrer ce soir passant ainsi du samedi saint au dimanche de la Résurrection.

C’est dans cette foi dans le Christ, descendu au séjour des morts pour les en délivrer, que nous remettons entre ses mains les défunts auxquels nous pensons particulièrement aujourd’hui et dont nous avons peut-être inscrit le nom sur une feuille ou disposé l’image souvenir dans notre espace de prière. Nous les remettons entre les mains du Seigneur Jésus pour qu’il les fasse passer du séjour des morts à la maison de Lumière et de Paix de son Père et notre Père.

Cette foi est admirablement exprimée dans le choral de Bach Ruht wohl/Reposez en paix que nous allons écouter dans ce recueillement confiant auquel nous invite le Samedi saint. C’est en allemand et en voici la traduction :

Reposez en paix

Reposez en paix, saints ossements

Que je ne continue pas à pleurer ;

Reposez en paix, et amenez-moi aussi au repos.

La tombe qui vous est destinée

Et qui désormais ne renferme plus de détresse,

Ouvre pour moi le ciel

Et ferme la porte du séjour des morts.

Vendredi Saint

Le vendredi saint, les chrétiens célèbrent la passion du Christ et sa mort sur la croix.                    

La réaction de Pierre lors du lavement des pieds (non tu « Tu ne me laveras pas les pieds non jamais !) et la réponse de Jésus à sa réaction (plus tard tu comprendras) nous montre qu’en Jésus, Dieu se révèle tout autre que ce qu’on avait pu imaginer. Il faut du temps pour comprendre que l’amour de Dieu est tel, qu’il aime jusqu’à mourir. La croix est un signe de mort aux yeux des hommes, tout en étant un signe d’amour aux yeux des croyants : « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15, 13)

Ce soir, en vénérant la croix, ce n’est pas la souffrance que nous vénérons mais l’amour que la croix nous révèle : un amour que rien n’arrête et qui va jusqu’au bout du don, jusqu’au pardon.

Quelques suggestions pour notre prière de ce Vendredi Saint

  • Dans votre « espace de prière » mettre sous les yeux de chacun la croix qui se trouve dans votre maison.
  • Si vous n’avez pas de crucifix chez vous, pourquoi pas chercher l’image d’une croix sur internet et l’imprimer ou s’il y a des enfants chez vous imprimer l’image du Vendredi Saint que vous trouvez ci-dessous et leur demander de la mettre en couleur. Une autre possibilité c’est de fabriquer une croix à partir de deux bouts de bois.

Beau temps de prière à chacun,

L’équipe de préparation de ce temps de prière.

Prière du Vendredi saint

Chemin de croix à colorier pour les enfants

Texte de l’homélie

Un cœur gonflé d’amour[1]

Au terme de la Passion, une ultime parole, sans un mot, est dite : un cœur gonflé d’amour éclate. Les lèvres torturées du Christ ont esquissé un dernier sourire douloureux devant l’œuvre de la nouvelle création accomplie. Désormais, « tout est accompli » (Jn 19, 30), tout est dit. Le Christ s’endort dans la mort. Et voici que la parole faite chair se fait cœur. Un soldat perce le côté de Jésus, le côté du Temple où coule l’eau vive qui régénère tout. Il ignore qu’il participe ainsi à cette ultime parole. L’eau et le sang, le baptême et l’eucharistie, bref la vie du Ciel se déverse sur l’humanité. Saurons-nous l’accueillir ? Un cœur gonflé d’amour éclate, rempli de tant de rencontres vécues sur les routes de Palestine, et de tant d’autres, sans nombre, vécues sur les routes de l’humanité à travers les siècles de l’histoire. Voici un cœur qui nous dit : « si vous saviez comme je vous aime ! ».

Ce cœur c’est celui du Christ. Sur le trône royal de la croix, il nous révèle la valeur de chacun : le prix du sang de Dieu. Il nous manifeste jusqu’où ce Dieu épris d’amour pour sa créature est capable d’aller pour la ramener au bercail, la conduire en sécurité et la sauver des ténèbres de la mort et du péché. Bref, lui donner le bonheur éternel.

Sur ce trône le Christ prononce sept autres paroles, avec des mots qui ont le poids, la gloire, d’un être qui n’a que le temps de dire l’essentiel :

  1. « Père pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ! » (Lc 23, 34). Voilà une parole qui « déchire le voile du Ciel pour en faire descendre la tendresse du Père sur notre pauvre terre »[2].
  2. « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » (Lc. 23, 43) « Ô larron, fleur précoce de l’arbre de la croix, tu es le premier fruit du bois du Golgotha »[3] s’exclame la liturgie syriaque.
  3. « Femme, voici ton fils. » (Jn 19, 26) ; « Voici ta mère. » (Jn 19,27). Nous recevons la mère du sauveur pour être notre mère.
  4. « J’ai soif. » (Jn 19, 28) Pèlerin fatigué, Jésus Christ mendie de manière ultime un peu d’eau. : il mendie l’eau de notre amour.
  5. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27, 46). Il épouse les tréfonds de l’humanité angoissée pour la consoler et la rassurer.
  6. « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » (Lc 23, 46). Confiant en son père, il s’endort dans la mort et nous remets entre les mains du Créateur.
  7.  « Tout est accompli. » (Jn 19, 30) Oui, « il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel » (He 5, 9).

Le versant douloureux du mystère de Pâques s’achève. Marie, petite flamme d’espérance dans le silence du samedi saint, nous soutient comme elle a soutenu les disciples de sa présence, jusqu’à ce que se manifeste la victoire du crucifié au matin du troisième jour. Elle est toujours l’étoile du matin qui précède le soleil.

Sur la croix, Dieu nous révèle son amour, abîme insondable. Il nous a dit la valeur sans prix de notre dignité.


[1] Librement inspiré du P. Daniel-Ange, Le Rosaire. Prière de lumière, Sarment Éditions du Jubilé, 2003, coll. « Kephas », p. 201-222.

[2] Ibid., p. 206.

[3] Liturgie syriaque, citée par P. Daniel-Ange, ibid., p. 207.

Jeudi saint

Jeudi saint
Jeudi saint

Aujourd’hui, Jeudi saint, l’Eglise commémore le dernier repas que Jésus a pris avec ses disciples au seuil de la nuit où il devait être livré. Jésus institue ce soir-là l’eucharistie. Il annonce que sa Présence demeure vivante dans le sacrement de son Corps et de son Sang.
Ce soir-là, au cours de ce même repas, Jésus lave les pieds de ses disciples. Il s’agenouille devant chacun des douze, témoignant ainsi de la tendresse de Dieu.


Suggestions pour vivre notre prière du Jeudi saint à la maison :

  • Mettre en valeur (belle nappe, bougies, fleurs) la table de notre habitation sur laquelle nous prenons habituellement nos repas. Nous pouvons penser à celles et ceux qui s’y rassemblent habituellement et aussi à ceux que nous avons conviés à cette table depuis qu’elle se trouve dans notre maison. Ce soir, c’est le Seigneur Jésus auquel nous nous rendons présent par le temps de prière que nous allons y vivre.
  • S’asseoir à la table de notre maison et prendre un moment de recueillement avant de se mettre à l’écoute de la prière qui nous est proposée ce soir.

Bon temps de prière à tous,

P. Alain et toute l’équipe qui nous a préparé ce temps de prière.

Pour accéder à la prière, cliquez ici une nouvelle page s’ouvrira avec le fichier audio. Une fois celui-ci lancé, vous pourrez revenir sur cette page pour avoir la photo, le dessin ou l’homélie sous les yeux. (Le texte de l’homélie est juste sous le dessin)

Le lavement des pieds

Texte de l’homélie

En écoutant l’évangile du lavement des pieds, je pense à cette réflexion du père jésuite François Varillon qui, dans son livre « Joie de croire, joie de vivre » dit :

« Quand Jésus lave les pieds des apôtres le soir du Jeudi Saint, il les regarde de bas en haut et c’est à ce moment-là qu’il nous dit qui est Dieu. Nous cherchons Dieu dans la lune alors qu’il est en train de nous laver les pieds. Le lavement des pieds est une leçon d’amour fraternel, bien entendu, mais plus profondément, il est une révélation, un dévoilement de ce qu’est Dieu. Dieu ne peut pas ne pas se situer en bas. C’est impossible, sans quoi nous ne pouvons pas dire que Dieu est amour. L’humilité de Dieu est la profondeur même de Dieu ».

A la lumière de cette réflexion de François Varillon, nous pouvons aisément comprendre la forte réaction de Pierre « Tu ne me laveras pas les pieds non jamais ! » Que les hommes soient à genoux devant Dieu, voilà qui semble dans l’ordre des choses mais que le Fils de Dieu, le Messie annoncé, soit là, à genoux devant les hommes, voilà qui renverse l’ordre établi, voilà l’inouïe, l’incompréhensible, la révolution religieuse qu’introduit la révélation chrétienne.

Ce refus énergique de Pierre de se faire laver les pieds par Jésus nous montre comme il est difficile de croire à tant d’amour reçu gratuitement pour soi mais aussi comme il est difficile de croire que cet amour que je reçois gratuitement est aussi donné gratuitement aux autres et surtout à certains autres, certains frères dont je connais bien les défauts ! Jésus ne lave pas seulement mes pieds mais il lave aussi les pieds de celui qui est assis à mes côtés et que, précisément, j’ai quelque peine à supporter ! Jésus lave les pieds de chacun, même de celui qu’il me faut accepter.

Comment Jésus réagit-il devant cette incompréhension totale de Pierre. Il lui dit : « Plus tard, tu comprendras » Tu comprendras ce qu’est Aimer lorsque tu accepteras tout d’abord de te laisser aimer, Celui qui se laisse laver les pieds c’est-à-dire qui se laisse aimer peut, à son tour, laver les pieds des autres c’est-à-dire entrer dans la réciprocité de l’amour : « Lavez-vous les pieds les uns aux autres »

Laver les pieds est un geste que l’on reçoit d’autres et que l’on fait à son tour, il faut l’avoir reçu pour pouvoir entrer dans le don. « Si je ne te lave pas les pieds, tu ne peux avoir part avec moi »

C’est Christian de Chergé, le prieur des moines de Tibhirine qui dit que Jésus a lui-même reçu ce geste. Au moment d’entrer dans sa passion, à Béthanie, Jésus reçoit ce geste d’une femme. L’évangile de Jean nous dit en effet que Marie, la sœur de Lazare et de Marthe répandit un parfum très pur et de très grande valeur sur les pieds de Jésus et que la maison fut remplie de l’odeur du parfum. Jésus ne se dérobe pas à cet amour reçu. Ce geste reçu ouvre la passion et le don de sa vie et Jésus reprend à son compte ce geste au cours du dernier repas. Il laisse ce geste en testament à ses apôtres.

Ce soir, en faisant mémoire de ce geste de Jésus, pensons à tous ces gestes d’amour que nous avons reçu ou dont nous sommes témoins depuis le début du confinement. Accueillons tous ces gestes d’amour et demandons au Seigneur, que nous puissions non seulement les accueillir mais aussi en donner.

Que l’Amour reçu soit aussi l’Amour donné !


Opération à « cœurs ouverts »

Le confinement dans lequel nous vivons depuis quelque temps n’a pas pour autant confiné les cœurs. En rentrant, un jour, d’une balade mon attention fut attirée par le dessin d’un enfant collé à la fenêtre de sa maison, le dessin d’un cœur dans lequel il a écrit MERCI, un cœur ouvert au MERCI.

Oui, la situation dans laquelle nous sommes a ouvert bien des cœurs à des mercis qui témoignent d’une gratitude pour celles et ceux qui donnent de leur personne, de leur vie pour que nous puissions continuer à vivre.

Tant de choses qui jusqu’alors nous semblaient normales, banales, voire même évidentes nous apparaissent soudain comme des cadeaux de la vie, des cadeaux à nos vies qui font naître un MERCI dans de nombreux cœurs.

Et si nous prenions exemple sur cet enfant qui a dessiné son merci et qui nous l’a partagé en le collant sur la fenêtre de sa maison…

Et si, nous aussi, nous exprimions nos mercis et les rendions visibles…

Comment ? Tout simplement en les écrivant, en les dessinant (place à l’imagination) sur une feuille et pourquoi pas en y ajoutant votre photo ou celle de votre famille et en me les envoyant par mail (alaindemaere@gmail.com) ou en les déposant dans ma boite aux lettres avant le vendredi 10 avril.

Tous ces cœurs « ouverts aux mercis » seront attachés à une guirlande qui sera déployée le jour de Pâques depuis le clocher de l’église Saint-Etienne dont les cloches, ce jour-là, sonneront à toute volée pour annoncer la joie de la résurrection du Christ !

Faisons connaître autour de nous (à nos voisins, à nos amis) cette invitation à rendre visible nos mercis car le meilleur ami de merci est beaucoup !

 

Alain de Maere, curé de la paroisse Saint-Etienne

 3 rue Sainte-Anne à 1420 Braine-l’Alleud

Célébrer, à la maison, le dimanche des Rameaux et de la Passion.

Avant de mettre en « marche » le temps de prière, nous pouvons préparer un espace de prière dans notre salon.

Vous trouverez ci-joint un dessin que les enfants peuvent mettre en couleurs et qui peut aussi trouver place dans l’espace de prière ainsi que le texte de l’homélie.

Beau temps de prière à chacun.

cliquer ici

Ci-dessous le texte de l’homélie.

Qu’est-ce que ce dimanche des Rameaux et de la Passion nous fait découvrir de Dieu ?

En entrant dans la ville de Jérusalem, monté sur une ânesse et non pas sur un cheval comme les conquérants de l’époque, Jésus nous révèle la manière dont Dieu entre dans nos vies : humblement et simplement.

C’est déjà dans cette humilité et cette simplicité que Jésus est venu sur la terre comme nous le chantons à Noël : « Dieu vient sur la terre tout simplement, tout simplement, comme un enfant » et actuellement c’est toujours dans l’humilité et la simplicité que Dieu en Jésus nous rejoint dans notre vie.

Et dans sa passion, Jésus nous montre que rien ne peut arrêter l’Amour que Dieu a pour nous ni le crachat ni les insultes. Jésus ne rend pas le mal pour le mal, l’insulte pour l’insulte mais son Amour nous est toujours offert. C’est ainsi que la Croix est le signe d’un monde nouveau où l’on lutte contre la haine avec le pardon, où l’on partage avec tous, où l’on se tourne vers Dieu comme vers un Père, où les forces de morts sont brisées par l’Amour.    Faire le signe de la Croix signifie clairement : « Nous voici Seigneur, pour aimer à ta manière »

Dans ce que ce dimanche nous fait découvrir de nous-mêmes, j’ai été touché par ce que le prophète Isaïe nous a dit dans la première lecture sur ce qu’est un disciple du Seigneur.

Pour Isaïe, un disciple du Seigneur c’est quelqu’un qui écoute et qui soutient celui qui est épuisé.

Le disciple du Seigneur est d’abord et avant tout quelqu’un qui écoute et qui, grâce à cette écoute, reçoit du Seigneur le langage des disciples pour pouvoir d’une parole, soutenir celui qui est épuisé…

Nous pouvons penser, dans cette période difficile que nous traversons, aux personnes épuisées par leur travail à l’hôpital, dans les maisons de repos et de soins, dans les magasins, dans les services tels que le ramassage des poubelles ou d’autres services, à ceux qui sont épuisés par la malade, épuisés par la solitude.

Demandons au Seigneur, le langage des disciples, pour que nous puissions, d’une parole, d’un geste de réconfort, par un appel téléphonique soutenir celui qui est épuisé. C’est cela aussi être disciple.

Un dessin pour les enfants

Lettre pastorale pour le dimanche des Rameaux et de la Passion.

Bien chers paroissiens et amis de la paroisse,

Avec le dimanche des Rameaux et de la Passion s’ouvre la Semaine sainte. Cette Semaine sainte nous permet de découvrir plus en profondeur qui est Dieu à travers la manière d’être de Jésus mais aussi qui sommes-nous à travers les différentes personnes qui nous sont présentées dans les lectures de cette Semaine Sainte. D’une manière ou d’une autre nous pouvons nous reconnaître tantôt dans l’une tantôt dans l’autre.

Vivre la Semaine sainte en paroisse

Dans la prière

Les initiatives sont nombreuses pour nous connecter à l’une ou l’autre célébration, proposées via les réseaux sociaux. Nous n’allons pas en ajouter une, mais ce que je propose pour notre paroisse et ses amis, c’est un temps de prière que nous pouvons vivre ensemble, ce dimanche à 18h00, et qui nous permettra d’intérioriser ce qui nous a été donné dans la liturgie du dimanche des Rameaux et de la Passion. Au cours de ce temps de prière, nous entendrons des voix qui nous sont familières, transmettre la Parole de Dieu et nous aider à prier par le chant.

En partageant avec Haïti

C’est ce dimanche des Rameaux qu’est prévue la 2ème collecte du Carême de partage. Cette année, Entraide et Fraternité fait appel à notre solidarité pour le peuple haïtien. Quel que soit le montant de notre don, il permettra à Entraide et Fraternité d’agir contre l’insécurité alimentaire et d’être à leurs côtés. Soutenons le peuple haïtien par un don en ligne ou par virement bancaire sur le compte d’Entraide et Fraternité :

BE68 0000 0000 3434 avec la communication « 6573 Carême de partage ».

Ainsi qu’avec les Maisons de repos et la Sapinière

Notre commune accueille sur son territoire 5 Maisons de repos pour nos aînés (Grange des Champs, Ménil, Rossignol, Vignoble, Villa 34) et un Foyer de vie pour des personnes déficientes (La Sapinière). Ces 6 lieux d’hébergement fonctionnent grâce à un personnel important attentif aux dimensions humaine, sociale, médicale des personnes qui y résident.

Le temps de confinement que nous traversons est d’autant plus pénible pour les résidents privés de tout contact direct avec leurs familles, leurs amis et les visiteurs de nos paroisses, même si directions et membres du personnel déploient des trésors d’ingéniosité pour garder une qualité de vie « supportable » pour chacun.

Le service de la Pastorale de Santé de notre Vicariat propose aux paroissiens, visiteurs dans ces lieux de résidence, d’exprimer un merci tout spécial aux membres du personnel soignant en leur offrant des œufs de Pâques.

Pour aider ces visiteurs à recueillir une quantité d’œufs suffisante pour TOUS les membres du personnel des SIX lieux d’accueil, je fais une nouvelle fois appel à tous les paroissiens de notre Unité pastorale.

Pratiquement, je vous propose de déposer à la cure de notre paroisse ou à l’église qui est est ouverte chaque jour de la Semaine sainte de 8h00 à 12h00 des œufs emballés individuellement présentés soit dans un sachet en papier cellophane soit dans un sac en plastique. Pouvez-vous déposer votre don pour le Jeudi saint au plus tard.
Merci à tous pour votre généreuse contribution à la démarche des visiteurs en maisons de repos de notre UP.

Notre église ouverte pour la prière personnelle

Au cours de la Semaine sainte, notre église paroissiale sera ouverte pour la prière personnelle chaque jour de 8h00 à 12h00. A l’intérieur de celle-ci, nous avons à respecter les prescriptions qui nous ont été données par le gouvernement pour limiter la propagation du coronavirus COVID-19 (se laver les mains/distanciation sociale)

Belle Semaine sainte à tous et bien en communion,

Alain, votre curé.

Voici le temps de prière que nous vous proposons de vivre à 18h00 pour ce dimanche des Rameaux et de la Passion :

Lettre pastorale pour le 5ième dimanche de Carême

Bien chers paroissiens et amis de la paroisse,

C’est une réelle joie de pouvoir m’adresser à vous car en prenant non pas la plume mais le clavier, ce sont tous vos visages qui me sont ainsi rendus présents.
L’évangile de ce 5ième dimanche de Carême est celui de la Résurrection de Lazare que nous trouvons dans l’évangile de Jean au chapitre 11, versets 1-45.
Cet évangile nous présente Jésus qui est source de Vie, qui rend la Vie, qui remet debout, qui ressuscite. Ce qui me touche dans cet évangile c’est que Jésus ne rend pas la vie tout seul. Lorsqu’il se trouve devant le tombeau de Lazare, il invite ceux qui sont avec lui à poser des gestes qui vont permettre à Lazare de sortir de la mort dans laquelle il est confiné.
Quels sont ces gestes que Jésus invite à poser pour redonner Vie à Lazare ?
Enlevez la pierre, déliez-le, laissez-le aller
Enlevez la pierre : Nous connaissons ces murs de pierres qui ont pour but de séparer les hommes les uns des autres et que Saint Paul appelle les murs de la haine, nous connaissons ces pierres d’achoppement qui engendrent les incompréhensions et les mésententes, les obstacles à la réconciliation. Jésus nous invite à les enlever pour rendre à nouveau la Vie possible.
Déliez-le : Nous pouvons ou des personnes autour de nous peuvent être liées pour diverses raisons. Être lié cela peut vouloir dire être sous l’emprise de la peur, de la solitude, de l’angoisse, de l’alcool, de la drogue, de la maladie ou de tant d’autres choses qui font en sorte que notre relation à Dieu et aux autres s’en trouve abîmée.
Laissez-le aller : Jésus invite à agir comme lui en ne possédant personne pour nous-mêmes. Toutes les personnes que Jésus a délivrées de différentes emprises, il les a laissé aller leur permettant ainsi de goûter à leur vraie liberté retrouvée sans exiger quoique ce soit en retour.
L’évangile de ce dimanche nous invite donc à être des coopérants de la Vie que Jésus insuffle, donne et redonne à ceux qui peinent sur le chemin de la vie.
A propos de ce moment d’épreuves que nous traversons, un ami m’a dit ceci dans un mail : « Que ne vivons nous pas de difficile et de beau à la fois » Comme c’est vrai ! Dans ce qui est beau, je vois tous ces coopérants de la Vie qui enlèvent des pierres, qui délient tout cela en laissant aller celles et ceux à qui ils donnent ou redonnent Vie. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils agissent ainsi !
Dans tout ce qui de nos jours est source de Vie, je vois des petits mots « merci pour votre travail » sur des poubelles ce que je n’avais jamais vu jusqu’alors, je vois des personnes qui se parlent et s’encouragent même si elles ne se connaissent pas, j’entends beaucoup plus souvent qu’avant merci pour votre service, merci d’être là, prends soin de toi…j’entends aussi cette question qui semblait jusqu’ici balayée « Comment recréer une économie qui met l’humain et la santé au centre du jeu, en lieu et place de santé des marchés financiers » ?

Accueillons cette belle invitation de Frère Roger de Taizé :
« Découvrir un face à face avec Dieu…le contempler aussi dans le visage de l’homme…et rendre visage humain à l’homme défiguré…Voilà une seule et même lutte : celle de l’Amour »
Pour vivre ce dimanche en communion avec le Seigneur et les uns avec les autres, les initiatives ne manquent pas et il est bon qu’elles existent. Je vous propose de vivre un temps de prière paroissial dans nos maisons ce dimanche 29 mars à 11H00.

Vous pourrez retrouver le déroulement de ce temps de prière ici

Bon dimanche à tous et bien en communion avec vous tous,

Alain, votre curé (0473.66.36.83)

Lettre pastorale pour le 4ème dimanche de Carême

Bien chers paroissiens,

Votre présence et nos assemblées dominicales me manquent beaucoup mais je sais aussi que ce manque de présence physique ne signifie pas pour autant une absence. Nous sommes reliés les uns aux autres par une belle communion de prière. Les 24 heures pour le Seigneur qui ont été vécues du 20 au 21 mars l’ont aussi rendue visible. Merci de tout cœur à ceux qui y ont pris part depuis leur domicile.
Cette communion s’étend aussi à tous ceux qui souffrent de cette pandémie et à ceux qui sont au front pour la combattre ainsi qu’à ceux qui assurent tant de services pour que la vie puisse continuer.
Le psaume de ce 4ième dimanche de Carême est celui du bon berger (psaume 22). En l’écoutant, je pense à cet appel que nous entendons beaucoup ces temps-ci « prends soin de toi…prends soin des autres » L’auteur du psaume reconnait les gestes concrets à travers lesquels le Seigneur prend soin de lui.
Ce psaume nous montre que prendre soin des autres, comme le Bon Pasteur qu’est Jésus, c’est veiller à ce que rien ne leur manque au point qu’ils peuvent dire : « je ne manque de rien », c’est être attentif à leur repos au point qu’ils disent : il me fait reposer. Prendre soin des autres se manifeste également par les encouragements qu’on leur donne, les exhortations qui les remettent debout qui leur permettent de dire : « il me fait revivre ».
Toujours selon le psaume, prendre soin de ceux qui nous sont confiés c’est être là pour eux aussi bien dans les joies que dans les difficultés, une proximité qui fait dire « Tu es avec moi », c’est être une présence qui les guide et les rassure : « ton bâton me guide et me rassure ». Pensons aux personnes isolées, qui dans la situation que nous vivons, ressentent encore plus le besoin de sentir qu’elles ne sont pas seules.
Je vous rappelle que chaque jour à 18h00 les prêtres et diacre de notre paroisse célèbrent l’eucharistie pour tous et que vous êtes invités, comme la sonnerie de la cloche le rappelle, à vous y associer depuis votre domicile.
Notre église Saint-Etienne est ouverte pour la prière personnelle chaque jour de 8h00 à 9h30 et le dimanche de 8h à 12h00. Lorsque nous nous y trouvons la distanciation sociale doit être appliquée, comme partout, pour enrayer la propagation du Covid-19.
Ces jours-ci, notre paroisse a reçu beaucoup de messages des paroissiens de Lulingu qui nous assurent de leurs prières et de leur fraternité. Ils sont affichés dans notre église.
Bon dimanche à tous et bien en communion avec chacun de vous !
Alain, votre curé.

Célébrer, à la maison, le 5ième dimanche de Carême

Signe de la croix suivi d’un temps de silence pour se rendre présent au Seigneur.

Chant d’entrée chanté pour nous par Martine Champenois :

Réveille les sources de l’eau vive

  REVEILLE LES SOURCES DE L’EAU VIVE 
QUI DORMENT DANS NOS CŒURS,
TOI, JESUS QUI NOUS DELIVRES,
TOI, LE DON DE DIEU !
1.
Au passant sur la route
Tu demandes un verre d’eau
TOI, LA SOURCE DE LA VIE.

2.
Au passant sur la route
Tu demandes un mot d’espoir
TOI PAROLE QUI LIBERES.
  • Temps de recueillement
  • Prière d’ouverture du 5ième dimanche de Carême :
    • « Que ta grâce nous obtienne, Seigneur, d’imiter avec joie la charité du Christ qui a donné sa vie par amour pour le monde. Lui qui règne avec toi et le Saint-Esprit maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.« 
  • Psaume 129 chanté par Paul et Isabelle Muylaert

               Antienne : Près du Seigneur est l’amour, près de lui abonde le rachat.

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,
Seigneur, écoute mon appel !
Que ton oreille se fasse attentive
au cri de ma prière !
Si tu retiens les fautes, Seigneur,
Seigneur, qui subsistera ?
Mais près de toi se trouve le pardon
pour que l’homme te craigne.
J’espère le Seigneur de toute mon âme ;
je l’espère, et j’attends sa parole.
Mon âme attend le Seigneur
plus qu’un veilleur ne guette l’aurore.
Oui, près du Seigneur, est l’amour ;
près de lui, abonde le rachat.
C’est lui qui rachètera Israël
de toutes ses fautes.
  • Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 11, 1-45

En ce temps-là,
    il y avait quelqu’un de malade,
Lazare, de Béthanie,
le village de Marie et de Marthe, sa sœur.
    Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur
et lui essuya les pieds avec ses cheveux.
C’était son frère Lazare qui était malade.
    Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus :
« Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
    En apprenant cela, Jésus dit :
« Cette maladie ne conduit pas à la mort,
elle est pour la gloire de Dieu,
afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »
    Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare.
    Quand il apprit que celui-ci était malade,
il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait.
    Puis, après cela, il dit aux disciples :
« Revenons en Judée. »
    Les disciples lui dirent :
« Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider,
et tu y retournes ? »
    Jésus répondit :
« N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ?
Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas,
parce qu’il voit la lumière de ce monde ;
    mais celui qui marche pendant la nuit trébuche,
parce que la lumière n’est pas en lui. »
    Après ces paroles, il ajouta :
« Lazare, notre ami, s’est endormi ;
mais je vais aller le tirer de ce sommeil. »
    Les disciples lui dirent alors :
« Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. »
    Jésus avait parlé de la mort ;
eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil.
    Alors il leur dit ouvertement :
« Lazare est mort,
    et je me réjouis de n’avoir pas été là,
à cause de vous, pour que vous croyiez.
Mais allons auprès de lui ! »
    Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),
dit aux autres disciples :
« Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »

    À son arrivée,
Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.
    Comme Béthanie était tout près de Jérusalem
– à une distance de quinze stades
(c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –,
    beaucoup de Juifs étaient venus
réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère.
    Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus,
elle partit à sa rencontre,
tandis que Marie restait assise à la maison.
    Marthe dit à Jésus :
« Seigneur, si tu avais été ici,
mon frère ne serait pas mort.
    Mais maintenant encore, je le sais,
tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »
    Jésus lui dit :
« Ton frère ressuscitera. »
    Marthe reprit :
« Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection,
au dernier jour. »
    Jésus lui dit :
« Moi, je suis la résurrection et la vie.
Celui qui croit en moi,
même s’il meurt, vivra ;
    quiconque vit et croit en moi
ne mourra jamais.
Crois-tu cela ? »
    Elle répondit :
« Oui, Seigneur, je le crois :
tu es le Christ, le Fils de Dieu,
tu es celui qui vient dans le monde. »

    Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie,
et lui dit tout bas :
« Le Maître est là, il t’appelle. »
    Marie, dès qu’elle l’entendit,
se leva rapidement et alla rejoindre Jésus.
    Il n’était pas encore entré dans le village,
mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré.
    Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie
et la réconfortaient,
la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ;
ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer.
    Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus.
Dès qu’elle le vit,
elle se jeta à ses pieds et lui dit :
« Seigneur, si tu avais été ici,
mon frère ne serait pas mort. »
    Quand il vit qu’elle pleurait,
et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi,
Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé,
    et il demanda :
« Où l’avez-vous déposé ? »
Ils lui répondirent :
« Seigneur, viens, et vois. »
    Alors Jésus se mit à pleurer.
    Les Juifs disaient :
« Voyez comme il l’aimait ! »
    Mais certains d’entre eux dirent :
« Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle,
ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »

    Jésus, repris par l’émotion,
arriva au tombeau.
C’était une grotte fermée par une pierre.
    Jésus dit :
« Enlevez la pierre. »
Marthe, la sœur du défunt, lui dit :
« Seigneur, il sent déjà ;
c’est le quatrième jour qu’il est là. »
    Alors Jésus dit à Marthe :
« Ne te l’ai-je pas dit ?
Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
    On enleva donc la pierre.
Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit :
« Père, je te rends grâce
parce que tu m’as exaucé.
    Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ;
mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure,
afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. »
    Après cela, il cria d’une voix forte :
« Lazare, viens dehors ! »
    Et le mort sortit,
les pieds et les mains liés par des bandelettes,
le visage enveloppé d’un suaire.
Jésus leur dit :
« Déliez-le, et laissez-le aller. »
    Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie
et avaient donc vu ce que Jésus avait fait,
crurent en lui.

  • Temps de recueillement avec Robert Depauw aux orgues de notre paroisse
  • Profession de foi
  • Intentions libres
  • Notre Père
  • Communion spirituelle :

Seigneur Jésus, je crois fermement que Tu es présent dans le Saint Sacrement de l’Eucharistie. Je T’aime plus que tout et je Te désire de toute mon âme. « Après toi languit ma chair comme une terre assoiffée » (psaume 62) Je voudrais Te recevoir aujourd’hui avec tout l’amour de la Vierge Marie, avec la joie et la ferveur des saints. Puisque je suis empêché de Te recevoir dans le sacrement de l’Eucharistie envoie sur moi ton Esprit pour que je puisse t’accueillir dans tous les instants de ma vie. Ouvre mes yeux au-delà du visible lorsque je contemple la beauté de la nature pour pouvoir te rejoindre… Apprends-moi, dans le regard de joie ou de tristesse de mon frère à voir ton visage de tendresse…Et quand je ne vois rien, que je ne ressens rien, que je n’entends rien…Donne-moi la grâce de croire que Tu es là encore et toujours, ici et maintenant.
Amen.


Nouvelles des uns et des autres

Bien chers paroissiens,

Voici quelques nouvelles que nous avons reçues au sujet des personnes se trouvant en maison de repos et à la Sapinière. De belles initiatives sont prises pour garder le lien malgré le confinement comme vous pourrez le lire ci-dessous :

Résidence du Ménil
« J’ai téléphoné à la Résidence du Ménil, hier matin, 25 mars 2020, pour savoir si je pouvais faire déposer des cartes préparées par le Vicariat du Brabant-Wallon pour des résidents. La personne que j’ai eue au téléphone a accepté et m’a expliqué la manière de procéder : deux grands paniers noirs devant la porte de la Résidence, l’un pour le linge sale à reprendre par les familles et l’autre pour déposer tout ce qu’on veut faire parvenir aux résidents.
Le Ménil est en confinement strict comme toutes les Maisons de repos. Aucun cas du Covid 19 n’a été détecté jusqu’à présent parmi les résidents et parmi le personnel.
Une dame à qui je téléphone régulièrement me disait qu’elle se sent en sécurité depuis le confinement. Il est vrai qu’au Ménil la majorité des résidents ont plus de 90 ans, plusieurs ont plus de 100, dont une dame de 106 ans. La même dame, qui est presqu’aveugle, passe la plus grande partie de son temps à prier. Prions avec elle, en ce temps de Carême, pour le salut du monde, en union avec le Christ mort et ressuscité pour faire entrer avec lui, toute l’humanité, dans la gloire du Père. »
Nicole
Résidence du Rossignol
« Sœur Renée m’a remis des cartes rédigées tout spécialement pour les personnes isolées et surtout pour les résidents du Rossignol. J’ai été déposer dans la boîte aux lettres de la résidence une carte que j’ai écrite personnellement pour chacune des personnes que nous voyons régulièrement ainsi que pour la directrice. Au dos de l’enveloppe j’ai signé de nos prénoms à savoir Marie-Thérèse, sœur Renée et Viviane.  Ces cartes sont magnifiques et c’est une très heureuse initiative.
Nous donnons aussi de temps en temps un coup de fil quand nous avons un numéro de GSM !
C’est la façon la plus efficace que nous avons trouvée pour montrer aux personnes qu’elles sont toujours dans notre cœur et qu’elles ne sont pas oubliées. »
Viviane
Résidence du Vignoble
« Les directions se montrent coopérantes tout en respectant strictement les mesures de confinement qui leur sont imposées.
Le courrier est confiné durant 3 jours avant d’être distribué. En ce qui concerne la messe télévisée, l’initiative du Vignoble de la diffuser sur grand écran dans une salle commune est remarquable. J’espère que les résidents pourront continuer à se rassembler…
Nous restons en contact avec quelques résidents par téléphone ou par internet (plus rare) et ceux-ci transmettent nos amitiés et notre soutien aux voisins de couloir.
J’ai l’impression que certains aînés isolés à leur domicile peuvent se sentir plus seuls que ceux des Maisons de Repos. Mais c’est certain, tous seront bien tristes de ne pas recevoir leur brin de buis « aux Rameaux ». »
Françoise
La Sapinière (Maison pour personnes handicapées)
« Le confinement devient assez dur car nous sommes obligés (résidents et personnel) de nous tenir à 1m50. Certains résidents ne comprennent pas, d’autres ne se rendent pas compte ou encore certains oublient…
Mais nous sommes tous en bonne santé ! Et respectons toutes les procédures pour le rester. 
Les mots et lettres qu’ils ont reçu de votre part et amis de la paroisse leur ont fait très plaisir. Ils sont affichés dans la salle de séjour, à la vue de tous.
Chaque dimanche nous avons droit à la même question depuis le confinement :  « Aujourd’hui on ne peut pas aller à la messe alors?? » Malheureusement la réponse est négative mais nous regardons la messe télévisée ou encore certains l’écoutent à la radio. 
Je vous envoie plein de courage à vous aussi et à nos amis de la paroisse, nous pensons fort à vous et espérons nous revoir très vite.
A très bientôt. « 
Ina
Lulingu (notre paroisse sœur en RDC)
Pour rappel Blog du jumelage : http://lulingu.afrikblog.com/
Nous avons aussi reçu beaucoup de messages de sympathie de Lulingu où là aussi, même s’il n’y a pas encore de personnes atteintes, des mesures sont prises pour éviter la propagation du Covid 19.
« Mes chers frères et sœurs en Christ,
Emus d’une forte compassion envers la communauté de la paroisse Saint-Etienne, nous chrétiens de Lulingu, implorons la Bonté Divine pour vous protéger contre cette macabre pandémie.
En union de prière, »

Alain-Jérôme, responsable d’une communauté de base de la paroisse de Lulingu.
« Vous êtes en isolement et moi en prière pour votre nation. Je lève mes mains et mes yeux vers le Seigneur notre Dieu pour demander le secours céleste pour mon peuple.
A vous et vos chrétiens le psaume 41 (42)
Heureux qui pense au pauvre et au faible :
Le Seigneur le sauve au jour du malheur !
Il le protège et le garde en vie, heureux sur la terre.
Seigneur ne le livre pas à la merci de l’ennemi !
Le Seigneur le soutient sur son lit de souffrance :
Si malade qu’il soit, tu le relèves.

« Moi aussi, je suis prêt pour vous aider à sauver les vies, par mon travail bien fait sur les malades et par mes quotidiennes prières. Je reste de cœur avec vous, je souffre avec vous. » 
Docteur Netho, directeur de l’hôpital de Lulingu.
« Bonjour père curé Alain
Mes sincères condoléances à tous les gens qui sont morts avec le Corona virus. Que Dieu fasse quelque chose pour vous et qu’il vous épargne de cette maladie.
Comment vous allez ? Je suis très préoccupée de vos nouvelles et de celles de tous vos chrétiens. Nous savons que parfois dans de telles conditions les gens perdent de l’espoir. Nous nous unissons dans des prières pour que le Seigneur vous aide à sortir de cette situation. Mes sincères condoléances à tous les gens qui sont morts avec le Corona virus. Que Dieu fasse quelque chose pour vous et qu’il vous épargne de cette maladie. »
Anita, infirmière à l’hôpital de Lulingu.
« Nous ne vous oublierons jamais dans la prière. Nous sommes ensemble dans la prière avec notre Dieu céleste nous vaincrons ça. »
Fabien Mwali
« Père Alain bonjour,
Moi c’est Mukina Robert. Je prie beaucoup. Prends exemple sur Job. Job a eu beaucoup de souffrances mais dans le nom de Jésus, il les a endurées et finalement, il a reçu ce qu’il espérait. Salue de suite de ma part les chrétiens de Braine-l’Alleud et qu’ils prennent le chapelet en mains pour demander l’aide de notre Maman Marie, notre Maman qui intercède. Merci pour ta compréhension. »
Robert Mukina
Une expérience de solidarité partagée par une maman de notre paroisse
« Pour être solidaire avec les personnes âgées qui se trouvent dans les homes, sans la possibilité de rencontrer leurs familles, nous avons pensé de préparer des cartes avec les enfants.
J’ai pris contact avec le Rossignol de Braine pour avoir les prénoms des résidents, ainsi ils peuvent recevoir une lettre personnalisée. Ensuite, je les déposerais dans la boîte aux lettres.
C’est une manière d’occuper les enfants et de donner un peu de courage aux personnes obligées de rester enfermées le temps que la situation sanitaire s’améliore.
Je voulais vous partager cette expérience, car elle est applicable pour les autres enfants du catéchisme ou par toutes les personnes qui le souhaitent (de plus, c’est notre évêque qui a soufflé en premier l’idée d’écrire !) »
Lucia
Poursuivre la solidarité
Si vous voulez-vous joindre à ce bel élan de solidarité vous pouvez déposer vos lettres destinées aux résidents des maisons de repos, de la Sapinière ou aux paroissiens de Lulingu à la cure ou m’envoyer vos messages par mail (alaindemaere@gmail.com). Ce sera une joie de les transmettre !
Merci pour tout !
Bien en communion avec vous tous,
Alain, votre curé (0473.66.36.83)



Proposition pour les enfants en confinement.

Chers parents, chers enfants,

Avec les directives liées au Coronavirus, il ne vous est plus possible de participer aux rencontres de catéchèse, ni d’assister à la messe. Rester connecté à Dieu est donc parfois difficile, mais bien utile en ces moments « d’isolement ».

Nous avons une solution pour vous aider à continuer à cheminer avec le Seigneur !

Chaque jour, à partir de ce dimanche 22 mars, nous vous proposerons un défi à réaliser seul ou en famille. Cela pourra prendre la forme d’un quizz, d’un petit jeu ou encore d’une prière à faire ensemble.

Concrètement, comment cela va se passer ?

  1. Chaque jour, rendez-vous dès 10h sur le site www.catechesebw.be pour découvrir le défi du jour.
  2. Votre enfant réalise le défi (avec votre aide).
  3. Votre enfant partage son expérience (nous expliquerons à chaque défi quel retour nous attendons) via l’un des canaux suivants :
    1. En commentant directement en dessous de l’article du défi sur le site www.catechesebw.be
    2. En commentant la publication Facebook sur la page du Vicariat « Vicariat du Brabant wallon » https://www.facebook.com/catholique.brabant.wallon/
    3. En envoyant son retour par mail à catechese@bwcatho.be

En partageant son expérience, merci d’indiquer son prénom et l’initiale de son nom + le nom de la paroisse/de l’Unité pastorale.

  1. L’équipe du Service de la catéchèse comptabilise le nombre de défis réalisés par enfant et par unité pastorale.

L’enfant qui aura le plus participé gagne un jeu sympa à faire en famille.

L’Unité pastorale qui aura comptabilisé le plus de défis réalisés gagnera un chouette jeu à faire en catéchèse.

Est-on obligé de participer au concours ? Non, bien sûr. Même si c’est plus sympa de participer au concours, vous pouvez réaliser les défis sans rien envoyer en retour. 😉

Peut-on réaliser le défi un autre jour que celui où le défi a été lancé ? Oui bien sûr ! Tant que l’opération n’est pas terminée, vous pouvez participer !

Comment être sûr de ne pas louper le défi du jour ?

Plusieurs possibilités s’offrent à vous :

  • Vous pouvez suivre le site www.catechesebw.be Ainsi vous recevrez à chaque publication un mail. (La première fois, vérifiez bien dans vos spams !)
    • Pour suivre le site, rien de plus simple, il suffit de cliquer sur le bouton « suivre » en bas de la page d’accueil et de suivre les consignes

Les défis sont automatiquement publiés sur cette page.

Vous avez d’autres questions ? Posez-les directement en envoyant un mail à catechese@bwcatho.be 

Nous sommes impatients de pouvoir vivre et partager ces défis avec vous !

A très vite pour le lancement,

Chrystel, Nadia et Luc

Chrystel Turek

pour le Service de la catéchèse

Vicariat du Brabant Wallon

010 / 23 52 61 (présente le mardi, le jeudi et le vendredi)

www.catechesebw.be

Vous êtes à la recherche de  documents et outils concernant le projet de la catéchèse d’initiation pour les enfants en Brabant wallon diffusés par le Service de la catéchèse du Bw ?  Cliquez ici : Projet de la catéchèse d’initiation

Communiqué des évêques de Belgique

Corona: L’Eglise catholique de Belgique  suspend toutes les célébrations liturgiques publiques

En raison de l’expansion de l’épidémie du Corona virus, les évêques de Belgique décident ce jour de suspendre toutes les célébrations liturgiques publiques dans notre pays. Cette décision est effective dès ce week-end du 14 mars et restera en vigueur jusqu’au vendredi 3 avril au moins.

Les baptêmes, mariages et funérailles pourront se dérouler en cercle restreint.

Pour les autres rencontres et réunions pastorales, la plus grande prudence sera demandée.
Les églises demeureront ouvertes pour la prière ou la méditation personnelle.

Les évêques appellent les croyants à vivre ce carême comme un temps de prière, de conversion, de partage fraternel, et d’une plus grande attention à autrui.
Les textes bibliques habituels de la liturgie continueront à inspirer individuellement ou en famille notre progression vers Pâques.
Les sites web de Cathobel, Kerknet, KTO, RCF, Kerk en Leven, les célébrations en radio-tv, RTBF et VRT, les diffusions en live-streaming pourront y contribuer.

Pour les questions relatives aux conséquences de ces décisions, on s’adressera aux évêchés/Vicariats.

Les évêques expriment toute leur reconnaissance à tous ceux et celles qui mettent tout en œuvre pour arrêter l’extension du Covid19 et qui entourent de leurs meilleurs soins les personnes atteintes par la maladie.

Maison de la Parole

Fort de notre expérience des deux dernières années, nous vous proposons d’approfondir en petit groupe, les Evangiles qui nous sont proposés les dimanches de Carême.   Ces partages auront lieu les samedis à 20h00 ou les dimanches à 17h00 chez l’un d’entre vous.

Concrètement, nous demandons à quelques paroissiens d’ouvrir leur maison pour accueillir 6 à 8 personnes dont un animateur pendant 1 h pour partager autour de l’Evangile du dimanche suivant.

Les inscriptions comme hôte ou participant peuvent se faire par mail ou téléphone au secrétariat ou sur l’affiche au fond de l’église. 

Ne tardez pas à vous inscrire. Voici les dates et les Évangiles qui seront approfondis :

  • les samedi et dimanche 22 et 23 février : les tentations de Jésus au désert (Mt 4,1-11)
  • samedi 29 février (exceptionnellement pas le dimanche) : la Transfiguration (Mt 17,1-9)
  • samedi et dimanche 7 et 8 mars : la Samaritaine (Jn 4, 5-42)
  • samedi et dimanche 14 et 15 mars : la guérison de l’aveugle de naissance (Jn 9, 1-41)
  • samedi et dimanche 21 et 22 mars : la résurrection de Lazare (Jn 11, 1-45)

Bienvenue à tous !

Synode paroissial

Je crois que d’une écoute approfondie des personnes peut jaillir beaucoup de « lumières ». Voilà pourquoi la paroisse Saint-Etienne souhaite se mettre à votre écoute en vous donnant la possibilité de vous exprimer à travers le questionnaire que vous avez en mains et lors de la rencontre à laquelle nous sommes tous invités le dimanche 9 février.
Nous avons appelé cette démarche un synode. Pourquoi ? Parce que synode vient d’un mot grec qui signifie  “chemin parcouru ensemble”. Celui que nous vous proposons de parcourir ensemble est de nous demander quels chemins notre paroisse est appelée à poursuivre, à prendre ou à reprendre pour être davantage fidèle à la mission qui lui est confiée par le Seigneur.

L’avis de chacun est important et je vous remercie pour l’attention que vous voudrez bien donner à ce synode dont le but est de nous mettre à l’écoute de chacun et de nous ajuster à la mission qui nous est confiée.

Bien fraternellement,
Alain de Maere, curé de la paroisse Saint-Etienne.
 
 

SYNODE  PAROISSIAL 2020  ……..  Regardons ensemble vers l’avenir  
Vous pouvez accéder au formulaire  en cliquant sur le lien ci-dessous « remplir le formulaire » ou via le QR code.
Lorsque le formulaire aura été envoyé, il vous sera loisible d’y revenir et de le modifier.  Ainsi il n’est pas indispensable de le compléter « d’un seul trait ». Pour  pouvoir y revenir, copier le lien « modifier votre réponse » qui s’affichera après l’envoi du formulaire.
 
info si nécessaire : marc.vanbeneden@gmail.com
  
 
 
Remplir le formulaire
accéder au formulaire du synode

Mot de Cyprien

Monsieur le curé -doyen, messieurs les abbés, cher  papa  André, chers amis, distingués invités, je m’adresse  à vous afin de partager mes émotions de joie car c’est un moment à la fois de solennité et de fierté pour moi.

 La solennité  réside dans le fait que très officiellement grâce à l’analyse de mon dossier et à la  confiance qui m’a été faite j’ai été naturalisé.  Solennité et fierté . Fierté , il ne s’agit pas de fierté qui donne de l’arrogance ou de la suffisance non ,je pense essentiellement à la fierté de satisfaction. Je suis ainsi fier d’appartenir à ce beau pays de liberté, d’égalité devant la loi et de fraternité ; et à cette belle communauté qui respecte les droits fondamentaux , mais également fier du devoir accompli après tant d’années d’attente et de patience. Mon parcours  de mon pays d’origine jusqu’en Belgique n’a pas été un parcours linéaire composé de vie toujours réussie. Il a été également rempli de plusieurs péripéties.  Je suis également fier d’avoir d’été accompagné  sur ce chemin de réussite qui n’est pas l’aboutissement mais un début. Ma naturalisation  est un symbole même s’il est important, il ne constitue pas forcément l’essentiel à mes  yeux. Je vous surprends probablement mais sachez que pour moi,  l’essentiel est dans ce que servira pour moi et pour vous dans les jours à venir . Chers amis,  permettez-moi d’abord de vous raconter mon parcours. C’était au début du mois de juin 2012 date à laquelle j’ai débarqué en Belgique. Arrivé dans un état de fatigue et de méfiance généralisé et de découverte. J’ai été  accueilli  à Liège avant de me présenter à l’office des étrangers. Le 7 juin j’ai été envoyé au centre  provisoire de la croix rouge de Gembloux où j’ai passé 6 semaines avant d’être transféré au centre d’Herbeumont « les fourches » dans la province de Luxembourg. Après 10 mois, j’ai été retransféré dans une initiative locale d’accueil à Diest (chez nos frères flamands ) et c’est de là que j’ai obtenu le statut de réfugié pour des raisons qui ne sont pas gaies à raconter car ce n’est l’objet de ce jour. C’est durant ma présence à Herbeumont  que  j’ai fait  la connaissance du père Philippe de Vestel, père missionnaire d’Afrique communément appelé père Blanc qui était le curé de ma paroisse d’origine quand j’étais servant de messe. Celui-là m’a  recommandé d’aller chez l’abbé Vénuste ici présent.( j’avais entendu parler de lui mais je le connaissais pas )  Mais j’avais presque perdu la confiance dans les prêtres pour des raisons relatives à mon départ du Rwanda. Quelques mois plus tard, étant  à Diest, j’ai fait  la connaissance d’un médecin nommé Murenzi Jean Baptiste qui a contacté lui-même l’abbé Vénuste avant que je puisse le contacter en mon tour.

Mon parcours continue avec un nouvel épisode qui débute avec mon stage à Braine-l’Alleud. Mais je suis arrivé fin  juillet où j’ai pris part au camp des ados à Poligny en France en tant qu’observateur. J’ai officiellement commencé mon stage le 1 septembre 2014. Effrayé, angoissé, affaibli, distant de toute personne, j’économisais tout jusqu’à mon  souffle. J’observais beaucoup de choses.  Et petit à petit et  difficilement, avec un peu de sommeil au cours des réunions ,j’ai dû m’intégrer progressivement à la vie paroissiale. Accompagné avec un suivi régulier et efficace : comme l’académie de Braine-l’Alleud, les lectures spirituelles, en passant par une formation à l’écoute spirituelle, à la liturgie et à la pastorale de la santé en même temps que mes études de sociologie.

Il me vient donc à l’honneur aujourd’hui de rendre hommage à toutes les personnes qui ont contribué à mon relèvement. A vous d’abord l’équipe paroissiale, aux prêtres à vous Charlotte pour tant de conseils relatifs à me défouler pendant le moment difficile . Je n’oublierai jamais, quand j’étais de retour de Malines avec des tristes nouvelles ( vous m’avez dit ,va d’abord pleurer aujourd’hui et demain, et après prépare tes examens, il ne faut pas que tu  rates deux choses à la fois ) cela a eu un résultat positif.  Merci à vous tous de votre présence, merci à notre communauté paroissiale. Merci à vous, Alain  curé-doyen d’avoir  pensé et mis en œuvre cette belle initiative festive.

Si j’ai commencé mon texte en relatant des faits, des événements de façon plus ou moins chronologique, c’est parce qu’un texte en dehors du contexte est un prétexte. Passons maintenant aux événements de la vie. Chers amis, permettez-moi de remercier le Seigneur et l’évêque qui m’a accueilli  dans son diocèse. Comme vous le voyez, il y a des choses que je ne sais réaliser seul. j’aimerais que vous, père doyen, quand vous verrez l’évêque, que vous lui transmettiez mes  sincères remerciements   de m’avoir accueilli et accompagné jusqu’aujourd’hui. Merci également aux paroissiens et aux amis de la paroisse.

Maintenant c’est vous et votre famille que je remercie du fond du cœur .Merci Papa André  et joyeux anniversaire de 91 ans. Merci d’avoir éduqué les gens de bons cœurs qui m’ont  transmis ce qu’ils ont reçu de vous. Ils m’ont éduqué, soutenu, corrigé, relevé.

Merci Catherine de m’avoir expliqué les statistiques. Votre manière de m’expliquer les choses a été comme un souffle nouveau qui m’est arrivé. Depuis ce jour-là plus d’échec ! (les témoins sont ici )

Enfin , merci père Alain pour tout ce que vous m’avez appris et donné. J’ai reçu beaucoup de votre part. L’anthropologue  Marcel Mauss a théorisé le concept du don et du contre don : Donner, ce n’est pas d’abord donner quelque chose, c’est se donner dans ce que l’on donne  Le don cérémoniel est une procédure de reconnaissance. il ajoute que  le donneur a une forme de prestige ou d’honneur dans le fait de savoir-donner, quant au receveur il doit d’abord savoir-recevoir et doit ensuite savoir-rendre . Voilà ce que la formation que j’ai reçue  m’a apporté. Elle a   produit des fruits. Pour ça, j’ai pensé une chose : Aujourd’hui nous sommes le 21 juillet, le jour de la fête Nationale .Nous savons bien qu’hier le roi a prononcé un discours qui est revenu sur les valeurs. En revenant  à ces valeurs que je dois défendre avec tout mon être, j’ai pensé à 3 choses : le roi, le royaume et la protection de ce royaume. J’ai également pensé d’où je viens, comment je suis venu et mon état actuel.

Ce tambour symbolise le royaume, le règne. Mais aussi c’est un symbole d’alerte (au Rwanda ancien quand le pays était attaqué, on battait les tambours pour crier au secours. Voilà vous m’avez aidé, vous  m’avez secouru  dans les moments difficiles. Le tambour est aussi le symbole de la joie. Me voici joyeux  grâce à vous. C’est grâce à la paroisse Saint-Etienne que je peux chanter le cantique de Yahwe sur ce qui était la terre étrangère  ! Ps 136,4

Le bouclier c’est le symbole de la protection.  Le pays doit être protégé , j’en fais partie, et vous, vous m’avez protégé .

Bien chers amis ,je voudrais encore une fois vous remercier de votre présence ,de votre soutien ,de vos prières. Vive le roi ,vive la loi ,la liberté, et l’union fait la force.

Mot de notre curé Alain

Bien cher Cyprien,

Quelle joie de te fêter en ce jour de fête nationale, toi qui as reçu la nationalité belge. Recevoir une nationalité, c’est recevoir en cadeau une grande famille humaine riche par sa diversité et son histoire. Cette grande famille qu’est le peuple belge devient la tienne mais c’est aussi notre nation qui te reçoit en cadeau.

Notre paroisse n’a pas attendu que tu reçoives la nationalité belge pour t’accueillir. D’ailleurs, ce n’est pas en vertu de sa nationalité que nous avons à accueillir une personne mais en vertu de son humanité. Une humanité qui parfois peut être blessée par son histoire.

Tu es arrivé ici, cher Cyprien, blessé par ce qui venait de t’arriver mais tu es arrivé le cœur ouvert et nous aussi, nous t’avons ouvert notre cœur. C’est là tout le sens du mot du mot hôte qui signifie à la fois celui qui accueille et celui qui est accueilli et qui, lui aussi, est appelé à accueillir la personne qui le reçoit. L’hospitalité est appelée à être réciproque pour être pleinement vécue.

Merci, cher Cyprien, pour cette belle personne que tu es, pour ta serviabilité à toute épreuves, pour ton désir de mieux comprendre la société dans laquelle nous vivons. C’est ce désir de compréhension de la société qui t’a conduit à vouloir entreprendre des études de sociologie que tu mènes brillamment à l’Université Catholique de Louvain.

A travers tout ton parcours de vie, qui est loin d’être fini, tu peux faire tienne ces paroles de Saint Paul lorsqu’il dit

J’ai gardé la foi. Le Seigneur, lui, m’a assisté. Il m’a rempli de force. A lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

Je demande à la Bienheureuse Vierge Marie pour toi et pour nous tous ce cœur d’or que le père de Grandmaison nous invite à lui demander dans cette belle prière :

Sainte Marie, Mère de Dieu garde-moi un cœur d’enfant, pur et transparent comme une source. Obtiens-moi un cœur simple, qui ne savoure pas les tristesses, un cœur magnifique à se donner, tendre à la compassion, un cœur fidèle et généreux, qui n’oublie aucun bien et ne tienne rancune d’aucun mal.

Fais-moi un cœur doux et humble, aimant sans demander de retour, joyeux de s’effacer dans un autre Cœur, devant ton divin Fils. Un cœur grand et indomptable, qu’aucune ingratitude ne ferme, qu’aucune indifférence ne lasse,

un cœur tourmenté de la gloire de Jésus-Christ, blessé de son Amour, et dont la plaie ne guérisse qu’au ciel.

Amen.

Homélie du Te Deum

L’évangile que nous venons d’entendre nous révèle à quel point une simple visite peut être source de vie.

Une femme, Marie, portant en elle un signe de vie part à la rencontre d’une autre femme, Elisabeth, portant, elle aussi, la vie en elle.

Elisabeth accueille la visite de Marie comme un bonheur : Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi et Marie aussi accueille sa rencontre avec Elisabeth comme un bonheur. Un bonheur qui la pousse à dire mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon sauveur.

Ce que porte l’une est venu rejoindre ce que porte l’autre.

Toutes proportions gardées, cette expérience est fréquente dans les relations ordinaires de la vie lorsque chacun peut dire à l’autre ce qu’il porte en lui comme joie, comme peine, comme bonheur, comme souffrance. La parole de celui qui confie ses joies et ses peines trouve ainsi écho en la propre existence de celui à qui il peut les confier. Ce n’est pas pour rien si cela se nomme visitation

Dans une visite, le bonheur est réciproque lorsque chacun se laisse visiter, se laisse toucher par ce que l’autre porte si bien que l’on peut dire que non seulement le bonheur est réciproque mais la visite l’est aussi. Chacun est visité par la parole de l’autre et par ce qu’il porte en lui comme joie et comme peine.

Les visites effectuées ces derniers mois par le Roi et la Reine ont précisément pour but d’attirer notre attention sur toutes celles et ceux, grâce à qui, la vie dans notre pays est soignée, sauvée, nourrie, protégée, soutenue, défendue.

Ces visites du Chef de l’Etat et de son épouse ont aussi pour objectif de soutenir les personnes qui souffrent encore davantage depuis le début de la pandémie.

Comme le dit si bien Victor Hugo : « La vie, le malheur, l’isolement, l’abandon, la pauvreté, sont des champs de bataille qui ont leurs héros : héros obscurs plus grands parfois que les héros illustres »

Ce sont ces héros « obscurs » puisqu’ils travaillent dans l’ombre, que notre souverain ainsi que la reine Mathilde tiennent à mettre en lumière par leurs visites.

Parmi leurs dernières visites, je pense à celle rendue par la reine Mathilde accompagnée de sa fille Eléonore à Kamiano, un restaurant de Sant Egidio pour les sans-abris afin d’encourager les bénévoles dans leur engagement pour les plus démunis et les sans-abris et de rencontrer ceux qui étaient déjà pauvres, seuls et sans abris et qui sont dans une situation rendue encore plus difficile par le confinement et la crise sanitaire.

Il y a eu aussi la conversation par skype du roi Philippe avec des résidents d’un home du CPAS de Quaregnon leur permettant ainsi de lui raconter leur quotidien, leur ressenti par rapport à ce qu’ils vivent avec cette crise sanitaire. Le roi a également parlé à un ergothérapeute et à une infirmière de cet établissement.

D’autres visites effectuées par le chef de l’Etat ont eu pour but d’exprimer sa reconnaissance et ses encouragements au nom de notre pays au personnel soignant des hôpitaux, aux policiers, aux militaires, à ceux qui travaillent dans le centre de crise ou pour la logistique sans oublier les commerçants, les travailleurs dans l’horeca, les postiers du centre de tri de Braine-l’Alleud pour souligner l’importance du travail des personnes qui assurent, dans un contexte difficile, des services essentiels pour le pays.

Ces visites du couple royal nous révèlent comme il est vital de pouvoir être visité surtout quand on souffre de l’isolement, d’un isolement accru par la crise sanitaire. Et c’est là que je voudrais pour terminer relayer un appel de Mgr Eric de Moulins-Beaufort, président de la conférence des évêques de France.

Cet appel est contenu dans la lettre qu’il a écrite au Président de la République française, en réponse au souhait de celui-ci que chacun des responsables des cultes contribue à une réflexion nationale sur ce que la lutte contre l’épidémie de la Covid-19 nous apprend et sur l’avenir que nous entrevoyons.

Voici cet appel :

Un des aspects douloureux de la lutte contre l’épidémie a été l’impossibilité pour les familles d’aller rencontrer leurs proches malades et même leurs proches âgés habitants des maisons de retraite. Parce que l’on ne pouvait procurer à tous les moyens de protection nécessaire, de nombreuses personnes sont mortes dans la solitude, alors même que leurs enfants ou leurs amis auraient été prêts à venir à elles pour les soutenir et les accompagner.

Beaucoup de familles ont admiré le soin qu’ont eu les équipes hospitalières de leur donner des nouvelles, de les tenir au courant de l’évolution de la maladie : il y a eu là un immense travail auquel la nation doit rendre hommage. Il prouve que demeure vivante chez les soignants la conviction que leur métier consiste moins à soutenir un corps jusqu’à ce qu’il faille y renoncer qu’à fortifier une personne qui a une famille, des amis, une histoire, des projets, une certaine compréhension d’elle-même, de sa vie et de la vie, et de la mort comme de sa mort possible. Il est urgent que les politiques de santé incluent réellement cette conviction.

J’ai déjà regretté plusieurs fois publiquement, ajoute Mgr du Moulins-Beaufort, que les plans d’urgence des hôpitaux, prévoyant de ne plus y laisser entrer le personnel « non indispensable », incluent dans cette catégorie les aumôniers et tous les visiteurs. Non seulement une telle mesure réduit le patient à n’être qu’un bénéficiaire de soins médicaux mais elle fait peser le poids de l’accompagnement des personnes sur les seuls soignants, par définition débordés dans une telle situation. Je demande donc solennellement, conclut le président de la conférence des évêques de France, que ces plans d’urgence soient revus et je remercie les directeurs d’hôpitaux et de soins et les chefs de service et les soignants de tous les ordres qui ont su, lorsque les patients ou leur famille le demandaient, appeler l’aumônier de l’hôpital. Mais il me paraît indispensable que cette attitude-là soit inscrite dans les règles de l’hôpital.

Fin de citation.

Que toutes les personnes dont le travail est mis en lumière et encouragé par les visites de nos souverains soient remerciées non seulement en ces jours de crise mais pour toujours.

Vive la Belgique, vive le Roi, vivent tous les héros qui, dans notre pays, luttent contre l’isolement, l’abandon, la pauvreté et la maladie.

Que Dieu les bénisse et les garde !

Amen !